‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 176 sur 489 · OLFACTIF · texte numérisé non relu

OLFACTIF

Chez tous les vertébrés pourvus de fosses nasales, le passage de la muqueuse pituitaire (voy. t. II, p. 466) au neuro -épithélium olfactif (2) est marqué par une augmentation rapide de l'épaisseur du

(1) Rauber, Lehrbuch der Anatomie des Menschen^ t. Il, fasc. 2, Leipzig, 1894.

(2) Chez les cyclostomes, le neuro -épithélium olfactif tapisse une fossette unique, la fossette olfactive impaire, ouverte en avant sur la peau de la tête et se terminant en arrière, au voisinage du pharynx, par une extrémité longue sans communication avec cette cavité. Chez la plupart des poissons tels que le Brochet, la Carpe, la Chevaine, etc., les fossettes olfactives sont doubles. Elles sont représentées par deux cavités communiquant avec Textérieur et présentant à leur face interne une éminence : Véminence olfactive^ réticulée par des plis pour en multiplier la surface, et dans laquelle pénètrent les filets du nerf olfactif.

Chfz les batraciens, les fosses nasales ont un squelette trèj comparable à celai

NEURO-EPITHELIUM OLFACTIF. t097

revêtement épithélial. On voit d'abord les celjules à cils vibratiles et les cellules caliciformes faire place sans transition à de hautes cellules prismatiques claires. Puis il apparaît, entre ces cellules qui deviennent de plus en plus allongées et le derme muqueux, une foule de no3 aux pressés les uns contre les autres et formant une assise comparable à celle des grains de la rétine. Si Ton voulait faire une autre comparaison, le neuro-épithélium pourrait être rapproché, quant h sa première apparence, de l'épendyme des ventricules céré braux du fœtus humain de 10 ou 11 centimètres. Les cellules claires, prismatiques, formant le rang épithélial superficiel, représenteraient alors les cellules épendymaires ; Tassise profonde semblant formée par des noyaux répondrait aux chaînes radiales de prolifération. Je reviendrai plus loin sur cette comparaison et sur la valeur qu'il convient de lui donner au point de vue morphologique. Au-dessous de ce neuro-épithélium, épais et comme relevé en une sorte de crête olfactive, le derme muqueux renferme une multitude de glandes, celles de l'odorat, ainsi que les rameaux du nerf olfactif (im, après avoir formé un plexus plus ou moins compliqué, engagent leurs fibres pâles dans le neuro-épithélium.

îVeuro-épithéiittin oiflac(ii. — Si l'on pratique des coupes minces, perpendiculaires à la surface, dans la muqueuse olfactive du Cochon d'Inde (fig. 796), du Chien, ou par le travers de l'éminence olfactive de la Grenouille ou de la Salamandre (1), et qu'on les colore par la

existant chez les mammifères. Sur lear plancher existe un mamelon qui constitue le seul relèvement de le^irs parois. Ce mamelon est occupé par Téminence olfactive; il répond au neuro-épithélium. Enfin, chez les mammifères et chez THomme, la muqueuse olfactive, caractérisée par une coloration d*un jaune brun analogue à celle que donne au papier le liquide de Millier (Chien, Lapin) ou simplement jaunâtre (Homme, Mouton, Veau) occupe la région supérieure des fosses nasales, le cornet supérieur, le méat supérieur, une partie du cornet moyen et les portions correspondantes de la cloison. Elle répond à la région nommée autrefois locus luteus par ToDD et BowMAN (Physiological Anatomy^ vol. II) à cause de la coloration jaune qui lui est propre.

(i) Le lambeau de muqueuse, enlevé avec précaution sur l'animal qu'on vient de sacrifier, est fixé à l'aide d*épingles sur une lame de liège é vidée à son centre, puis durci dans le liquide de Millier ou mieux le bichromate d*ammoniaque à 2 pour 100 pendant au moins deux mois. On le laisse ensuite dégorger dans l'eau jusqu'à ce que cette dernière ne prenne plus aucune coloration due au bichromate ; puis on le durcit pendant deux ou trois jours dans l'alcool fort. Après cela, on exécute les coupes à main levée ou au microlome.

On lave à fond ; puis on colore chaque préparation, sur la lame de verre, à l'aide d'une goutte de glycérine hématoxylique. Au bout de quelques minutes, à l'aide d'un faible grossissement, on reconnaît que les noyaux des cellules basales et ceux des cellules de soutènement sont colorés en violet. On pose alors la lamelle, on enlève Texcès de glycérine hématoxylique et on l'introduit par capillarité de la glycérine hématoxylique diluée, pour que la préparation ne fonce pas. Ou bien on monte dans le baume après passage dans l'alcool, l'essence de bergamote et celle de girofles.

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