CELLULES DE SOUTIEN
répondant à la ligne des cellules de soutien, se superposent des noyaux nombreux rappelant les grains delà rétine, mais presque incolores à la faei>n de ceux des cellules nerveuses. Chacun de ces noyaux appartient en effet h une cellule de la formation essentielle du neuroépitliélium, c'est-à-dire à une cellule sensorielle ou olfactive i^roprement dite.
Lorsqu'on a convenablement dissocié le neuro-épithéliiim (1), on met en liberté très aisément les cellules de soutien et les cellules sensofnelles . Ces deux ordres d'éléments, lorsqu'ils n'ont pas été complètement isolés les uns des autres, se montrent avec leurs relations réciproques. Celles-ci, alors, deviennent évidentes: parce que les cellules sensorielles et les cellules de soutien sont réunies par petits groupes k demi dissociés, mais dégagés de la complication qui auparavant masquait leurs rapports.
Les celluiefi de soutien sont formées par un corps protoplasmique étendu de la partie la plus profonde du neuro-épithélium jusqu'à sa surface, et renfermant un noyau vésiculeux nucléole, au-dessus et au-dessous duquel le corps cellulaire est très différent. Au-dessus du iKjyau, ce corps est prismatique et allongé, parcouru par des cannelures parallèles qui logent les prolongements périphériques des cellules sensorielles. En outre, il existe le long des cellules de soutien une slriation protoplasmique due à de fines granulations placées en série et sur laquelle insiste Babuchin. L'extrémité libre de la cellule n'a pas de plateau et ne porte pas de cils (Ranvier). Le protoplasma doit sa transparence et son aspect hyalin à ce qu'il est gonflé, à la façon d'une éponge, par une substance analogue à la mucine. Audti'ssous du noyau, le corps cellulaire est irrégulier; il est creusé d'une série de fossettes. Cette porlion répond à la partie de la cellule de soutien qui traverse la région moyenne du neuro-épithélium occupée par les cellules sensorielles. Chaque fossette résulte de TeiTipreinte faite par la saillie du noyau d'une cellule olfactive sur la paroi de la cellule de soutènement qui lui est adjacente. Ranvier (2) a fait remarquer, Tun des premiers, l'analogie qui existe entre de telsélémeots et les fibres de Miiller de la rétine. Gomme celles-ci, les cellules de soutien sont des cellules du neuro-épithélium primitif qui ue se sont point différenciées sur le type sensoriel et ont gardé leur signification épithéliale. Aussi, elles traversent la crête olfactive de part en part, à la façon de la formation homologue, constituée par IV^nsemble des fibres de Miiller, répondant dans la rétine au fulcrum radial (fig. 797).
H ) La mothcNie qui réussit la mieux est celle de l'agitation de coupes uii peu epaja.'e« sur le (iiapûsori (voy. plus haut t. il, p. 1083, note). {%) Rakvice. de la Névroglie (Arch, de Physiologie^ p. 180, 1883).
CmXULES SENSORIELLES.
Les cellules sensorielles ou olfactives occupent les intervalles des cellules de soutien. Leur corps protoplasmique a la forme d'une fibre
de section cylindrique, pré-
co
sentant sur son parcours un gros noyau qui se comporte en présence de rhématoxyline comme celui des cellules nerveuses ganglionnaires. C'està-dire qu'il se colore peu ou point, ou seulement après un long temps en bleu de lin très pâle. Souvent ce noyau, comme celui des fibres de Remak ou mieux encore des chaînes radiales de prolifération de répendyme, est accolé latéralement n la fibre protoplasmique avec laquelle il fait corps, sansêtre entouré d'une zone distincte de protoplasma granuleux. Cette fibre semble être alors une diff'érenciation tangentielle analogue aux fibres de la névroglie. Plus ordinairement, le noyau est placé dans Taxe du corps protoplasmique de la cellule étiré en fibre* De son pôle supérieur part alors )e prolongemenl périphérique, et de son pùle inférieur le ^ro longeynenl central de la cellule olfactive.
Le prolOfir/ement périphérique est formé d*un protoplasma transparent homogène. C'est une tige régulièrement cylindrique dont le relief répond aux cannelures de?^ cellules de soutien voisines, c'est-à-dire aux empreintes qu'il a déterminées à leur surface pour prendre place entre leurs planscôtés. 11 part toujours exactement du pôle supérieur du noyau. Il est plus ou moins long, suivant que ce noyau est plus ou moins bas
FiG. 797. — Cellule sensorielle de répithélium olfactif de la Salamandre terrestre, dans ses rapports avec les cellules de soutien et les nerfs. (Coupe dont les éléments ont été à demi dissociés par le diapason, après fixation par les vapeurs osmiques et macération des coupes, faites au sortir des vapeurs, pendant plusieurs jours dans Falccol au tiers.)
N, noyau de la ceHule sensorielle; — pp, son prolongement périphérique; — co, ses cils olfaclifs; — pc, prolongement central entrant dans lo plexus suprabasal el i'y conlinuanl avec une des tîbrillesde la fibre du nerl olfaelif o ; — &, cellules basales; — n, noyau d'une cellule de soutien; -- 5, soginenl supra-DUcléairc de la cellule de soutien; — /'./', fossettes iraprimées sur la portion infra-nucléaire des cellules de soutien; — r, vitrée du neuro-èpithèlium.
ai^ (JMf ACTIFS - PROLONGEMENTS CENTRAL ET PÉRIPHÉRIQUE. HOl
OU haut placé sur le trajet du corps de la cellule sensorielle. Au voisinage (le la surface libre, il se termine par un petit renflement (bâtonnet) qui lui-même porte un ou plusieurs cils. Parfois les cils sont groupés en pinceau ou en bouquet, et ils font tous saillie à la surface du lieuro-épithélium : ce sont les cils olfactifs.
Ces cils, qu'on observe surtout avec facilité chez les batraciens péreûiiibranches, urodèles ou anoures, sont tout à fait différents des bâtonnets gustatifs décrits plus haut. Ils possèdent en effet des mouvements actifs : ce sont donc des cils véritables, qu'on ne peut mieux comparer qu'à ceux des cellules épithéliales de Tépendymé. En effet, leur délicatesse e.st extrême; ils vacuolent sous Tinfluence de la plupart des réactif;^ en formant des boules, et pour la plupart ils sont si fins qu'il faut user de précautions très grandes et d'un éclairage particulier pour les apercevoir. Ils ne sont pas tous semblables les uns aux autres; il y en a de grêles et de gros, comme dans 1 ependyme. Chez la Grenouille, on peut les observer vivants et à Tétat d'action, comme Ta fait RA?ivrER, sur un pli de la muqueuse olfactive vivante On constate aloi-s qu'au lieu de vibrer dans un sens unique, comme les cils de 1 epithélinra de la pituitaire, ils se comportent comme les doigts d'une main réunis parallèlement les uns aux auk*es, et qu'on ouvrirait puis qu'on rapprocherait alternativement. De cette façon, souvent dtmx cils d'un même bouquet, placés à l'opposite l'un de rautre, semblent en vibrant se saluer (Ranvier), parce qu'ils s'inclinent en même temps tous deux en sens opposé. Ils se comportent donc comme une série d'agitateurs qui brasseraient les particules odorantes de façon à multiplier leurs contacts avec la surface sensible.
Le prolo!igement central de chaque cellule olfactive se détache, soit dans Taxe du noyau et du pôle opposé à celui d'où naît le prolongement périphérique, soit des parties latérales du noyau comme l'a indiqué Hanviilr. C'est une fibre fine, grêle, qui, sous l'influence des solutions chromiques les mieux ménagées, devient variqueuse à la manière des fibres nerveuses amyéliniques ordinaires (Max ScHULTZKj ( 1 ); mais elle en diffère cependant en ce qu'elle ne se colore pas en violet Ibnc^ dans les préparations faites par la méthode de l'or.
Le prolongement central des cellules olfaclives est toujours plus gréle que le péripliérique et présente une longueur inversement proportionnelle a celle de ce dernier. La raison en est que le noyau établit la ligne de démarcation entre les deux prolongements. Pour prendre place, dans la portion profonde du neuro-épithélium, au-dessous de la ligne des prismes formée par la portion superficielle des cellules
(l) Max Schultzë:, Untersuchungen iiber den Bau der Nasenschleimhaut ; Halle, iB6.£.
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