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ANATOMIE GÉNÉRALE DE LINTBSTIN

L'intestin proprement dit fait suite au pylore et se termine à l'union de l'anus et du rectum chez l'Homme et les mammifères. Dans ces limites il est, de par son épithélium, une formation exclusivement entodermique. Sa charpente connective et vasculaire et ses deux muscles lisses — l'un plus interne moteur de la muqueuse, l'autre plus externe constituant son moteur général — sont, de leur côté, exclusivement formés aux dépens de la lamelle flbro-intestinale de Tembryon.

SabdivtoloiM de l'intestin. -> A. Anse dnodénale. — A l'origine de

l'intestin proprement dit, au-dessous du pylore, on rencontre tout d'abord une région différenciée chez la plupart des vertébrés, tout comme l'est la chambre stomacale. Cette région répond à ce qu'on appelle* r « anse duodénale » chez les mammifères et les oiseaux. Il s'agit ici encore d'une chambre glandulaire, d'une portion de l'intestin entodermique qui, comme la portion initiale renflée en poche stomacale, est apte à différencier des organes sécréteurs d'une importance tout aussi grande que celle des glandes gastriques. Cette différenciation se fait également à l'origine sous forme de diverticules, de tubes ramifiés qui sont des expansions de la surface entodermique générale. Aux dépens d'un ou de plusieurs de ceux-ci prennent naissance le foie et le ou les pancréas. Ce sont là des formations constantes de l'intestin duodénal, constamment aussi modelées en organes distincts et qui ne sont plus contenus dans l'épaisseur de la paroi intestinale. De l'aptitude de l'anse duodénale à former des diverticules sécréteurs, résulte aussi le système des glandes duodénales ou de Bruaner. Mais celles-ci, spéciales aux mammifères, ne sont pas constantes ; de plus, leur type sécrétoire varie chez les divers animaux. Comme les glandes de l'estomac, elles sont constituées de façons diverses en rapport avec les variations du régime alimentaire. Elles sont également comprises dans

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l'épaisseur des parois de rintestin. Enfin, chez les poissons, l'anse duodénale émet des diverticules sacciformes plus ou moins arborisés et nombreux. Ce sont les « appendices pyloriques » dont on ignore la signification fonctionnelle, ce qui est également le cas pour les glandes de Brunner.

En réalité, la cavité du duodénum répond à une seconde chambre digestive (1) qui fait suite à l'estomac et où \iennent concourir divers produits de sécrétion jouant un rôle considérable dans la transformation des aliments ingérés. Parmi ces produits^ le suc pancréatique occupe le premier rang ; il est même le plus important des sucs digestifs. Il agit en efiet sur les albumînoïdes, les graisses, et les fécu* lents. Le rôle delà bile dans le complexus de la digestion intestinale ii*est pas moins essentiel. À ne se placer qu'à un seul point de vue : à savoir que la digestion duodénale s'opère en milieu alcalin tandis que la digestion stomacale se poursuit en milieu acide^ TafiBux biliaire peut et doit être considéré comme le régulateur nécessaire des actes digestifs duodénaux. Car selon qu'il est plus ou moins abondant, il neutralise ou non au degré convenable l'acidité du bol digestif venu de l'estomac. Il règle donc le chimisme duodénal.

Au point de vue morphologique, le duodénum se distingue du reste de l'intestin en ce qu'il est éminemment apte à former une série d'expansions de sa cavité, consistant initialement et essentiellement en des diverticules ou tubes disposés en doigt de gant et plus ou moins ramifiés. Outre les expansions de ce genre qui ont donné naissance au foie, au pancréas et aux glandes de Brunner qui, lorsqu'elles existent, sont elles aussi des glandes tubuleuses ramifiées, il émet chez certains poissons des appendices pyloriques formant un immense système de cryptes arborisés, groupant parfois deux cents culs-de-sac autour d'un nombre restreint de canaux collecteurs comme c'est le cas, par exemple, chez le Saumon et le Maquereau commun (Rathkb).

Le duodénum, tout comme l'estomac, est donc une région très particulière au point de vue [fonctionnel, et également individuelle au point de vue morphologique. Cette région présente aussi une particularité : c'est qu'à la fois elle est le siège de difierenciations glandulaires de premier ordre chez l'embryon, et qu'elle constitue

(1^ Chez certains vertébrés, le terme de « chambre duodénale » est d'aiileura justifié non seulement au point de vue fonctionnel, mais aussi à celui de Tanatomie descriptive. Au-dessous du pylore, Tintestin duodénal se présente en effet sous forme d*uDe dilatation en forme de poche ressemblant parfois à un petit estomac accessoire. 11 en est ainsi chez le Marsouin (Rapp., DieCetaceen, pi. VI,fig. 3), l'Hjperodoon (Homb, Ijectures of comparative anatomy^i. II, pi. XLI), le Chameau CtWrf.. pi. XXIV) et le Lama(BRANDT, Mém.de VAcad. des Sciences de Saint-Pétersbourg, 6* série, 1845, t. IV, pi. IV, fig. 3 ; pi. V et pi. Vil, ûg, 1).

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