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FONCTIONNALITÉ DES BOURGEONS DU GOUT

La méthode du chromate d'argent révèle également Texistence (1), dans le plan du plexus sous-gemmal, d'éléments multipolaires (voy. t. II, p. 967) dont certains répondent peut-être à des cellules ganglionnaires de Remak très superficielles, tandis qu'un grand nombre d'autres ne présentent pas les caractères essentiels d'une cellule nerveuse. Leur signification reste, par conséquent, contestée. On en trouve un certain nombre dans le derme muqueux des régions dépourvues de bourgeons du goût, en particulier chez le Chien, au-dessous du plateau des papilles circonvallées du V lingual où ils forment de petits groupes de trois à six éléments dirigés perpendiculairement à la surface du derme, dont leurs prolongements ne sortent pas (Jacques). Ils accompagnent en général les vaisseaux sanguins.

FoBCtlonnalHédcs bonryecns dn 9oâ«. — Les Cellules neuro-

épithéliales des bourgeons du goût sont, comme on Ta vu, toutes sensorielles : celles de revêtement à peu près au même titre que les autres, bien que celles du centre de chaque bourgeon semblent, chez les mammifères, les mieux différenciées et soient sans doute aussi de ce chef plus actives au point de vue gustatif . Mais on ne peut plus les considérer comme de véritables cellules nerveuses ; elles servent seulement de support aux terminaisons nerveuses du goût. A ce point de vue, on doit les rapprocher des cellules globuleuses de Merkel (servant à l'étalement et aussi à l'impression ménagée des ménisques tactiles dans le corps muqueux). Chez elles, de même, le développement des extrémités nerveuses du nerf sensoriel à leur surface se fait par un contact intime : on a vu que les cellules de revêtement emportent avec elles les fibrilles périgemmales répondant à leurs plans-côtés et dessinant les stries de ceux-ci. Contrairement à ce que supposait Drasch (2), elles ne flottent donc pas librement dans le ciment semiliquide intercellulaire du bourgeon; elles se terminent au contact adhésif des plans-côtés des cellules sensorielles. De plus, le dispositif en couronne de la majorité des fibres périgemmales et d'un certain nombre d'intragemmales vers le pore du goût, à la base du cône formé par les bâtonnets gustatifs, indique bien que là est aussi le lieu par excellence des impressions gustatives. Le jeu des glandes séreuses de von Ebner, glandes dont la sécrétion balaie les sillons gustatifs où plongent le cône des bâtonnets et ces bâtonnets eux-mêmes, en recréant ainsi un milieu pur et des surfaces nettes pour les

(1) Olte découverte est due à G. Retzius (Biologische Uyttersuchungenj IV, Stockholm, 1892) et à von Lenhossék (Der feinere Bau und die Nervenendigungen der Ge«chmack«knospen, Anat. Anseig., janvier 1893, et Die Nervenendigungen in den Endknoapen der Mundschleinhaut der Fische. Verhandl. d. naturforsch. GesêUsch., t. X, Bàle, 1892).

(2) Drasch, Histologische u. Physiologische Studien iiber die Geschmacksorgane (C. R. de VAcad. des Sciences de Vienne, t. LXXXVIIF, fasc. 3, 1884).

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actes successifs de la gustation, vient également à Tappui de cette manière de voir.

Mais ce qui différencie fondamentalement l'impression gustative de celles du tact et du toucher, c'est qu'aucune déformation mécanique des régions occupées par les bourgeons du goût ne produit la sensation d'une saveur. En ce cas, les fibres intergemmales, peutêtre empruntées au nerf trijumeau, comme le pense Ranvier, sont les seules impressionnées. Les corps sapides seuls, de leur côte,sus~ citent un ébranlement moléculaire des cellules sensorielles capable d'impressionner les extrémités nerveuses disposées à leur surface. Un dispositif érectile constant, qui se retrouve dans les papilles circonvallées et les fongiformes tout aussi bien que dans les barbillons à bourgeons gustatifs des cyprins, en développant les parties met d'ailleurs tous les nerfs qu'elles renferment en état de légère tension. 11 substitue en même temps le régime du sang veineux au régime circulatoire ordinaire dans la région gustative, et concourt ainsi à la transformation des sensations générales en sensations spéciales.

Drasgh, et avec lui Rauber (1), ont émis une autre hypothèse. Ils admettent que l'ensemble des cellules du bourgeon gustatif forme une sorte de filtre électif facilitant l'arrivée des substances sapides au contact des terminaisons nerveuses sensorielles : — la voie d'arrivée consistant dans les interlignes des cellules neuro-épithéliales. Je ne pense pas que cette conception, qui supprime l'intervention de la cellule sensorielle comme transformatrice des impressions extérieures, chimiques ou autres, en impressions spéciales, soit bien d accord avec ce qu'apprend l'histologie comparée des neuro-épithéliuras sensoriels.

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