‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 226 sur 489 · BANDELETTE SILLOÎ^NEE — DENTS AUDITIVES · texte numérisé non relu

BANDELETTE SILLOÎ^NEE — DENTS AUDITIVES

une section transversale de profil hémisphérique. La bandelette sillonnée se termine par un bord tranchant en forme de bec, en dedans et au- dessous duquel la paroi du canal spiral décrit sur les coupes un talus curviligne à sinus externe, dont la pente rejoint rapidement la face cochléaire de la lèvre lympanique pour mourir sur le plan de la lame basilaire. La courbe du talus dessine de la sorte, sous le bec du bourrelet spiral, une gouttière ouverte en dehors (gouttière spirale de Kôlliker). C'est sur la face supérieure du bec qu*on peut voir à nu les « dents de la première rangée de Gorti » (ou « dents auditives » de Hdschke), quand on observe à plat (face supérieure en haut), la lèvre vestibulaire de la lame spirale dégagée de tout épithélium par

FiG. 842. — Coupe frontale de la lame spirale et de la tectoria du Ck)chon d'Inde, faite par le procédé indiqué dans le texte.

<, tccloria observée en vue cavalière; — dl^denUde la promièro rangée, soclionnëes Iraosver- ■alemenl ; — cf, cellules épithélialos formatives de la tectoria.

l'action de Talcool au tiers suivie de celle du pinceau (flg. 842). Les dents répondent à de longs reliefs longitudinaux comparables à ceux d'un champ labouré, atténués à leur extrémité interne, bifurques et s'agençantencrêtesparallèlescommedelongsYjuxtaposés et contrariés (YA)> ou bien ne se bifurquant pas du tout. Ces reliefs sont séparés par des sillons. Us sont brillants, d'une dureté cartilagineuse et formés d'une substance compacte, qui reparait au fond des sillons sous forme de petits grains arrondis. Cette substance des dents, qui détermine le relief du bourrelet interne ou crête sillonnée, n'est ni cartilagineuse, ni osseuse. Elle est fibrillaire, et profondément elle se met en continuité avec les travées osseuses du sillon spiral et de sa lèvre supérieure osseuse, sur laquelle s'insère la membrane de Reissner.

Lavdowsky (1) a montré qu'à la surface de la bandelette sillonnée

(1) Lavdowsky, Untersuch. iiber den akust. Endapparat der* Saugethiere (Arch, f. mikrosk. Anat. t. XIII, p. 497, 1876).

TECTORIA - NEURO-ÊPITHÉIJUM DE GORTI. 1227

occupée par les deats, il existe un revêtement épithélial continu. L'imprégnation d'argent montre en effet à ce niveau un dessin endothéliforme. Les corps des cellules épithéliales occupent le fond des sillons, qui logent leur portion renflée renfermant le noyau. Superficiellement, les pôles périphériques de ces cellules s'élargissent en lames minces assez étendues pour se rejoindre à la surface des sillons et y former un pavé régulier (Ranvier). En même temps ils sécrètent une cuticule, la tectoria, qui fait corps avec eux et qui, implantée sur le bec de la bandelette sillonnée et sur toute l'étendue de celle-ci, comprise entre ce bec et le pied de la membrane de Reissner, se projette au-dessus de l'épithélium de Corti comme un pan flottant d'étoffie. Dans les préparaitions faites par la méthode de l'or, les cellules épithéliales occupant les sillons, la ligne continue de leurs pôles libres à la surface des dents, et la tectoria se colorent également en violet. Ceci semble bien montrer que cette membrane est une simple dépendance des cellules épithéliales (1).

Immédiatement au delà du bec du bourrelet interne ou bandelette sillonnée, l'épithélium cochléaire, qui tapisse la concavité de la goût tière spirale répondant à la pente interne du bourrelet, redevient prismatique clair, formé de cellules cylindriques disposées sur une seule rangée et se continuant avec les cellules épithéliales ordinaires de la pente interne de l'épithélium de Corti, ou plutôt constituant elles-mêmes celte pente, car elles sont en petit nombre (6 à 8 chez le Cobaye). Elles ne portent point de cils et ne sécrètent point de cuticule ; ce sont des éléments de l'épithélium cochléaire primitif ayant subi une différenciation pour ainsi dire nulle.

NeurO'épithélium de Corti, — Le neuro-épithélium de Corti, reposant sur la face supérieure ou cochléaire de la membrane basilaire, prend naissance immédiatement à la suite du rang unique des cellules épithéliales de la pente interne, juste au niveau du point d'émergence des filets préterminaux du nerf acoustique sur « l'habenula perforata ». Il s'insère sur une membranule vitrée très mince, homogène mais radialement striée, qui limite de son côté la trame fibreuse délicate de la membrane basilaire. C'est l'homologue de la vitrée si épaisse de la crête acoustique primordiale, absolument réduite et devenue abortive, mais toujours présente. En outre, ici, le neuro-épithélium s'est modifié de double façon : 1® Le nombre de ses éléments constitutifs s'est, lui aussi, considérablement réduit: au lieu de cinquante- cinq à soixante ceUules sensorielles à soies acoustiques qu'on peut compter sur une coupe transversale du plein de la crête acoustique primordiale, on n'en trouve plus que quatre (2) disposées sur deux rangées tout le long du

(1) Ranvkr, Traité techn. d'Histologie, 2«édit., p. 770.

(2) Du moins chez les animaux qui servent communément d'objets d'étude dans les laboratoires (Lapin, Cobaye, Chat, etc). Chez THomme, d'après Waldbybr

1228 èLÈMETNS CONSTITUTIFS DU NEURO-ÉPITHÉIJUM.

neuro-épithélium tourné en hélice. L'une de ces rangées est interne et comprend une seule file de cellules ciliées ; l'autre est externe et comprend trois files de cellules ciliées, rapprochées et disposées sur trois rangs quand on les observe en vue cavalière. Par le travers d'une coupe axiale du limaçon comprenant l'organe de Corti, on compte donc quatre cellules ciliées seulement, dont une interne isolée, et trois externes groupées Tune après l'autre à distance de la cellule ciliée interne (fig. 843).

2"" Comme dans la crête acoustique primordiale, ce sont les cellules épithéliales de soutien qui prennent insertion sur la vitrée duplancherdu labyrinthe cochléaire. Les cellules sensorielles, dont la forme (en dé à coudre plein et renversé la base en haut) n'a pas varié, sont toujours suspendues à distance de la membrane basilaire, pour former une assise superficielle dans le neuro-épithéliura. Mais la form« des cellules de soutien a un peu changé et certaines d'entre elles ont subi une difiFérenciation remarquable qui les transforme en piliers de Corti. Les piliers de Corti occupent une place importante et une position définie au sein du neuro-épilhélium. Par le travers de chaque coupe aiiale faite sur le limaçon, on en compte deux : le pilier interne et le pilier externe. Ces deux piliers, occupant toute l'épaisseur du neuroépithélium, sont arc-boutés pour laisser entre eux un tunnel ayant pour plancher la membrane basilaire, dont la coupe montre à ce niveau la section transversale d'un petit sinus veineux en saillie sur sa face tympanique : c'est le vaisseau ou mieux le sinus spiral, V « arcade de Corti » prend place, tout le long du neuroépithélium tourné en hélice, entre la rangée unique des cellules sensorielles internes et le triple rang des cellules externes. 11 en résulte également tout du long un canal creusé dans l'épaisseur de l'épithélium :1e «tunnel de Corti «qui tourne avec lui et se poursuit en hélice, comme le sinus spiral veineux doublant son plancher basilaire. — En dedans de l'arcade de Corti, Ton voit sur les coupes en travers la cellule sensorielle interne, puis la rangée des cellules épithéliales ordinaires delapente interne (Ranvier). En dehors de l'arcade de Corti, Ton voit les trois cellules sensorielles externes portées par trois cellules de soutien correspondantes ; puis les cellules épithéliales ordinaires de la pente externe (Ranvibr) dessinant le genou en relief, enfin l'écroulement terminal brusque de cette même pente du neuro-épithélium t— Etudions analytiquement ces divers éléments de la crête acoustique transformée.

(Manuel de Stricker, édit. anglaise de New- York, p. 1033, 1872), il n'y a toujours qu'une seule rangée de cellules acoustiques internes, mais par contre quatre ou même cinq rangées de cellules ciliées externes. V07. à ce sujet sa figure 416 (en&nt nouveau-né) et 421 (femme de 28 ans). Dans le premier cas, il acompte cinq rangées de cellules ciliées externes, dans le second seulement quatre rangées.

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