‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 126 sur 489 · TERMINAISONS NERVEUSES MOTRICES DANS LES MUSCLES LISSES · texte numérisé non relu

TERMINAISONS NERVEUSES MOTRICES DANS LES MUSCLES LISSES

Il serait oiseux de rapporter et de discuter aujourd'hui les diverses opinions qui ont été soutenues quant à la terminaison des nerfs dans

Une autre opinion est celle de Kraske, qui suppose que les fuseaux sont des faisceaux musculaires en régression. II faudrait dans ce cas admettre que tandis que Tôminence terminale s'étend, devient décurrente et multiplie ses branches, la substance contractile disparait d*un pas égal, cylindre primitif par cylindre primitif, comme c'est le cas dans Tatrophie simple. Jusqu'ici ce processus n*a pu être suivi, et ce que j'ai observe sur les intercostaux et les costo- peaussiers de la Couleuvre n'est pas favorable à Thypothèse. En effet, dans ces muscles, il est facile de constater Texistence de fuseaux purement et simplement musculaires très nombreux, c'est-à-dire à la surface desquels la méthode de For ne montre ni éminence motrice continue et décurrente, ni gaine de Henle stratifiée. Certains de ces fuseaux sont formés d'un seul cylindre primitif de Leydig (voy. fig. 749, f,). Le petit faisceau musculaii-e primitif, réduit à quelques cylindres de Leydig ou à un seul, est donc une formation individuelle, distincte des faisceaux primitifs ordinaires. C'est un faisceau musculaire à énergie musculaire réduite qui, dans cette condition, peut recevoir ou ne pas recevoir la plaque motrice décurrente. Dans l'hypothèse que j'ai formulée, à savoir qu'il s'agit d'un signal de la contraction, le jeu de ces petits faisceaux engagés dans le tendon et s'insérant juste dans la région occupée par les terminaisons sensitives de Golgi, pourrait mécaniquement impressionner celles-ci dès le début de la contraction du muscle entier, et rendre de cette façon les centres cérébro-spinaux immédiatement conscients de ce qui se passe dans le muscle.

Depuis que j'ai fait connaître ma manière de voir sur les faisceaux névro-musculaires et exposé sommairement les faits que je viens de développer, Piluet (Journ, de VAnat, et de la Physiol., 1894) a fait au point de vue de i'anatomie comparée une étude soigneuse des fuseaux neuro-musculaires. Kn 1895, Gh. Sibler (Arch, /*. mikrosh. Anatomie, t. XLVlI)les étudia derechef et leur attribua lui aussi la signification d'organes sensitifs. Weiss et Dutil, Recherches sur le fuseau neuro-musculaire (Arch, de Physiologie, 1896, pp. 368, 379) ont repris la question chez les mammifères, Cobaye, Lapin et Chat. Ils admirent que la substance contractile perd sa striation au niveau du renflement du fuseau. Â ce niveau existe une substance granuleuse semée de noyaux beaucoup plus gros que les noyaux musculaires et empilés les uns sur les autres en série longitudinale de façon à dessiner une double colonne réfringente placée dans Taxe de chaque fibre et occupant tout l'espace où la striation a disparu. Chaque fuseau, où s'engage une artériole spéciale ordinairement située en dehors de sa gaine de Heule stratifiée, reçoit au moins deux fibres à myéline qui se terminent dans Ténorme semelle granuleuse par des tiges qui se bifurquent dans les intervalles des noyaux de celle-ci, parfois groupés en une série d'éminences terminales distinctes individualiâées chacune par deux ou trois noyaux fondamentaux, et situées souvent à une grande distance du renflement qui dessine le ventre du fuseau. Enfin, quelques fibres de l'arborisation se divisent à la surface de la substance contractile en des points où il n'y a plus de substance granuleuse ni de noyaux, tout comme dans les muscles striés des chéloniens et des urodèles. Les auteurs ont comparé ces terminaisons aux terminaisons sensitives des tendons. Us ont constaté entre les deux certaines analogies, et aussi ce fait que, aux stades du développement

TACHES MOTRICES DES INVhKTKBUÊS. ç\C)[

les nuiscleïi lisses. Celle de Hénocque (1), qui ayant étudié h Taide de la méthode de Tor et au moyen du vinaigre de bois les muscles lisses de divers animaux, a vu les fibres nerveuses se terminer sur les cellules musculaires par des extrémités libres en forme de boutons, élait la seule exacte en son sens général.

T«clic« motrices des Invertébrés. — RaNVIER (2) a démontré en 1878

un fait tn-^s important : c'est que chez les animaux (mollusques, — atiiièlides), où il y a des muscles lisses volontaires et d'autres non, le dispositif préterminal des nerfs dans les uns et les autres n'est pas le mente. Les nerfs destinés aux muscles de la vie animale, dépourvus de myéline, se divisent et se subdivisent sans s'anastomoser entre eux. Puis, leurs branches terminales abordent la surface des cellules musculaires lisses et dessinent à ce niveau ce que Ranvier a appelé une tache moirice.ljdi tache motrice ressemble absolument aux plus petites grappes motrices décrites dans les muscles striés parTscHiRiEW. La méthode de l'or la met en évidence de la même façon, sous forme d'un groupe de petites digitations, ou de bourgeons courts serrés les uns contre les autres et répondant à l'extrémité de chaque fibre nerveuse terminale. Ces muscles (exemples : muscle rétracteur du corps de TEscargol, muscles volontaires de la Sangsue) sont donc innervés exactement comme ceux des faisceaux primitifs des muscles striés qui reçoivent des plaques motrices accessoires commandées par des arborisations cylindraxiles nues.

Tout au contraire, chez ces mêmes animaux, les muscles lisses de la vie orgajiique tels que ceux de l'intestin, par exemple, reçoivent des nerfs qui, comme dans le même cas chez les vertébrés, présentent

t>h il n^exUte encore point de plaques motrices adultes dans les muscles, les fui^eaux sont, tîe même que les terminaisons sensitives des tendons, déjà largement développes. Ils en conclu(înt que ces fuseaux sont des organes en rapport avec le « sens musculiire », A Tappui de cette conception, ils ont mis en évidence un fait intéressant: c*€at que chez lo Chat on peut voir, dans le fuseau musculaire, des plaques motrices orJinaJrea h cote de la terminaison spéciale. Gela démontre aussi, et à l'évidence, qu'il ne Bï'agit pas ici d^organes purement sensitif^.

(l) HÉNOCQUE, Bu mode de distribution et de terminaison des nerfs dans les muscles liises (th de Paris, 1870).

(-) HanvikRi Comptes rendus de l'Acad. des sciences^ 1878, p. 1142. Ranvier a appliqué h l'élude du muscle rétracteur du corps de l'Escargot commun (Hélix pomijtvT)\Q. méthode deTor. On traite des fragments du muscle par l'un quelconque des procédés oïdinaires et^ après la réduction du sel d'or, on fait des dissociations qui ^ot du reste laborieuses: ou bien (ce qui est très préférable), on fait des coupes longitudinales du muscle durci par l'alcool. On les reçoit dans l'eau et on les examine dans )a glycérine formiquée. En multipliant les coupes, on parvient assez aisément à reiic^3nlrer des fibres nerveuses qui se divisent et se subdivisent comme les branches d'un arbre, et dont certaines se terminent à la surface de Técorce contractile d'une c^llale musculaire par une tache motrice. (Pour avoir le muscle rétracteur déployé, il faut le prcudt^ sur un animal qa*on vient de noyer dans l'eau distillée.)

Rs(auTé — Histologique pratique, II. (>3

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