‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 20 sur 489 · SIGNIFICATION NERVEUSE DES PROLONGEMENTS PR0T0PLASMIQUE · texte numérisé non relu

SIGNIFICATION NERVEUSE DES PROLONGEMENTS PR0T0PLASMIQUE

En revanche, la marche de Tiraprégnation par le bleu de méthylène montre que le seul prolongement d'une cellule ganglionnaire dont la nutrition soit jusqu'à un certain point indépendante de celle de la cellule est le filament axile primitif. On voit en effet des rétines où tout d'abord il n'y a de colorées en bleu que les fibres du nerf optique. Ce n'est que longtemps après qu'on voit les corps cellulaires se colorer un à un, puis en dernier lieu leurs prolongements protoplasmiques. Ce fait ne démontre pas du tout que le processus d'absorption des matériaux assimilables marche du cylindre-axe au corps cellulaire, soit en sens inverse de l'influx nerveux ; mais bien que les filaments axiles, à une certaine distance de la cellule, deviennent aptes à se nourrir pour leur propre compte tout le long de leur trajet, souvent extrêmement étendu. Il devient d'autre part évident que la marche de la nutrition, dans une cellule nerveuse, est indépendante du sens dji mouvement nerveux qui la parcourt.

De tout ceci, il résulte qu'on n'est pas fondé à considérer les prolongements protoplasmiques des cellules nerveuses comme les agents de l'extraction du plasma nutritif ambiant ni comme les voies de propagation de celui-ci vers le corps cellulaire. Mais Cajal et van Gehuchten ont formulé une tout autre hypothèse, celle de la nature nerveuse de ces prolongements. Tout aussi bien que les prolongements cylindraxiles, les prolongements protoplasmiques seraient, dans cette conception, des conducteurs nerveux : la différence entre le filament axile et les prolongements protoplasmiques, consistant en ce que le premier conduit au loin l'onde nerveuse projetée par la cellule (neurocyme cellulifuge)^ tandis que les seconds recueilleraient et propageraient, de leurs extrémités au corps cellulaire, l'incitation périphérique susceptible d'impressionner ce dernier et de mettre son action nerveuse propre en jeu (neurocyme celhdipète).

C'est dire, en d'autres termes, que les prolongements protoplasmiques représentent le pôle récepteur de la cellule neurale à leurs extrémités, plus ou moins multipliées selon le besoin de recueillir ou non simultanément des incitations multiples. Le prolongement cylindraxile représente le pôle de projection de l'onde nerveuse reçue, renforcée, atténuée ou changée dans son mode par le corps cellulaire chez lequel elle a suscité une impression, origine de l'excitation projetée.

est fixée net par Talcool fort eaturé de sublimé, le bleu précipite souvent en petits cristaux. La capsule est conservée déployée, et on la voit remplie de ces cristaux bleus. Elle renferme donc bien une réserve de substance nutritive, alors même que la cellule et ses prolongements en sont déjà chargés. Le bleu est en effet une substance assimilable à la cellule nerveuse, et il est légitime de supposer que les autres substances faisant avec elle des échanges se comportent de la même façon ou du moins d'une manière très analogue.

LE NEURONE DE WALDBYER. 667

Cette manière de voir est inâniment plus plausible que l'hypothèse première de Golgi. Elle rend compte en outre d'une série de faits tant physiologiques qu'histologiques. A ce dernier point de vue, elle permet de comprendre et le motif de l'orientation inverse des végétations protoplasmique et cylindraxile que nous venons de signaler dans des cellules telles que celles de Purkinje, et celui de la différenciation du filament protoplasmique particulier, muni d'une ombelle de ramuscules terminaux, des cellules mitrales du bulbe olfactif.

De plus, Ramon t Cajal ayant remarqué que là où les cellules ganglionnaires déploient leur arborisation de prolongements protoplasmiques, il y a toujours, intriquées avec les ramuscules de ces prolongements, des arborisations cylindraxiles nues ou provenant de la résolution en ramuscules également arborisés de collatérales de cylindres d'axe, il en a conclu que, dans une région donnée du système nerveux, les terminaisons cylindraxiles de cellules ganglionnaires plus ou moins éloignées viennent « s'articuler » par contact avec les prolongements protoplasmiques d'une ou de plusieurs cellules nerveuses de la région considérée. Quand la cellule située au loin vient à fonctionner, elle projette sur ses terminaisons cylindraxiles une excitation. Celle-ci est recueillie sous forme d'incitation par les prolongements protoplasmiques de la cellule ou des cellules nerveuses articulées avec les terminaisons cylindraxiles excitatrices ; puis elle est conduite par ces mêmes prolongements au corps de cette ou de ces cellules et l'impressionne. Chaque cellule ainsi impressionnée entre en jeu à son tour si l'impression reçue par elle est suffisante. Elle projette une excitation à distance par la voie de son prolongement de Deiters. L'arborisation terminale de celui-ci peut aller impressionner d'autres cellules dont les prolongements protoplasmiques sont articulés avec ses ramuscules terminaux; ou bien elle va exciter à la contraction une cellule musculaire lisse ou striée. Cette conception de Ramon y Cajal, remarquable par son élégante simplicité, est la pierre angulaire de la théorie actueUe du neurone.

i-e Nevrone. — J'ai déjà dit que, par ce mot, Waldeyer désigne un élément cellulaire nerveux pris dans sa totalité. Le corps cellulaire, les prolongements protoplasmiques, le prolongement de Deiters continué par le filament axQe primitif et enfin l'arborisation terminale de ce dernier, constituent un seul et même neurone. En ce qui concerne la cellule nerveuse ganglionnaire, c'est du reste ce qu'on savait déjà depuis Dbiters.

Dans le neurone, les prolongements protoplasmiques ou dendrites répondent au pôle réceptif de la cellule neurale. Us sont la voie de Tonde nerveuse cellulipète. Le prolongement de Deiters ou nerveux répond au pôle de projection du mouvement nerveux issu de l'action propre de cette même cellule. Il est la voie de l'onde nerveuse cellu-

CfW

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lifujïo. Une cellule scnsoi-ielh; ik- l'éiiLtlii^iuiii olfactif ost, ilaus celtp inaiiièriMreiitt'iidiv IfS cliuses, ;iussi lufH im neurone (jue la (.■tUuli^ jïiin^Iiormiiire la |ilus i:(iiii[ili(]iié(j dva ueiitiv"j, [ni'atiiiil:ile ile 1 eoorcd (lu loliiilr |i;ii-acfiitral nu cellule de l'ur'kinjf du U(.'r\L>lt:t. Le juMe

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