CELLULES DE REVÊTEMENT
gastriques, il suffit d'abandonner pendant quelques heures une coupe sagittale de la muqueuse de l'estomac dans une soucoupe pleine d'eau à laquelle on a ajouté une ou deux gouttes de solution d'éosine à 1 pour 100. Toutes les cellules de revêtement se teignent en rouge vif, les cellules principales restant incolores ou d'un rose clair très faible. — On se convaincra de la sorte que, chez le Chien, les cellules de revêtement sont surtout nombreuses dans le tiers supérieurdu tube sécréteur. Là, elles forment une rangée presque continue à la périphérie du tube. Elles deviennent discontinues dans les deux tiers inférieurs. La répartition est à peu près la même chez l'Homme, où la distinction entre les cellules principales, chargées de granulations nombreuses et brillantes, et les cellules de revêtement est d'ailleurs moins nette. — Par contre, chez le Cobaye, toute la partie des tubes sécréteurs située au-dessous du tiers supérieur qui renferme beaucoup de cellules de revêtement, est exclusivement tapissée par un épithélium formé, de cellules principales. Il y a là deux régions tranchées, Tune superficielle, zymogène, l'autre profonde, séreuse ou pour mieux dire séropeptique. Je reviendrai sur ces faits intéressants en parlant plus loin de la signification essentielle des diverses cellules entrant dans la constitution des glandes stomacales.
Une injection interstitielle de mélange osmio-picrique permet seule de reconnaître la véritable forme des cellules de revêtement (fig. 860, — g). Le réactif les saisit net sans leur permettre de se gonfler ni de se rétracter. Elles ont en général la forme d'une poire dont le ventre fait un léger relief sous la paroi du tube qu'il festonne très peu, tandis que la portion conique s'engage entre les plans-côtés des cellules princi pales sans jamais atteindre la lumière du tube. D'autres sont arrondies et quelques -unes enfin figurent des croissants, concaves du côté des cellules principales et convexes du côté de la membrane propre. Quand on a fixé la muqueuse par le liquide de Miiller ou l'acide chromique, le bichromate d'ammoniaque à 2 pour 100, etc., les cellules de revêtement apparaissent en majorité sous la forme ronde et beaucoup plus développées que dans le cas précédent. Cela tient à ce que l'eau de ces réactifs les a gonflées comme des éponges. Elles sont, par suite, devenues à peu près toutes sphériques et très volumineuses. Comme, d'autre part, elles adhèrent fortement à la paroi du tube sécréteur par leur surface convexe reposant sur liii, leur mouvement d'expansion entraîne autour d'elles la membrane propre. II en résulte qu'elles semblent entourées d'une loge distincte, qui paraît parfois tout à fait individuelle et close sur les coupesperpendiculaires à Taxe des tubes sécréteurs. C'est ce qu'avait observé Heideniialn (1), et ce que lui conteste
(1)R. Heidenhain, BemerkuDgcn ùbcr eiaige die Anatomie der Labdnisen betref* feude Punkte (Archiv fur mikroskojnsche Anatomiefi. VII, p. 239, 1871).