DÉVELOPPEMENT DU LABYRINTHE OSSEUX
et la tourne en hélice autour de Taxe virtuel centre du mouvement. Le ganglion embryonnaire suit la crête primordiale et devient le ganglion spiral, tandis que la crête tournée en hélice forme Vorgane de Corti. Une portion toutefois du ganglion ne se mobilise pas : c'est sa partie antérieure. Elle constitue le renflement gangliforme de Scarpa, dont les fibres nerveuses réceptives desservent l'utricule et le saccule, et se terminent dans les « taches acoustiques )) de ceux-ci. Dans chacune des ampoules des canaux semicirculaires, il se forme une « crête acoustique secondaire », également desservie par des fibres nerveuses sensitives issues du ganglion de Scarpa. Le labyrinthe membraneux a pris, de la sorte, sa complexité et sa constitution définitives.
Développement du labyrinthe osseicx et des espaces pèrllymphatiques^ — Mais la configuration du labyrinthe change encore considérablement en vertu de la façon spéciale dont se développent le labyrinthe cartilagineux, puis osseux (squelette du labyrinthe membraneux homologue de celui du névraxe), et les espaces périlymphatiques homologues, de leur côté, de la cavité arachnoïdienne. Je rappellerai d*abord sommairement les stades de ce développement. On sait qu'à l'origine, la vésicule auditive épithéliale s'enfonce dans le mésoderme embryonnaire. Bientôt cette vésicule, séparée de l'ectoderme tégumentaire et limitée de tous côtés par sa vitrée (reflet de celle de Tectoderme à son pourtour), s'entoure d'un rets de vaisseaux sanguins analogue à celui constituant la pie-mère primordiale. Au niveau de ce réseau vasculaire enveloppant, le tissu conjonctif s'organise rapidement en une membrane, origine de la paroi fibreuse du labyrinthe. Beaucoup plus en dehors, ce même tissu conjonctif difierencie une capsule de tissu fibreux, puis cartilagineux embryonnaire enveloppant à distance la vésicule auditive, tout comme l'arc neural le fait pour le névraxe. Dans l'intervalle, il évolue sous forme de tissu rauqueux exactement aussi comme autour du névraxe. Seulement, l'évagination secondaire des canaux semi-circulaires survenant ensuite, la convexité de ceux-ci finit par rejoindre le périchondre fœtal de la capsule cartilagineuse et par s'appliquer presque immédiatement contre lui ; tandis que leur face concave reste séparée du cartilage par une masse épaisse de tissu muqueux. La capsule cartilagineuse se fermant ensuite pour les envelopper en contournant cette masse muqueuse, il en résulte que les canaux semi-circulaires membraneux n'occupent pas le centre de la masse muqueuse périlabyrinthique, mais bien touchent la paroi des canaux semi-circulaires cartilagineux dans toute l'étendue de ceux-ci par leur bord convexe. Le reste du canal cartilagineux est occupé par un tissu muqueux délicat : disposition qui reste permanente chez le Rat, où ce tissu muqueux persiste et renferme chez l'adulte des cellules pigmen-
ET DBS ESPACES PÉRILYMPHATIQUES. 1219
taires rameuses (chromoblastes), comme Ta indiqué Ruedingbr (1). Mais chez la plupart des vertébrés, la masse muqueuse intermédiaire au labyrinthe membraneux et au labyrinthe cartilagineux évolue autrement. Tout comme au pourtour du névraxe, le tissu muqueux se résorbe peu à peu et il ne subsiste de tissu conjonctif que le long des branches vasculaires. Il en résulte une série de cavités occupées non plus par la mucine et le réseau des cellules étoiiées du tissu muqueux, mais bien par un liquide aquiforme, la périlymphe. Ces cavités communiquent en an de compte toutes entre elles ; et le vestibule membraneux se trouve ainsi séparé du vestibule cartilagineux, puis osseux, par hs cavités de la périlymphe traversées seulement de distance en distance, tout comme la cavité arachnoïdienne, par des tractus connectivo- vasculaires constituant les iigamenta labyrinthi de RuEDiNGER. Même évolution de la masse muqueuse dans les canaux semi-circulaires. Le canal membraneux, sauf au niveau de son bord convexe où il touche le périchondre devenu le périoste du canal osseux, est relié à la paroi squelettale par une série de tractus pour la plupart vasculaires (Iigamenta canaliculorum), dont les mailles sont occupées par la périlymphe. La périlymphe des canaux communique librement avec celle entourant Tutricule et le saccule, et suspend ainsi le labyrinthe membraneux dans un milieu liquide.
Au niveau du canal cochléaire, des transformations analogues, bien qu'en apparence plus complexes, conduisent à la formation du limaçon et de ses deux rampes. Ce canal, au moment où il n'a encore décrit qu'un demi-tour d'hélice, est aussi, lui, plongé dans un tissu conjonctif embryonnaire, au sein duquel se différencie à distance une capsule de tissu conjonctif modelé fœtal tout d*abord, puis devenant cartilagineux tout comme celle du vestibule, qu'elle prolonge. C'est à l'intérieur de sa capsule que le canal cochléaire s'allonge et se tourne en hélice. Dans ce mouvement, il reste constamment appliqué contre la face interne de la capsule, entraînant avec lui dans Taxe de l'hélice le ganglion acoustique qui lui est accolé et qui devient ainsi le ganglion spiral, les faisceaux de ses fibres radiculaires qui deviennent ceux du nerf cochléaire, les vaisseaux ganglionnaires et le tissu conjonctif jeune du ganglion et de ses faisceaux nerveux efi'érents. C'est le tissu conjonctif jeune, ainsi amené dans Taxe de l'hélice par l'entraînement même du ganglion, qui constitue l'origine de l'axe du limaçon (columelle et modiolus), de la lame spirale osseuse, de la rampe vestibulaire et de la rampe tympanique limacéennes. Le ganglion embryonnaire, tourné et développé en hélice par le mouvement spiral de croissance, monte autour de cet axe avec la crête acoustique
(1) RuBDiNGER. in Manuel de ^tricher^ édition anglaise de New -York, p. 987,