LYMPHATIQUES DB L'ESTOMAC
villosités de l'intestin de l'Homme et du Chien. On les remplit avec facilité de manière à les fixer imprégnés d'argent et déployés, en poussant une injection interstitielle d'un mélange de liquide osmiopicrique et de nitrate d'argent dans la sous-muqueuse gastrique d'un Chien qu'on vient de sacrifier.Toutefois, dans ces conditions les ampoules superficielles se montrent, pour la plupart, chiffonnées. Pour les observer à l'état de déploiement complet, il faut attendre que les muscles lisses soient devenus inexcitables. En revanche, les lymphatiques inter-glandulaires et ceux de la couche sou-sglandulaire, enfin ceux de la sous-muqueuse apparaissent déployés au maximum, lorsqu'on a opéré tandis que les muscles lisses intra-muqueux étaient encore vivants et excitables par l'action irritante du nitrate d'argent. On doit donc en conclure que la contraction des feuillets musculaires produit, dans les lymphatiques superficiels, une expression énergique qui les vide activement de la surface de la muqueuse gastrique vers la profondeur.
Au système des culs-de-sac inter-glandulaires superficiels, occupant l'épaisseur des bourgeons, fait suite un réseau à mailles irrégulières, larges et étroites sans règle, communiquant entre elles au niveau des couronnes des tubes ou dans les intervalles des tubes sécréteurs, et qui prennent en général une direction descendante. C'est le réseau de la zone glanduleuse. Puis, au-dessous des glandes, la plupart des capillaires lymphatiques acquièrent un gros calibre et décrivent au-dessus de la musculaire muqueuse de grandes mailles à direction tangentielle. C'est le réseau sous- glandulaire , bien décrit par Lovén (1873). Enfin, de ces grands capillaires à direction horizontale partent de distance en distance des canaux courts, qui traversent la musculaire muqueuse et vont se jeter dans les lymphatiques sous-muqueux, répondant au « roseau profond » de Teichmann (1).
Ce sont des capillaires lymphatiques énormes, dont la lumière est double ou triple de celle des plus grosses veines de la sous-muqueuse. Ils forment de véritables gouffres lymphatiques dans lesquels, comme en des troncs collecteurs, viennent de distance en distance s'ouvrir droit les canaux courts qui traversent la musculaire muqueuse. Ils longent, en rasant sa face externe, le plan de fibres longitudinales de la musculaire muqueuse, et décrivent au-dessous d'elle des mailles larges horizontales. De ces mailles, partent obliquement d'autres capillaires lymphatiques non moins énormes qui traversent la sous-muqueuse d'abord, puis les plans du muscle moteur général, pour gagner les lymphatiques sous-péritonéaux des deux courbures, lesquels sont en relation, comme on sait, avec un certain nombre de
(1) TsiCBMANN, Bas Saugader System,