CELLULES LYMPHOIDES — CELLULES ROUGES
plasma abondant autour du noyau. Ce sont des macrocytes. Le protoplasma est rempli de granulations brillantes et arrondies que le picrocarminate d'ammoniaque colore en jaune d'or comme les grains de zymogène, mais qui diffèrent de ceux-ci en ce que Téosine les laisse incolores au sein de la masse protoplasmique, qu'elle teint en rose. Ce sont les cellules lymphoîdes granuleuses. Leur npmbre est très grand. Déplus, elles viennent avec prédilection s'accumuler autour du lymphatique central. On en trouve une ou deux rangées en dehors de la ligne èpithéliale qui, à elle seule, forme la paroi du chylifère. Là, souvent elles se touchent touies comme si elles étaient venues s'y presser. Ailleurs, elles sont réunies par îlots ou bien disséminées au milieu des cellules migratrices. Entre elles et ces dernières, on trouve tous les intermédiaires. Il s'agit donc de cellules lymphatiques errantes, qui se sont fixées dans le parenchyme de la villosité et qui y exercent des actes d'ordre sécrétoire, aboutissant à la formation d'un matériel de granulations particulières au sein de leur corps protoplasmique de plus en plus développé. (Voy. fig. 882, cl^e'V.)
Les cellules de la seconde variété sont beaucoup moins nombreuses que les précédentes. Elles répondent sans doute à certains des « phagocytes » de Hbitzmann (1) et de Heidenhain (2). Un point sur lequel je dois appeler l'attention, c'est que leur protoplasma, réfringent et homogène comme celui des « cellules rouges » de la moelle des os, fournit les réactions histochimiques de l'hémoglobine. 11 se colore en rouge brique lumineux par l'éosine et en rouge orangé avec éclat gras par le picrocarminate d'ammoniaque. Le noyau de nombre d'entre elles est bourgeonnant et contourné en boudin, comme celui des cellules décrites dans la moelle rouge des os par Bizzozero. Certaines renferment des globules rouges qu'elles ont captés et qu'elles sont en train de transformer. Sur d'autres, on voit ces mêmes globules inclus, morcelés et déjà en partie digérés. Les cellules rouges des mllosités sont donc des éléments destructeurs des globules sanguins. 11 est même probable qu'elles les saisissent et les transforment très rapidement, au fur et à mesure qu'ils tombent dans le tissu conjonctif ensuite des diapédèses continuelles dont le parenchyme des villosités est le théâtre . Car, chez le Chien, où la présence d'innombrables cellules migratrices vraies (microcytes) tant dans le tissu connectifque dans le revêtement épithélial accuse un incessant mouvement diapédétique accompagné, ici comme partout ailleurs, de l'issue hors des vaisseaux d'un certain nombre de globules rouges du sang, je n'ai pour ainsi dire jamais rencontré de globules rouges libres dans le parenchyme des villosités. Tous sont englobés par les cellules rouges.
(1) C. Hbitzmann, Zur Geschichte der Diinndarmzotlen (Sitzungsberichte der Wiener Akademie, t. LVIII, p. 23).
(2) Heidknhmn, loc, ctï., p. 41.