CRÊTE ACOUSTIQUE PRIMORDIALE
Eq même temps qu'apparaissent les deux évaginations dorsale et dorso -latérale répondant aux deux canaux semi-circulaires primordiaux, on voit (par ex. embryon de Mouton de 20 millimètres) se développer, sur le plancher ou plutôt la paroi inféro-interne et ventrale de chaque vésicule auditive, la première ébauche du dispositif majeur et véritablement essentiel de Torgane de l'audition chez les vertébrés. Le ganglion acoustique embryonnaire, appendu aux côtés du cerveau postérieur exactement comme celui des paires rachidiennes, s'accole par sa partie renflée à la paroi de la vésicule auditive. Par son développement propre, il refoule celle-ci et lui fait faire un léger relief en dedans.
A ce niveau, le neuro-épithélium augmente d'épaisseur en se stratiflant et dessine au-dessous du ganglion une crête. C'est ce que j'appellerai la crête acoustique primordiale ; et c'est là ce qui sera aussi, chez les mammifères, ultérieurement l'origine de « l'organe de Corti ». La crête acoustique primordiale embrasse le relief du ganglion en se moulant sur lui. En dehors de la crête, sur le côté externe de celle-ci, la cavité de l'ampoule dessine une sorte de doigt de gant courbe, contournant le ganglion au delà de la crête. Ce diverticule, à peine développé chez les poissons (flg. 833. — coj et seulement indiqué légèrement chez les larves des cyclostomes, est l'origine même du canal cochléaire des mammifères. A ce stade, la vésicule auditive n'est pas subdivisée encore en utricule et en saccule ; mais ce qu'on peut considérer comme le labyrinthe primordial est, par contre, établi dans sa partie essentielle. La complication de l'organe auditif n'ira pas plus loin chez les premiers vertébrés vrais, les cyclostomes. On peut donc le prendre chez eux avec avantage comme objet
Fia. 833. — Schéma du labyrinthe membraneux des poissons, d'après Waldbybr.
ti, utrirulo; — «, sacculo; — co, cyBticule correspondant au canal cocbléairo; — cl, c*, c3, los trois canaux somi-circulaires; — v, recêS' êtâs veitibuli ou aquoduc du vèsti* bulo.
creux des parties dorsale et dorso -latérale de la vésicule auditive primitive. Chez les seuls cyclostomes les choses restent ainsi, et il ne se développe que deux canaux semi- circulaires définitifs. Chez les autres vertébrés, il y en a trois : deix verticaux et un horizontal (voy. fîg. 833). Krause a mis en lumière ce fait intéressant que les deux canaux semi-circulaires verticaux procèdent d*un dédoublement de Tévagination dorsale verticale, immédiatement extérieure au canal endolympha tique. Les parois épithéliales de cette évagination se rapprochent, puis se soudent non plus sur un seul point, mais sur deux points distincts, pour se résorber ensuite sur ces deux mences points. Entre ces deux points, il persiste donc une région où le diverticule primordial reste creux. Cette région commune aux deux canaux verticaux estrébauche du canal commun, ou sinus supérieur, des canaux verticaux adultes. La disposition observée chez les cyclostomes répond donc à Tétat primoinlial du labyrinth3, et non à une rétrogradation organique.