‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 125 sur 489 · PLAQUE MOTRICE DECURRENTA LE LONG DU FUSEAU · texte numérisé non relu

PLAQUE MOTRICE DECURRENTA LE LONG DU FUSEAU

couru par une plaque motrice, occupant un de ses côtés d'un chef à l'autre. La fibre nerveuse à moelle qui le commande, entourée par une gaine de Henle, l'aborde par sa partie médiane ou son tiers moyen. Au moment où elle devient voisine du fuseau, la gaine de Henle se multiplie pour ainsi dire. Elle se complique et prend l'appa-. rence de la gaine lamelleuse d'un corps de Pacini. La gaine stratifiée ainsi produite enveloppe le fuseau dans toute son étendue : c'est elle qui lui donne son apparence fusiforme. Dès que la fibre à myéline s'y engage, elle se divise en deux branches, dont l'une monte, l'autre descend le long du fuseau. Chacune de ces branches se divise, chemin faisant, à l'intérieur de la gaine lamelleuse, de la façon qui suit : une première bifurcation émet un rameau qui pénètre sous le saccolemme et donne naissance à une arborisation terminale. La seconde branche continue à longer le faisceau et se divise à son tour en deux rameaux, dont l'un pénètre sous le sarcolemme, fournit des tiges terminales et renforce ainsi l'arborisation du premier rameau; tandis que l'autre rameau poursuit son trajet le long du faisceau pour se brancher encore, etc. Il résulte de cette disposition une arborisation tout le long du fuseau névro- musculaire; elle est munie d*une semelle granuleuse renfermant, comme celle des éminences terminales ordinaires, des noyaux fondamentaux. Ranvier a fait voir que deux fibres nerveuses à myéline distinctes peuventvenir se terminer dans un seul et même fuseau.

Un faisceau musculaire primitif dans lequel la substance contractile se réduit à une formation pour ainsi dire représentative, demeurée active pourtant mais ne pouvant plus, tant elle est minime, que fournir un travail musculaire nul si on le compare à celui des faisceaux primitifs ordinaires ; en revanche, décurrente tout le long de ce faisceau de nulle valeur en tant qu'agent de la çontractilité ; une éminence terminale dont la richesse contraste avec la pauvreté du dispositif contractile objet de la terminaison nerveuse : tel est, en résumé, le fuseau névro-musculaire de Kûhne. Quelle est sa signification tant morphologique que fonctionnelle? Il ne s'agit, comme l'a fait remarquer Ranvier, ni de faisceaux primitifs embryonnaires, ce que croyait KÙHNE, ni de faisceaux en voie d'atrophie : les fuseaux n'ofi'rent les caractères, bien connus, ni des uns, ni des autres. Ce sont donc là des formations histologiques définies, et possédant dans l'état adulte une réelle individualité. Babinski en a démontré l'existence dans les muscles de l'Homme. Voilà pour la signification morphologique. Il convient d'ajouter que c'est dans les fuseaux que viennent se teridiner les fibres nerveuses qui restent saines dans les muscles après section des racines antérieures et qui viennent exclusivement des postérieures, comme Ta expérimentalement prouvé Sherrington (J). Le fuseau

(1) Sherrington, On the anatomical coastitution of oerves of skeletal muscles,

LE FDSËAU tlEÇOIt DES FIBRES NERVEUSES MOTRICES ET SBNSlTlVES. 089

reçoit donc des fibres nerveuses sensitives. Comme, d'autre part, il renferme de la substance contractile régulièrement organisée, son arborisation complexe reçoit certainement aussi des terminaisons nerveuses motrices. 'G*est donc là, au point de vue de Tanatomie générale, une formation névro-musculaire et sensitivo- motrice, où se terminent à la fois des filaments axiles issus de cellules motrices et d'autres venus de cellules sensitives, juxtaposés dans un seul et même cylindre-axe complexe quand le fuseau ne reçoit qu'une fibre nerveuse. J'ai autrefois supposé que le fuseau, qui traverse les muscles courts d'un chef à l'autre en s'engageant dans les tendons où sont contenues les terminaisons sensitives de Goloi, pourrait être en rapport avec la transmission rapide de l'incitation motrice dans toute la longueur d'un même muscle : sa coniraction de valeur nulle devenant le signal (1) de la mise en jeu simultanée d'une ipultitude d'éminences terminales avec laquelle la sienne propre est en relation. D'autre part, ses terminaisons sensitives pourraient donner d'emblée aux centres la notion de l'état de tonicité du muscle à un moment quelconque du repos ou de l'action : la contractilité du fuseau étant forcément en équilibre avec celle du muscle entier dont il fait partie intégrante comme fibre. Cette manière de voir n'est pas au fond bien dîfierente de celle qu'on tend à admettre actuellement : à savoir que les fuseaux seraient les organes du « sens musculaire » (2).

with remarks on récurrent fibres in the ventral spinal nerve root (Journ, of Physiologyy vol. XVII, 1894» 1895, pp. 211, 258). — Question of the existence in the dorsal (poeterior) root, of fibres baving origin in the spinal cord (ibid., p. 216).

(1) J. Renaut, article Nbrvbuz (Systems}, da Dictionnaire encyclopél, des sciences médicales, p. 436.

(2) KtiLLiRER, comme KtJHNE, pensait que les fuseaux névro-musculaires répondent à des stades de développement des faisceaux musculaires primitifs et de leurs terminaisons nerveuses motrices. Cet avis a été partagé par Krause ; mais on ne peut l'adopter si du moins Ton tient compte de ce qu'on sait jusqu'ici du dévelop> pement respectif des muscles btriés et de leurs éminences terminales. Mitropha- Now a fait voir en effet. que la fibre nerveuse motrice fœtale pousse jusqu'à ce qu'elle atteigne un faisceau primitif. A rrivée à la surface de ce dernier, son extrémité terminale s'y accole et en même temps s'élargit de manière à figurer d'abord une tache motrice analogue à celle des muscles lisses. Puis, de la tache motrice partent des bourgeons courts et la terminaison prend Tapparence d'une grappe de Tscbiribw. Quand la terminaison doit devenir une éminence motrice complexe, c'est par la croissance des bourgeons que se développent l'arborisation et les tiges terminales. Il faut donc admettre forcément que, dans le fuseau musculaire, on a afiaire à une arborisation qui s'est énormément développée tandis que le faisceau musculaire a au con< traire subi un arrêt de développement. Ceci revient à dire qu'il s'agit là d'un dispo sitif particulier^ et non pas de l'ensemble formé par une fibre musculaire ordinaire et sa terminaison motrice en voie de croissance. Dans le fuseau, l'arborisation terminale a pris le pas sur la substance contractile objet de sa terminaison; tandis que sur les faisceaux primitifs ordinaires c'est le plus souvent le contraire qui a eu lieu, un très gros faisceau étant souvent rejoint par des éminences terminales peu développées, —

ggO TERMINAISONS NKRVKUSBS MOTRICES DANS LBS MUSCfiBS LISSES.

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