GANGLION HORIZONTAL
passage des prolongements périphériques des cellules bipolaires en marche vers les pieds des cellules visuelles. Le plus souvent, en effet, ces bipolaires ne sont pas mises en évidence par le bleu de méthylène. Avec la méthode du chromate d'argent, où elles sont imprégnées de même que les cellules visuelles soit ensemble, soit séparément, et sur des coupes sagittales de la rétine, on se convainc que le plexus basai comprend deux étages. Dans l'étage externe confinant aux pieds des cellules sensorielles, on peut voir les sphérules terminales des cellules visuelles des bâtonnets entrer en relation avec l'arborisation terminale réceptive des bipolaires correspondantes. D'autre part, on les voit circonscrites par les mailles étroites des arborisations cylindraxiles des cellules ganglionnaires horizontales. Quelquefois cependant, le pied d'une cellule visuelle répondant à un bâtonnet pénètre dans l'étage interne ou profond du plexus (Cajal). Ce dernier est le lieu où vient s'étaler tangentiellement le pied élargi et plus ou moins ramifié des cellules visuelles des cônes, immédiatement au-dessous duquel s'épanouit à plat l'arborisation réceptive du prolongement périphérique de la cellule bipolaire correspondante. L'étage interne est également occupé par les cellules internes ou interstitielles du ganglion horizontal, et parcouru en tous sens parleurs prolongements.
, b) Ganglion horizontal. — Pour se rendre un compte immédiat de la valeur morphologique et aussi de l'individualité de cette formation ganglionnaire, il faut d'abord l'étudier chez les cyclostomes où elle a pris un tel développement, qu'elle renferme les seules cellules nerveuses de grande taille qui existent dans toute la rétine. C'est à cause de cette différenciation majeure des éléments nerveux sous le neuro-épithélium, que j'ai autrefois désigné la rétine des Pétromyzontes (fig. 823) sous le nom de « rétine du type juxtaépendy maire ». Les cellules nerveuses ganglionnaires, de dimensions colossales, sont disposées sur deux rangées séparées l'une de l'autre par un entrelacs de fibres et de prolongements nerveux ou de fibres névrogliques issues des cellules de soutien, arquées pour laisser place entre elles au développement du corps de chaque cellule nerveuse. Dans la première assise, plus externe et recouverte par l'étage sousépithélial du plexus basai, les cellules donnent naissance à de longs prolongements qui filent tangentiellement en sens opposés et au loin. Dans la seconde assise, interne et doublée par la couche moléculaire (car ici les bipolaires sont contenues dans les écarts des fibres de Millier), les cellules nerveuses sont tout aussi volumineuses mais beaucoup plus stellaires, et leurs prolongements s'engagent pour la plupart dans l'interligne des deux plans de cellules. Chez les autres vertébrés, les cellules de la formation- ganglionnaire homologue sont beaucoup moins développées, mais tout aussi caractéristiques. Elles