GRANDS CYLINDRES D'AXE HORIZONTAUX DU PLEXUS BASAL
filament axile, d'une délicatesse infinie, s*arborise dans le plan du plexus basai en de grandes branches rubanées, massives, épineuses sur leurs bords, s'entre-croisant tangentiellement et formant d'immenses et larges mailles un peu au-dessous des pieds des cellules visuelles. De ces rubans cylindraxiles plats (qui répondent aux grands cylindres- axes horizontaux de la couche plexiforme de Cajal), partent des prolongements grêles interceptant des mailles curvilignes. Un grand nombre de ces mailles, qui par leur énorme délicatesse échappent totalement à la méthode du chroma te d'argent, sont manifestement fermées (fig. 643 — r). Du pôle opposé à l'émission du filament axile primitif, partent dans chaque grain des prolongements protoplasmiques perlés, qui s'étalent horizontalement eux aussi, mais ne se rejoignent pas. 11 y a donc là un réseau, ou pour mieux dire, des éléments de réseau, faisant communiquer par voie de continuité organique, des cellules nerveuses difiërentes.
Ce réseau est d'ailleurs établi par le concours secondaire des cylindres d'axe. Vers Y « ora serrata », là où il n'y a plus de fonction cono-bacillaire à diffuser, il n'y a plus de mailles fermées. Cellesci me paraissent donc constituer une disposition fonctionnelle acquise : probablement en vue de la diffusion en surface des impressions lumineuses, que d'autre part les bipolaires répondant aux bâtonnets transmettent par points aux cellules multipolaires du ganglion des fibres optiques.
Les grains nerveux à expansion cylindraxile ont donc morphologiquement la signification de cellules nerveuses à action personnelle' probablement réduite, mais la distribuant, d'emblée pour ainsi dire, à une multitude de cellules nerveuses ganglionnaires d'une même région parfois très étendue. C'est ainsi que chacun des grains du cervelet influence du même coup toutes les cellules de Purkinje d'un même pli cérébelleux. Dans le plexus basai rétinien, une diffusion du même ordre peut s'opérer. Mais en outre, en se mettant en relation les uns avec les autres parla continuité secondairement acquise de leurs subdivisions cylindraxiles, tous les grains nerveux du même ordre ou seulement certains groupes d'entre eux arriveront à s'influencer les uns les autres et à sommer leur action de diffusion sous une forme homogène. La théorie tout à fait exclusive du neurone n'admet pas ces faits. En revanche, chacun saisira leur portée physiologique considérable.
Les grains qui, en particulier dans la rétine, constituent les cellules bipolaires destinées soit aux bâtonnets, soit aux cônes, constituent
qu'on voit avec le chromate d*ai'gent. On monte dans la glycérine salée saturée de bleu de méthylène et de picrate, puis filtrée. (Ces préparations sont persistantes pendant deux ans environ).
GRAINS AMâGRINES. 697
des intermédiaires entre les formes de grains nerveux précédentes et celles que je vais décrire maintenant. Il est évident, en effet, que celui de leurs pôles qui confine à Tépithélium sensoriel émet une arborisation formée de filaments réceptifs ; et que le prolongement du pôle opposé donne naissance à une arborisation distribuant le mouvement ceUulifuge. Ce dernier prolongement a donc la signification fonctionnelle d'un cylindre d'axe, bien qu'il ne soit pas reconnaissable comme tel de par ses caractères histologiques.
Gralim HerYenx ■'émettant pas de eyllndreu d'axe t § ralns ama-
rrinee. — Ces grains nerveux sont extrêmement nombreux dans les centres. Ils y sont, d'ordinaire, disposés soit tangentiellement, soit dans le sens radial; avec leurs prolongements tous tendus dans l'enchevêtrement des filaments protoplasmiques des cellules ganglionnaires ordinaires. Ce sont ceux-là que j'ai pris, dans la rétine, pour tj'pe de ma description histologique des grains et de leur capsule. Un grand nombre d'entre eux sont bipolaires et font communiquer, par les contacts adhésifs de leurs expansions qui sont toutes du type protoplasmique, les cellules nerveuses entre elles dans une même assise ou dans des assises superposées d'une même formation ganglionnaire. D'autres, bien que de plus petite taille que les bipolaires, sont multipolaires et se rapprochent des cellules ganglionnaires en ce que celui de leurs pôles qui émet des prolongements les projette souvent à l'origine sous forme de branches épaisses ou rubanées, le plus souvent curvilignes, semblables aux branches protoplasmiques des cellules nerveuses ordinaires. Je n'ai jamais vu les prolongements de ces grains ni former des réseaux sur les limites de leurs territoires d'extension comme le dit Dogiel, ni se rassembler pour constituer un filament axile primitif. Ils sont tous tendus comme des cordes, se divisent et se subdivisent sans cesser d'être tendus, et s'engagent en fin de compte dans la substance moléculaire après avoir perdu la propriété de fixer le bleu de méhylène.
La forme la plus remarquable, et aussi la plus instructive de grains nerveux que je connaisse répond à ce que j'ai appelé les a spongio blastes à prolongements rectilignes » de la rétine. Dans la portion moyenne et surtout externe du plexus cérébral, au miheu ou dans la région de ce plexus confinant à la couche dite granuleuse interne, on voit des grains colorés énergiquement par le bleu de méthylène injecté sur le vivant. Ils ont une capsule en calotte très nette recouvrant Tun des pôles du corps cellulaire ovoïde. Ils émettent sur le pôle opposé, tangentiellement, d'immenses prolongements rectilignes qui filent droiten divers sens dans le plan de la membrane, en se branchant à angle droit, aigu ou obtus pour pousser des rameaux et des ramusculesqui sont également tendus exactement, et dont on ne voit pas la fin. L'imprégnation par le bleu, qui se fait par des sortes de taches ou
fl0Q GRAINS A PROLONoaMENTS HECTILlGNES.
de flaques, forme des îlots très étendus, mais qu'ils dépassent. Ils filent comme des fibres de toute longueur, en eflectuant des croisements au contact entre eux^ o« des accolements parallèles étroits qui rendent
FiG. 644, — Grands grains D^rveux h prolongé miïti ta rectiUgnea de la partie externe du plexus eeréhrâl de In rétitie du Lapin. — Bleu de mélhylcne injecté ^ur le Tivant (voie artérielle). Fixation par Je sublimé. Conporvatioa dans la gljcériue. — (Giambre claire, projet- tiûu sous le aval, Ocul, 1, obj. 5 de Leitz.)
G G, ^ralQK dont Ion loiig^H prolcuigemoniA ra^iULignei ou eoud^s à aaKl*» vif vont li de ^dadea 4lalaD£ï«i, tiu lâÎD d« riotrication p^rlAa ip; — oa^, uii« brancha unhaint <^ci deax gruïHM GO (flILv A ètè suivlti tout du long avoc au bad objectif apocbromMitluft d« Zeisa); -^ cg^ cg^ c«Uuifi4 miiUipolnires.
Sur rintrkftiiou perlèi; et l«s proloagemanta r«ctilLga«B ûmt greias^ les p«rl«B le moutreal jm at^ui fornie d« paltt* b«urg«ont latéraux.
difficile à résoudre la question de savoir s'il existe entre eux des conjugaisoûS ou non (fig. 044),
De pareils éléments constituent un système évident de mise en relation d'un grand nombre de filaments protoplasmiques de cellules ganglionnaires, bien qu'aucun de leurs prolongements n'apparaisse