RAPPORTS DE L'INTESTIN AVEC L'APPAREIL RESPIRATOIRE
lamelle fibro -intestinale, au sein de laquelle se différencient les mus clés moteurs propres de l'intestin et se distribuent les vaisseaux.
La partie antérieure, orale ou stomodœale du tractus, extrêmement allongée, et la partie postérieure, anale ou proctodœale plus courte, sont formées par l'ectoderme, invaginé à la rencontre del'entéron et doublé d'un repli satellite de la lamelle fibro-cutanée, doublée elle-même par un prolongement du tissu conjonctif diffus.
Mais la nutrition elle-même se compose de deux facteurs. Pour entretenir l'organisme, il est nécessaire de prendre pour lui, dans le monde extérieur, des alùnents : c'est-à-dire des substances empruntées aux animaux et aux plantes. Ces substances, transformées par les actions digestives dont les glandes intestinales sont Tinstrument, deviennent assimilables : c'est-à-dire incorporables aux éléments anatomiques qui ont besoin de se rénover. En second lieu, au fur et à mesure que l'organisme se complique et que la masse du corps s'accroît, la nécessité de l'introduction de l'oxygène, indispensable à toutes les actions chimiques dont les tissus sont le théâtre, s'accuse de plus en plus et motive, surtout chez les vertébrés, l'édification d'un appareil spécial qui est celui de la respiration.
Chez tous les animaux munis d'une corde dorsale et sans aucune exception, c'est la partie orale ou stomodœale du tractus, partie revêtue par l'épithelium tégumentaire invaginé dans la bouche, qui fournit Tappareil respiratoire définitif. Cet appareil se montre d'abord autour de la bouche sous forme de branchies cutanées (têtards des anoures), puis dans la bouche où il constitue les branchies buccales (ammocètes), puis encore (poissons) dans le pharynx. Sans cesser d'être formé par l'ectoderme et la lamelle fibro-cutanée qui le double, il devient ainsi de plus en plus profond, de plus en plus diverticulaire. Enfin l'appareil aérien paraît. Sous forme de vessie natatoire, il est chez les poissons et les dipneustes encore un bourgeonnement du pharynx. Le poumon du Protée et celui des autres vertébrés supérieurs conserve la même signification morphologique. Comme l'œsophage, l'appareil bronchio -pulmonaire de tous les sauropsides et de tous les mammifères est donc un simple prolongement de l'épithelium cutané et du derme qui le double : c'est une formation parader aie {Ray Lankester) (1). Cette notion, entièrement justifiée par Tanatomie générale, devient encore plus saisissante quand on se reporte aux fonctions respiratoires originelles, qui sont exclusivement localisées dans le tégument cutané des animaux inférieurs.
(1) Rat Lanrester appelle le tégument dans son ensemble déron (S^pov) par opposition à entéron (svTfpov), représentant Tensemble de Tintestin entodermique. Les parentères sont les expansions de V entéron ; les formations paradériques sont celles du déron ou tégument.
i25f5 PREMIER DÉVELOPPEMENT DE L'INTESTIN DÉFINITIF.
Chez les vertébrés munis d'une allantoïde, la respiration, même pendant la période embryonnaire, est assez active pour motiver l'existence d'un appareil spécial, déjà très développé bien qu'il doive n'être que provisoire. C'est encore le tractus intestinal qui le fournit, mais alors par son pôle aboral. Tandis que la portion stomodœale ou pnéo-pharyngienne est encore en voie d'organisation, la chambre cloacale pousse un diverticule vers l'organisme maternel : c'est V allantoïde, origine du placenta qui, chez le fœtus, joue le rôle d'un poumon véritable quoi qu'il ait une constitution toute différente. Bien que le pédicule subsistant de Tallantoïde, la vessie, ait un revêtement épithélial très analogue à l'ectoderme, sa signification tégumentaire prête encore à discussion ; tandis que celle de l'appareil respiratoire antérieur, qui est aussi le définitif, paraît histologiquement établie. En somme, les deux pôles du tractus intestinal, sur les limites de Tentoderme et de l'ectoderme, sont capables de s'adapter aux fonctions respiratoires, tandis que la portion moyenne demeure exclusivement digestive.