LABYRINTHE PRIMORDIAL DES CYCLOSTOMES
d'étude du dispositif neuro- épithélial et nerveux de l'audition réduit à son maximum de simplicité morphologique, et conséquemment le mieux propre à mettre en lumière sa signification au point de vue élevé de Tanatomie générale.
liabyriaihe primordial des e^reioaiomes. — Le labyrinthe membraneux des cyclostomes n'est, en effet, autre chose qu'un labyrinthe à peine ébauché, tel que je viens de le décrire avec ses deux canaux semi-circulaires primitifs et sa crête acoustique primordiale, puis qui, s'arrêtant là en tant que complication des parties, a ensuite poursuivi jusqu'à l'état adulte et parfait le développement histologique de ses tissus. Il fournit ainsi le schéma de l'organe auditif des vertébrés tel qu'on peut supposer qu'il a été dès son origine.
L'organe auditif entier est contenu, aussi bien chez la Lamproie adulte que chez l'Âmmocète, dans une capsule cartilagineuse affectant la forme d'un ovoïde à grand diamètre longitudinal, appendu de chaque côté au crâne cartilagineux dans les limites du cerveau postérieur répondant au ventricule rhomboïdal (fig. 834). A tous les niveaux, sur les coupes transversales du névraxe et des deux capsules auditives, on voit pénétrer dans chaque capsule un faisceau de fibres nerveuses acoustiques, par une perte de substance de la paroi cartilagineuse. Pour former cette voie d'entrée, en haut la paroi supérieure ou voûte de la capsule auditive, unie à la paroi du crâne, s*aminciten un biseau légèrement infléchi de haut en bas et de dedans en dehors. En bas, le cartilage capsulaire s'amincit lui aussi en un biseau dirigé parallèlement au biseau supérieur, mais en sens inverse. Il en résulte une sorte de canal, ou plutôt de fente à bords parallèles dans laquelle s'engagent les faisceaux nerveux tout le long de la capsule auditive. Ceux-ci, partis des régions latéro-dorsales du névraxe, descendent d'abord sur les côtés de celui-ci comme les fibres des racines postérieures. Puis ils s'engagent dans la fente et rejoignent un peu au delà, dans la capsule auditive, le ganglion acoustique occupant la partie inférieure (ventrale) ou plancher de celle-ci, au-dessous de la crête acoustique primordiale. — Il résulte de ce dispositif un point d'ores et déjà très intéressant : c'est que le ganglion nerveux et la crête acoustique placée au-dessus de lui, régnent longitudinaleraent sur toute la région postérieure de l'organe auditif, tout comme le ganglion spiral et l'organe de Corti dans une cochlée de mammifère. La différence essentielle est que, comme, ici il n'y a point de limaçon, il n'y a pas non plus de disposition spirale. A part cela, Thomologie saute aux yeux (1).
(1) Le ganglion acoustique occupe exactement ici la place de Tébauche du ganglion spiral dans l'organe auditif d*un embryon de Mouton de 18 à 20 millimètres. Et de même, la crête auditive placée au-dessus et un peu en dedans de lui occupe aussi la place de ce que j'ai appelé la crête auditice /)n'mordta/e, laquelle est Torigine, chez les mammifères^ de Tépithélium de Corti.