‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 168 sur 489 · BOURGEONS DU GOUT · texte numérisé non relu

BOURGEONS DU GOUT

coniques : ce sont les bâtonnets gustatifs que portent les cellules sensorielles ou cellules guslatives à leur extrémité périphérique. Dans les préparations faites par la métliode de Tor, le cône formé par la réunion des bâtonnets gustatifs se colore en violet très foncé. L'ensemble du bourgeon, c'est-à-dire de ses cellules, prend aussi une teinte violette plus ou moins accusée mais moins intense, et forme une masse dans laquelle viennent se perdre les fibrilles nerveuses colorées en violet. L'épithélium ordinaire

qui sépare les bourgeons ^, %

se teint au contraire légèrement en rose ou demeure tout à fait incolore. Les bâtonnets, les cellules neuro-épi théliales et les fibres nerveuses terminales ont donc là, vis-à-vis du chlorure d'or et à quelques variations près, un même chimisme.

Cellolca ■earoéplthéllftles de* bourgeons «■•taOto des têtards. —

Sur les arcs mandibulaires des têtards (1), il est extrêmement facile de dégager, par la dissociation de coupes un peu épaisses, faites après fixation par l'alcool fort ou mieux les vapeurs

FiG. 790. — Bourgeon du goût de l'arc raaodibulaire du têtard de Bombinator ianeus, isolé puis effeuillé par sa baie comme if est indiqué dans le texte. — (Ocul. 2, obj. 7 de Nachet; chambre claire.)

«|7, prolongements périphériques des cellules sensorielles du bourgeon effeuillé psr sa base : ils sont tous réunis en un faiscetu occuptnt le pore du goût, et tous surmontés d'un petit bâtonnet gustatif court et terminé en pointe aiguë cg; — p, pied dinsertion, él»rgi, des cellules sensorielles; — cr, cr^ crêtes d'empreinte formées sur leurs plans-côtés par les noyaux des autres cellules sensorielles- —■ L<:s corps protopiasmiques de ces cellules sont striés en long dans toute leur portion supra-nucléaire : les strias répondent à de petites goutti-^res imprimées & la surface des cellules par les Hbriilas ntrveuses.

(1) J'ai constaté il y a plus de dix ans, avec mon élève Gabriel Roux, que chez les têtards des anoures, le corps muqueux de Malpighi qui revêt les arcs mandibulaires immédiatement en arrière du b^c corné, est pénétré par des bourgeons du goût sur une multitude depoiuts. CeA là Tobjet de choix pour Tétude du développement des bourgeons gustatifs ; tant à cau.^e de la simplicité de ces bourgeons qui n*ont point de capsule épithéliale, que parce que les parties oii ils se développent étant en instance constante de remaniement, le dispositif du sens du goût varie aussi du même pas. On trouve ainsi, à côté les uns des autres, des bourgeons complètement formée et d*autres qui sont tout à fait au début de leur formation. Quelques-uns sont même réduits à une seule cellule sensorielle. Leurs cellules se colorent exacte ment comme les branches nerveuses fibrillaires par la méthode de Tor, même dans leur état tout à fait embryonnaire, et alors que le bâtonnet gustatif ne sVst pas encore développé distinctement sur leur pôle libre.

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