‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 243 sur 489 · ENTODERMIQUE DÉFINITIF (INTESTIN DIGESTIF · texte numérisé non relu

ENTODERMIQUE DÉFINITIF (INTESTIN DIGESTIF

ORIGINE DES MESENTERES.

Je résumerai ici, pour la bonne compréhension du sujet et sans aucun détail d'érudition ni d'analyse, une série de faits bien connus des embryologistes. — Au début, l'intestin entodermique est formé par l'entoderme secondaire (feuillet glandulaire) doublé par le feuillet endothélial de la splanchnopleure. Entre les deux s'est développée une mince assise mésodermique représentant la lamelle fibro-inteslinale. Fermé à ses deux extrémités, le sac intestinal se projette en avant sous forme de vésicule ombilicale ou sac vitellin. 11 a donc la forme d'une gouttière ouverte dans ce sac à la partie moyenne ventrale, et fermée en doigt de gant aux parties extrêmes.

Origine du mésentère domni. — Sur la ligne axiale de l'embryon, le tube digestif est largement réuni à la paroi dorsale du corps. En ce point, cette paroi est occupée par le névraxe, la corde dorsale, et de chaque côtépar les masses protovertébrales des segments primordiaux. Au-dessous de celles-ci sont les deux aortes, enveloppées par une large bande de mésoderme. Les deux cavités pleuro-péritonéales droite et gauche sont donc séparées l'une de l'autre par un large espace. Au fur et à mesure que le développement se poursuit, cet espace se rétrécit progressivement ^auf dans la portion antérieure du tractus, qui fait suite à la région pharyngienne (branchiale) primitive et va se

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diflTêrencier sous forme d'intestin antérieur, stomodœal ou respiratoire. Le rétrécissement s'accuse au contraire dans les limites de l'intestin entodermique définitif, et répond à la formation du mésentère dorsal dans ces mêmes limites.

Voici comment : presque immédiatement au-dessous du germe des poumons (embryon humain de 4""25, His), le tube digestif dessine un renflement fusiforme. C'est l'estomac. En même temps, il s'éloigne de la corde dorsale : parce que la bande, qui l'unissait à la corde et séparait les deux fentes pleuro-péritonéales, croît dans le sens dorsoventral beaucoup plus que dans le sens transversal. Les deux aortes que renferme cette bande se rapprochent alors, se rejoignent sur la ligne médiane et se fusionnent en un seul vaisseau. C'est l'aorte définitive, située entre la corde dorsale et l'intestin. Bientôt, le tube digestif et la corde finissent par ne plus être réunis que par une lame mince de tissu conjonctif doublée en dehors par l'endothélium pleuro-péritonéal, tendue entre la corde et l'intestin dans le plan médian du corps et de l'extrémité antérieure à l'extrémité postérieure de l'embryon. C'est le mésentère dorsal. — A l'origine, le mésentère dorsal réunit tout aussi bien l'estomac que le reste de l'intestin entodermique à la paroi du corps. Le tube digestif traverse, droit ou presque droit, la cavité viscérale. Cette disposition reste permanente chez nombre de poissons et d'amphibiens. L'estomac, répondant alors simplement à une dilatation fusiforme du tractus, possède un mésentère dorsal qui a reçu le nom de mésogastre. C'est ce mésogastre qui deviendra, chez l'Homme et la plupart des mammifères, le grand épiploon, comme l'a démontré Jean MOllbr.

Chez les vertébrés supérieurs, en effet, l'intestin entodermique cesse de traverser en droite ligne la cavité viscérale, parce qu'il s'allonge de façon disproportionnée avec l'allongement du tronc de l'animal. Pour prendre place dans la cavité abdominale, il est donc forcé de décrire des sinuosités et de former des anses. Le mésentère dorsal s'allonge entre celles-ci et la paroi dorsale du corps. Il en résulte que certaines parties de l'intestin sont fixées par un mésentère court et d'autres par un mésentère plus étendu. Comme celui- ci suit les anses dans leur mouvement et que ces anses prennent place comme elles peuvent (parfois en dessinant une spirale régulière comme chez la Grenouille), les feuillets mésentériques, au lieu de former une sorte de cloison médiane, deviennent transversaux, obliques, etc. Voici ce qui arrive chez l'Homme :

Anse Intestinale primitive. — A la Cinquième OU sixième semaine, l'estomac, fusiforme d'abord, est devenu une poche dont la face postérieure, fortement convexe, regarde la colonne vertébrale tandis que la face antérieure, recouverte par le foie, est légèrement concave. Sur la face postérieure convexe, qui deviendra la grande courbure,

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s'insère le mésentère dorsal (mésogastre) répondant k restomac. — La partie de l'intestin entodermique qui fait suite à l'estomac s'est beaucoup allongée, et de ce chef elle décrit un trajet sinueux. Elle dessine l'ange intestinale primitive {Jouît) en se dirigeant d'abord du pylore au voisinage immédiat du rachis (segment duodénal), pour se recourber ensuite brusquement (branche descendante) et se projeter vers l'ombilic. Là, elle est en continuité avec le canal vitellin et aussitôt elle se replie (branche ascendante). Les deux branches, la descendante qui donnera l'intestin grêle, et l'ascendante qui fournira le caecum et le côlon, sont presque parallèles comme les branches d'un U. Entre elles, s'étend un long repli du mésentère dorsal. Arrivée près de la colonne vertébrale, la branche ascendante se recourbe brusquement et se continue avec la partie terminale de l'intestin. Celle-ci se dirige en ligne droite vers l'anus et n'est plus fixée que par un mésentère très court ; elle fournira l'S iliaque et le rectum.

Mésentère ventral. — Le sommet de l'anse intestinale primitive répond à l'ombilic et se trouve d'abord logé dans la portion initiale creuse du cordon. Là, il s'ouvre dans la vésicule ombilicale ou sac vitellin, qui prolonge en dehors du corps le sac entodermique primitif. Le pied du cordon, où le sommet de l'anse s'est engagé, se rétrécit de plus en plus et la communication entre l'anse et le sac vitellin se réduit à un canal étroit, le canal^ vitellin,' qui s'atrophie peu à peu ainsi que la vésicule ombilicale elle-même. C'est entre ce pied du cordon et la première portion de l'anse — ou segment duodénal — dirigée du pylore au voisinage du rachis, que s'étend le r^pli falciforme permanent répondant au mésentère ventral.

On sait que le cœlome est, à son origine, formé de deux moitiés séparées sur la ligne médiane et répondant de chaque côté, au delà deg protovertèbres, à l'écart des lamelles fibro-cutanées et fibrointestinales. On devrait donc trouver un mésentère ventral dans toute la longueur du ti^be digestif, comme c'est le cas pour le mésentère dorsal. Mais en réalité, le mésentère ventral n'existe qu'au niveau de la partie antérieure du tractus depuis le pharynx jusqu'à l'extrémité du duodénum. Dans ces limites, entre le cul- de -sac antérieur de l'intestin entodermique et la paroi du corps qui se ferme vite, prend en effet place le cœur, qui est énorme par rapport au tractus intestinal et auquel aboutissent, accompagnées par le mésoderrae, l'extrémité des veines oraphalo-mésentériques et celle de la veine ombilicale. La masse raésodermique qui relie le cœur à la paroi ventrale porte le nom de mésocar^de antérieur ou ventral. Son prolongement inférieur, satellite des vaisseaux vers l'ombilic, s'étend de la petite courbure de l'estomac et du segment duodénal au pied du sac vitellin. Il est l'origine du mésogastre antérieur et du mésentère ventral du duodénum. C'est dans son épaisseur que se développeront le foie et les pancréas

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