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ÉRECTION DES CRÊTES PAPILLÂIRES

occupé par la veine sectionnée en travers : l'endothélium de celle-ci est presque aussi festonné que celui des lympliatiques. On ne voit plus qu'une toute petite couche du tissu conjonctif entre le corps de Malpighi et la veine centrale, et les cellules génératrices du corps de Malpighi sont imprégnées d'argent sur leur ligne de base. En prenant son développement, la veine déploie pour ainsi dire les crêtes nerveuses situées à droite et à gauche en les ouvrant comme les branches d'un compas. Elle met leur tissu conjonctif, et conséquemment les nerfs traversant celui-ci, en état de tension. Dans ce mouvement, le relief individuel de chaque crête nerveuse diminue jusqu'à presque disparaître. De son côté, le sillon gustatif, de fissurai qu'il était, devient ouvert en haut et ses deux pentes forment un angle dont le sommet répond au fond du sillon, où débouche le canal excréteur des glandes séreuses. Leflux decelles-ciremplitcefond vers lequel les corps sapides, finement divisés, glissent aisément le long des deux pentes delà crête papillaire développée comme un cylindre en relief (fig. 791). Tous les sinus compris dans l'épaisseur des crêtes veineuses marchent d'avant en arrière. Au pôle postérieur de chaque papille foliée, ils s'anastomosent entre eux pour former un plexus superficiel d'où le sang peut refluer dans la papille entière, et la gonfler par une vérilable érection quand on la comprime à sa base (1). La turgescence des crêtes veineuses est assurée, pendant la mastication, par les mouvements incessants de la langue. Les assises superficielles de fibres musculaires de celle-ci sont, en effet, tendues comme un plan contractile sous l'organe folié, dont les veines efierentes traversent les muscles. Quand donc ceux-ci sont contractés, le sang veineux est par suite forcé de refluer dans les crêtes veineuses. Alors les sillons gustatifs s'ouvrent; leurs pentes se forment : et les fibres nerveuses des crêtes nerveuses déployées par dédoublement sont mises en état de légère tension (8).

(1) RanvibR; Traité technique d'Histologie y 2« édition, p. 732.

(2) Pour étudier l'appareil folié dans son ensemble, il suffit d'en faire des coupea longitudinales ou mieux transversales sur une papille foliée, soigneusement enlevée par dissection de la surface de la langue et durcie soit par Talcool fort, la gomme et Talcool (coloration au picrocarminate), soit par le liquide de Millier, la gomme et l'alcool (coloration par la purpurine ou l'éosine hématoxylique). Dana ce deraier cas, les globules du sang sont conservés dans les sinus des crêtes veineuses, et forment une injection naturelle si Ton a pris soin de faire mourir l'animal par le chloroforme et de lui lier la base de la langue avant de la fixer en masse par le liquide de Millier. Les coupes faites sur ces objets, et abandonnées plusieurs jours dans l'alcool fort à peine teinté d'éosine, puis montées dans le baume, fourniront des injections naturelles très instructives du système érectile. Il vaut mieux cependant faire séparément des injections de la langue, par la carotide, avec la masse au carmin. L'injection du mélange osmio-picro-argentique, suivie d'un durcissement dans l'alcool fort, permet toutefois seule de prendre une bonne idée de l'organe folié tel qu'il est disposé pendant l'érection qui précède et accompagne les actes gusta-

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