‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 286 sur 489 · INTESTIN QRÊLB - (I£GUM — GROS INTESTIN · texte numérisé non relu

INTESTIN QRÊLB - (I£GUM — GROS INTESTIN

le confluent de toutes leurs sécrétions chez l'adulte. En outre, elle jouit des propriétés générales de l'intestin grêle qui lui fait suite: Entre les deux, il. y a une sorte de pénétration, lointainement comparable à celle de l'intestin antérieur dans la cavité stomacale de certains animaux, tels que le Cheval où l'épithélium intestinal ne commence d'exister que vers le milieu de la poche gastrique, par exemple.

B. Intestin ffréie ou |éiuno-iiéon . — Immédiatement au-dessous et en arrière du point d'abouchement, souvent commun, du canal cholédoque et du canal pancréatique, commence l'intestin grêle qui, lui, ne donnera plus naissance à aucune glande différenciée. Il y aura dans l'épaisseur de sa muqueuse seulement des cryptes, tels que ceux qui ne cessent pas de régner tout le long de la portion entodermique du tractus. Du fond de ces cryptes ne partiront plus de tubules ramifiés comparables à ceux constituant les glandes gastriques, pyloriques ou duodénales. Aucun d'eux, élargi en ampoule, ne recevra le produit de systèmes glandulaires disposés sous forme d'organes devenus distincts de l'intestin. L'intestin grêle développera, en revanche, au maximum le dispositif d'absorption par les vaisseaux sanguins et les chylifères. Il multipliera sa surface absorbante par une série de flexions morphologiques intéressantes : plis, fossettes, valvules spirales ou conniventes, organes lymphoïdes, etc.

C. Intestin exerétenr ou gros Intestin. — A l'origine de Cette portion terminale et devenue purement vectrice des déchets et résidus de l'alimentation, le tractus intestinal se renfle, chez l'Homme et chez nombre d'animaux, mais non chez tous, en une dernière et parfois vaste chambre que l'on appelle le cœcum. Chez le Cheval, par exemple, cette dilatation, de forme cylindre- conique, offre une capacité moyenne d'environ 35 litres (1). Il s'agit ici d'une véritable chambre cCeœhaustion. Les produits alimentaires y arrivent à l'état de pulpe semi-fluide ; au delà, ils apparaissent modelé$ en bols fécaux. Leur partie liquide a été absorbée dans la traversée du caecum. En regard de cette fonction, réduite chez les animaux qui se nourrissent exclusivement de substances animales (ne nécessitant pas une large insalivation et des boissons abondantes) et où la dilatation cœcale manque(2),on observe une énorme multiplication des appareils lymphoïdes. Ceux-ci sont parfois disposés d'une façon si serrée dans le diverticule de la chambre caecale, ou appendice iléo-ceecal, que la totalité de la muqueuse s'y trouve transformée en une multitude de

(1) A. Ghauvbau, Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques^ p. 373, fig. 118 et 119 (l^e édition).

(2) Milne-Edwards, Leçons sur la physioî, et Vanat, comparée de VHomme et des animaux, t. VI, p. 357.

INTESTIN BNTODERMIQUB PRIMORDIAL. 1333

follicules clos, occupant à la fois toute son étendue et toute son épaisseur.

Au delà du caecum, la structure de Tintestin se simplifie au maximum. On n'y trouve plus trace du dispositif absorbant : les villosités manquent. La surface interne de l'intestin et ses cryptes glanduleux ne sécrètent plus que du mucus. Il s*agit d*une portion du tractus jouant le simple rôle de conduit excréteur.

Mais toutes les différenciations que je viens d'indiquer sont absolument secondaires, ainsi que la subdivision du tractus en ses trois parties digestive ou duodénale, absorbante ou jéjuno-iléale, excrétoire enfin, répondant au gros intestin. L'intestin entodermique primordial avait une structure initialement uniforme et simple. Il importe de dégager le mécanisme des complications qu'il a subies pour se différencier en ses trois segments.

t:\ntmmamL entodermique primordial. — Chez un embryon deMouton de 12 à 15 millimètres, une coupe transversale de l'intestin entodermique faite à n'importe quel niveau, met en évidence la section d'un tube cylindroïde, à lumière régulière limitée par une rangée de cellules cylindriques de forme variable, arrangées sur certains points de façon à simuler un épithélium stratifié. Autour de ce tube épithelial, le mésoderme de la lamelle fibro-intestinale forme une masse parcourue par des vaisseaux sanguins en voie de développement. Ceux-ci forment un rets au-dessous et d'abord à distance de la mince vitrée qui porte l'épithélium. Au niveau de l'anse duodénale future, on voit, sous forme de diverticules de la cavité de Tintestin, l'origine des canaux hépatiques et pancréatiques. C'est tout; il n'y a, outre cela, ni rudiments de glandes^ ni plis.

Sur le fœtus humain du 3* mois (11 centimètres), il n'en est plus ainsi. Le muscle moteur intestinal s'est développé à distance du revêtement épithelial et entoure complètement l'intestin. Entre lui et la surface épithéliale prend place une formation de tissu conjonctif muqueux, parcourue par des vaisseaux sanguins du type fœtal dessinant un réseau concentrique à l'anneau musculaire. De ce réseau partent des bourgeons vasculaires qui, accompagnés par le tissu connectif, montent contre la ligne épithéliale et semblent la soulever en plis longitudinaux, saillant.» dans la lumière de l'intestin. Ces plis, en réalité, s'entrecoupent après un certain trajet. Ils interceptent ainsi des fossettes allongées. Les fossettes sont le premier rudiment des cryptes de Lieberkiihn ; les bourgeons qui les séparent sont le premier vestige des villosités. Fossettes et plis semblent de prime abord avoir été dessinés par un soulèvement tout mécanique de la ligne épithéliale par la végétation vasculaire, comme il arrive pour les papilles de la peau. Mais il n'en est rien (1).

(1) KôLLiKER, Mihroskopische Anat,, t. II, fasc. 2, I. Abth. 1852, p. 199

DËVËIX)PPEMBNT DES GLANDES INTESTINALES.

Développemeot général des glandes et des relèvements Inierglandnlaires de rinCesCin enfodermiqne . — Sur la paroi de l'estomac d'UD

embryon de Lapin de 21 millimètres et sur celle de l'intestin d'un embryon de Mouton de 40 millimètres, on observe exactement de la même façon le premier développement des formations glandulaires. L'épithélium de revêtement, formé de cellules délicates prenant l'empreinte les unes des autres, paraît de prime abord stratifié (fig. 871). C'est là une

simple apparence qui tient à ce que les cellules, toutes issues de figures mitosiques de juxtaposition, ont un dé veloppemen t i négal .

Les unes sont coniques, la pointe en haut; d'autres coniques, la pointe en bas. Ceci dépend de la façon dont se sont orientées les lignes de refend du protoplasma . Les noyaux se montrent superposés. Au milieu des autres, certaines cellules (et ce sont les superficielles) développent leur corps cellulaire en tête de clou et recouvrent à droite et à gauche les cellules plus basses. Le noyau de ces cellules superficielles donne, de distance en distance, une série de figures de division, tandis que la majorité des noyaux des cellules basses n^en donne pas. Ce mouvement aboutit à la production désertes de groupes flocculeux, formés chacun de cellules pyramidales qui font saillie comme des houppes au-dessus des cellules basses et cir-

pensa d*abord que les glandes, dont il étudia le premier développement dans la muqueuse stomacale de Tcmbryon humain, sont d'abord représentées par des bourgeons pleins s'enfon^ant dans le mésoderme, comme le font ceux des glandes cutanées et stomacales. Au contraire, Laskowsky, Ueber die Entvvicklung der MagenwanJ. (Acad, des Se, de Vienne, t. LVIII, fasc. 2, 1868) admit que les glandes sont dues, comme il le semblerait à l'inspection de la muqueuse du fœtus humain de trois mois, à des soulèvements de Tépithélium par les bourgeons connectivo-vasculaires. Brand arriva à la même conclusion (Beitràge zur Entwicklung der Magen und Darmwand, Wùrtsburger VerJiandlungen, 1877), tout aussi bien pour les glandes stomacales que pour celles du reste de Tintestin eadotermique. 11 admettait seulement que l'epithélium de revêtement est dès le début stratifié. Les idées de Brand ont été entièrement adoptées par Kollikrr, Entwicklungsgeschichte, 2 Aufl p. 851, 1879).

Fig. 871. — Coupe sagittale de la muqueuse de la petite courbure deVestomac d'un embryon de Lapin long de 42'"'". (D'après Salvioli.)

^, épithéliutn dont les cellules, en général disposées comme dos coins ou des cônes contrariés, paraissent de prime abord disposées sur plusicurn ran^^s ; — .««tn, ligne d'implantation de répilhélium à la surface de la couche mésoderniique, îT», de rintestin gastrique; — A, une cellule dont le corps s'est développé supertieiollemenl et donne une figure de division indirecte. — 640 diamètres.

Page 1