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RÉSOLUTION DBS STRIES DU PLATEAU EN BATONNETS

un seul de leurs pôles ou parfois même sur deux points opposites de leur surface, portent des cils extrêmement longs et ténus. Certaines de ces masses ne renferment, pas de noyau : ce sont de simples bourgeons protoplasmiques ciliés. Sur la muqueuse du Cochon d'Inde irritée par l'acide osmique et sur celle du Lapin mise en activité par le sulfate de magnésie, Heidenhain a constaté que les « Haarzellen » se détachent, comme des bourgeons, de la ligne épitlié-* liale de l'intestin. 11 a aussi reconnu que l'injection du sulfate de magnésie faite après la mort ne détermine plus la production des « cellules chevelues ».

Je ne puis me prononcer ici sur la nature de ces formations énigmatiques, dans lesquelles le mouvement ciliaire n'a d'ailleurs pas été constaté par Heidenhain. On sait toutefois qu'au début du coryza, les cellules à cils vibratiles peuvent donner naissance à des formes métatypiques tout à fait analogues, observées par Ranvier (1 ) il y a nombre d'années et sur lesquelles Curt. Schmidt (2) a, de son côté, attiré l'attention. Dans les deux cas, il s'agit d'un élément épithélial ramené à l'état embryonnaire; et le fait a été constaté expérimentalement pour les bourgeons ciliés des cellules de la muqueuse de Schneider par Ranvier, jouissant de propriétés amiboïdes en même temps qu'ils ont conservé une différenciation très haute : le mouvement ciliaire. Le dégagement des bâtonnets du plateau des cellules épithéliales de l'intestin, leur croissance sous forme de longues soies délicates en même temps que la cellule elle-même est ramenée à l'état embryonnaire par l'irritation, constitueraient des modifications tout à fait du même ordre que celles éprouvées dans des conditions analogues parles cellules épithélialesà cils vibratiles des voies aériennes.

Il faut conclure de tout ceci que l'opinion qui fait du plateau strié des cellules intestinales une sorte de « filtre très fin » parcouru par des canaux poreux (3), est plutôt la conséquence de vues a priori ou purement physiologiques, que celle des faits qu'on peut constater bis tologiquement. Sur le plateau strié considéré en tant que « filtre », on sait deux choses. La première est connue de tout le monde: c'est que, lorsque l'intestin renferme de la graisse émulsionnée et que les cellules épithéliales qui ont commencé h l'absorber montrent la zone supranucléaire de leur protoplasma bourrée de granulations graisseuses, on n'en trouve jamais aucune engagée dans le plateau strié. En second

(1) L'. Ranvier, Traité technique d'Histologie (2» édition, p. 198), La fig. 74 de Ranvibr est remarquablement analogue aux figures de « Haarzellen » publiées par Heidenhain.

(2) GuRT.ScBMiOT, Ueber eigenthiimliche, aus dem Flimmerepithel hervorgehende Gebilde (Arch, f. mikr, Anat,, t. XX).

(3) Ranvier, Des cbylifères du Rat et de Tabsorption intestinale (Comptes rendtts de l'Acad, des Sciences^ p. 621, 19 mars 1894).

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