‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 28 sur 489 · CAPSULE DES GRAINS RÉTINIENS · texte numérisé non relu

CAPSULE DES GRAINS RÉTINIENS

hyalin, est toujours de petite taille et présente une configuration ovoïde. Un autre caractère majeur, c'est que les prolongements partent toujours tangentiellement de cet ovoïde, le corps étant plus ou moins rejeté sur un côté, même dans les grains qu'on a l'habitude de désigner sous le nom de grains bipolaires. Ces grains sont très nombreux à côté des grosses cellules nerveuses multipolaires du ganglion du nerf optique dans la rétine, et l'on peut les étudier facilement. Ils répondent à des cellules dites « amacçjnes ». Les prolongements partent en sens inverse d'une des faces du corps cellulaire légèrement excentrique ; puis, à une distance courte ou longue, ils se résolvent en une arborisation de minces filaments qui filent au loin et qui sont toujours exactement tendus. Sur la face opposée, on voit se soulever la capsule, ou plutôt une demi -capsule comparable à un verre de montre posé sur une sphère comme une calotte. Elle fait corps avec le protoplasma du grain sur le point de raccordement avec les prolongements. C'est donc bien là une formation du neurone figuré par le grain, contenue avec le corps de ce dernier dans la petite loge fournie aux grains par les expansions membraneuses bien connues des fibres de soutien (1).

Là ou j'ai pu les étudier, les grains multipolaires, unipolaires ou à longs prolongements rectilignes se sont toujours montrés avec les mêmes caractères, et munis d'une petite capsule disposée comme je viens de le dire, toutes les fois que le bleu de méthylène les a colorés après injection intra-vasculaire opérée sur le vivant. Quant à la configuration générale, elle peut au contraire varier suivant les points du système nerveux central ou de la rétine. Je n'indiquerai ici que les types principaux.

Grmîma profetast un tUament axile primitli. — Dans le « Stratum

granulosum » de la circonvolution godronnée de l'Homme, du Chien, du Lapin, etc., les grains ont exactement, comme je l'ai dit plus haut, la constitution d'une cellule de Purkinje en ce qui regarde l'arborisation protoplasmique très riche et touffue sur un pôle du grain, et le filament axile primitif émis par le pôle opposé. Les ramuscules de Tarborisatiou protoplasmique s'engagent dans une gaine de givre de BoU après un certain trajet ; de ce chef ils paraissent granuleux. Il s'agit donc de véritables cellules nerveuses dont le corps cellulaire ne s*est pas développé, mais en dehors de là reproduisant entièrement le type arboriforme (voy. fig. 641).

Il en est même des grains décrits par Golgi, puis plus complète-

(1) J. Rknaut, Gontrib. à Tétude de la constitution, de Tarticulatiou et de la conjugaison des neurones ^Con^ré^ £^5 méd.aliénistes et neurologis tes, Bordeaux, 1895, séance du 2'août).

694 OHAINS DBS CIRCONVOLUTIONS CÈRÊBELLErSEa.

ment étudiés par Cajal (1) dans la couche granuleuse de Técorce du cervelet. Le chromate d'argent montre que, par leur pôle profond, ils émettent une très courte arborisation protoplasraique. Du pôle superficiel se dè^^age un long filament indivis équivalent k un cylindre-axe, lequel monte droit dans la couche moléculaire » puis s'y diviise en deux branches. Celles-ci filent dans l'axe du pli cérébelleux (ou lamelle cérébelleuse), en contractant une série d*appuis sur les ramuscules des arborisations j^rotoplasmiques des cellules de Purkinje. Comme, ainsi que Ta fait voir Stikda (2), ces arborisations s'étalent à la façon d'espaliers en ^ray(?r5 du pli cérébelleux, il eu résulte que les branches de division en T d'un même grain peuvent s'articuler, tout le long du pli, par le ipécanisme des appuis adhésifs avec une multitude de cellules de Purkinje. De plus, les divisions en T des filaments axiles des grains s'opérant à diverses hauteurs dans la couche moléculaire, il s'ensuit qu'une seule et même cellule de Purkinje peut être mise en relation avec une multitude de grains cérébelleux, dont les fibres parallèles touchent chacune un point différent de son arborisation protoplasmique. Latéralement sur les limites de chaque pli cérébelleux, les fibres nerveuses parallèles résultant de là division en T du filament axile des grains se poursuivent, en demeurant toujours indivises, jusqu'au voisinage de la substance blanche, qu'elles touchent presque. Mais en réalité elles prennent fin dans fa substance moléculaire, en s'y attachant par une sorte d'épaississement terminal*

Une disposition tout à fait analogue existe au sein du plexus basai de la rétine des mammifères* Parmi les nombreuses cellules disposées en ordre régulier au sein de ce plexus et rapportées par les auteurs à des éléments de soutien (cellules basales ou du « fulcrum tangentiel »), il en est un certain nombre qu'imprègne le bleu de méthylène injecté sur le vivant. Ce sont donc là des cellules nerveuses et, en réalité, des grains bipolaires particuliers (3). Leur corps cellulaire a la

(1) Cajal, Les nouvelles idées sur la structure du sijstème neriieux ch£^ V Homme et ks tertébn^s (éditimi françûise, p, 33, 1895).

(2) Stjeda, Zul- vci'gleii^lieuileD Anatomie und Histologie des Cerebellum (Arch. f. Anaiomie u, Physiolùgie^ \u 407, 181^4).

(3) Pour mettre eu évidence le i ést^au de mailles fermées sur nombre de poitiU, Liilei'eepté par \^^ grands cyliudres-axes horizontaux des giains piriformee du plaxua hasal de la retins, il convient de ÛKer les préparatioûs faites au bleu de mélbylène (piir injection aortique sur le vivant) à Taide de la solution conoetili'ée de picrate d'anmiomaque dam la chambre humide, en présence des vapeurs d'iode. Pour cela. Oïl dispose In prépaz'atjon ^kiy une échelle de Malnsî^ez \ on dépose h sâ surface une goutte do ^luti on saturée de picrate d'ammoniaque. Sur réchelon au-dessus d Vile ^ on place one antre lame porte -objet sur laquelle ûd a déposé une série de grosses gouttes de solution iodée de Qram. Où recouvre d*une cloche* Au bout de qnelquea Jours, la préparation est devenue d'un bisti c elaîr, avet^ des taches présentant ud oclat doré.

GRAINS D0 PLEXUS BASAL DE LA RETINE.

forme d'une poire dont l'origine du cylindre d'axe primitif représente la queue. A la suite de ce cône d'émergence absolument typique, le

FiG. 643. - Assise la plus externe, doublant le plan des cellules yisuelles de la rétine du CSochon d*Inde et montrant les petites cellules horizontales improprement appelées baeales. Injection de bleu de méthylène sur le vivant, par le cœur. Fixation par le picrate d*ammoniaque dans la chambre humide en présence des vapeurs d'iode pendant 48 heures. Conservation dans la glycérine saturée de picrate d'ammoniaque, puis de bleu de méthylène. (Project, à la chambre claire sous Tocul. 2 et Tobj. 7 de Nachet). La photogravure a fortement réduit le dessin original.

a, ceUale émettant un long cylindre- axe horizontal qui ceaee d'être imprégné an niveau de •on segment perlé ; — a^ cellule dont on ne voit pas partir de oylindre>axe ; — a" cellule émettant un cylindre-axe court par un de ces côtés : ce cylindre-axe, qui monte droit sur un bref trajet, se divise en branches d* abord grêles, puis dont certaines deviennent épaisses et èpir neosea et aussi eurviliges (cylindre-axe horizontal). Des épines partent des âbrilles d*une énorme (léli«-ate8se entrant dans la constitution d*un rets général présentant sur nombre de points des concours par appuis adhésifs, mais aussi en r des mailles ferméet; -« b, branches courbes des cylindres d'axe horizontaux; — p,;», branches perlées.

Dans l^trication rétiforme s*emmélent des branches perlées et d*autres qui ne le sont pas. Certaines branches sont perlées dans une portion de leur parcours et lisses dans d^autres. —A gauche de Tobservateur, un filament nerveux venu du plexus cérébral vient s*arboriser et concourir A la formation du rets étendu sous les pieds des cellules visuelles.

r^)ondant aux points où Timprégnation a bien réussi. Les cellules nerveuses sont colorées en bistre foncé ainsi que leurs prolongements, poursuivis bien au delà de ce

Page 1