plexus D'aubrbach
moteur, les transversales parallèlement à celle des fibres musculaires lisses annulaires de Tassise interne. Il en résulte un système de mailles quadrangulaires (fig. 744) formées de fibres nerveuses amyéliniques,aux points nodaux desquelles sont situés les amas principaux de cellules ganglionnaires. Les Iravées principales, croisées rectangulairement entre elles, réunissent ces petits ganglions nodaux comme autant de connectifs et de commissures; les plui? grosses renferment sur leur trajet des cellules ganglionnaires éparses. En outre, les mailles carrées du plexus sont fréquemment traversées par de minces travées disposées en diagonale et reliant obliquement les petits ganglions qui occupent les angles. De ce système de travées partent des trabécules nombreuses formées exclusivement de fibres nerveuses amyéliniques groupées en fascicules fin.s. Ceux-ci se branchent, dans l'aire de la maille du plexus, en T superposés : prenant ainsi la direction des deux systèmes de fibres musculaires et se distribuant à celles-ci dans les différents plans de l'épaisseur du muscle. Là, les nerfs forment une intrication fibrillaire d'où se dégagent les tiges motrices terminales qui seront étudiées plus loin. En employant la méthode du bleu de méthylène direct, Dogiel a constaté dans le plexus d'Auerbach la présence des deux sortes de cellules ganglionnaires dont il a été parlé plus haut. Il a également vu l'un des prolongements protoplasmiques d'une quelconque de ces cellules pénétrer dans un troncule nerveux et gagner avec lui la sous-muqueuse de l'intestin, et d'autres y parvenir à travers la couche de fibres lisses annulaires sans s'épuiser dans celle-ci. Ces prolongements prennent alors une apparence cylindraxile ; ils répondent probablement à des filaments sensitifs en marche vers leur lieu d'impression initiale, tout comme ceux émanés des cellules probablement sensitives du plexus deMeissner.
D'ailleurs, la subdivision du centre périphérique plexiforme de l'intestin en deux plexus distincts chez les vertébrés apparaît comme un simple perfectionnement organique. Dans l'intestin des gastéropodes tels que l'Escargot commun (Hélix pomalia), il n'y a qu'un seul plexus. 11 est formé de mailles irrégulières de fibres nerveuses amyéliniques sur le trajet desquelles s'échelonnent de nombreuses cellules ganglionnaires. Les unes sont bipolaires et placées dans l'axe des travées; d'autres sont d'apparence unipolaire et sont appendues latéralement. Enfin, il existe des points nodaux délicats exclusivement formés chacun par une cellule multipolaire qui, de là, envoie ses prolongements en divers sens dans les autres travées. De ce centre plexiforme unique partent, d'une part, des fibres nerveuses qui s'engagent dans la muqueuse et, comme je l'ai observé depuis longtemps (méthode de l'or), d'autres qui pénètrent jusque dans l'épithélium intestinal : on les voit traverser la vitrée qui ici est d'une grande
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épaisseur. En outre, il se dégage une série d'arborisations âbrillaires qui entrent dans le muscle intestinal; elles y dessinent une intrication plexiforme d'où partent les tiges terminales motrices des fibres lisses. Le plexus est donc ici évidemment sensitivo-moteur et renferme son arc diastaltique complet.
Cellule* sansllonaalre* InterstltieUes . — Outre les Cellules ner-
Yeuses des ganglions et des centres périphériques plexiformes dépendant du système sympathique, Ramôn y Cajal (1) en a décrit d autres qui formeraient, dans les divers organes et en particulier dans les glandes, de petits ganglions nerveux unicellulaires : c'est ce qu'il a appelé les a ganglions interstitiels ». Le bleu de méthylène, tout aussi bien que le chromate d'argent, les met en évidence en même temps que les nerfs et les cellules nerveuses sympathiques, dont celles-ci sont absolument indépendantes. Elles n'ont, en effet, aucun rapport immédiat ni avec les cellules, ni avec les fibres nerveuses ordinaires. Ce sont de tout petits corps cellulaires à peu près de la dimension et de la forine générale des cellules fixes du tissu conjonctif. Comme ces dernières, elles émettent un nombre variable de prolongements délicats, terminés brusquement dans une série de sens et de plans. Ces prolongements sont variqueux et certains d'entre eux, comme l'a fait observer Jacques (2), ressemblent à un cylindre axe parce qu'ils se poursuivent au loin sans se diviser. En général, les cellules interstitielles suivent la direction des vaisseaux sanguins que leurs branches entourent d'un réseau de mailles (Dogiel). Elles ont. été brièvement décrites par Fusari (3) dans le voisinage des capillaires sanguins de la langue et de la muqueuse linguale, où Jacques les a retrouvées et décrites soigneusement. Cajal et Cl. Sala les ont rencontrées, et en grande abondance, dans le tissu conjonctif interstitiel du pancréas, dans l'épaisseur des villosités intestinales; et enfin Dogiel (4), dans les aponévroses des muscles abdominaux et le centre tendineux du diaphragme de divers animaux (Cobaye, Chien, Chat). Un fait qui a vivement frappé Cajal, c'est que, par exemple, dans les villosités du Cobaye, ces cellules interceptent des réseaux vrais par le concours et la fusion de leurs prolongements. « C'est donc dans l'intestin, dit-il, que nous verrions se produire pour la première fois de véritables réseaux anastomotiques. » En réalité, nous ne savons pas encore s'il
(1) Ramôn t Cajal, loc, cit. y p. 146.
(2) Jacques, Terminaisons nerveuses dans Vorgane de la gustation (thèse de Nancy, p. 46 et 52, 1894).
(3) Fusari, Su alcune pat'ticolarità di forma e di lapporto délie cellule del tessuto conneltivo intertiziale (Ricierche faite nel laboratorio di anatomia normale délia R. Univer^ilà di /Coma, etc., vol. IV, fasf. I, 1894).
(^4) A. -S. Dogiel, Zwei Arten sympatischen Nervenzellen (Anat, Anzeiger, t. Xll, p. 679, 687, 1896).
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s'agit réellement ici de véritables cellules nerveuses, ou bien, ce qui dans certains cas m'a paru probablie, de réseaux de cellules fixes du tissu conjonctif dont le chimisme particulier serait normalement, ou devenu momentanément favorable à la fixation du chromate d'argent et du bleu de méthylène. La notion des cellules nerveuses interstitielles étendrait en tout cas le domaine du système nerveux d'une manière considérable, en montrant qu'il peut semer ses éléments propres partout à l'état de cellules ganglionnaires isolées répondant chacune à un petit centre nerveux autonome et indépendant (i).
(1) Celte question appelle de nouvelles recherche?. lîllle suscite aussi certains problèmes de morphologie et surtout d*évo]utioD morphologique des éléments neuroépithéliauz sur lesquels je reviendrai en parlai.t des organes des sei.s (organe du goût, neuro épilhélium olfactif).