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LA LIMITANTE AU NIVEAU DES VILLOSITÉS

à demi dans la membrane propre sont demeurés embryonnaires (villosités du Rat) (1) et que leur paroi protoplasmique extrêmement

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FiG. 882. — Coupe sagittale de la partie moyenne d\me villosité de Tintestin grêle du Chien dépouillée de son revêtement épithélial, et passant par l'axe du cliylifère central sauf en haut de la figure, où l'on voit de fi'ont la paroi de celui-ci doublée d'un amas de cellules lymphoïdes pressées les unes contre les autres.

chy^ rhylifère central; — ec^ ondolhéliura du chylifère ceniral; — cl^ cellules lymphoïdes accuinul(^es aulo\ir du cliylifère : en c' l\ répondant à la, surface du chylifère, on les voit de fronton onlre si^rré; — f<:, tissu conjonctif du parenchyme de la villosité; — ce, cellules fixes <lo ce tissu conjonctif et p.cc\ leurs prolongements : Teusemble des cellules et de leurs prolonpoments réalise une ordonnance sr-alariforme «lu parenchyme de la villosité { — m, m, m, muscles de Briii'ke; — r, r,r', linjitante do la villosité, formant la surface d'implantation de répilhélium de revètenionl de celle-ci; — 5,s, capillaires sanguins faisant corps avec Is limitante; — cm, cellules migratrices; — cg, cellules lymphoïdes granuleuses

Fixation par lo sublimé, coloration au pioro-carminate. Obj. 5, ocul. S de Nachet. Chambre claire.

mince n'a pas de noyaux du côté de la surface, on est amené à conclure qu'il existe ici un dispositif tout particulier, vraiment com-

(1) L. Ranvier, Des chylifèies du Rat et de Tabsorption intestinale (Comptes rendus de V Académie des Sciences, p. 621, 19 mars 1894).

PARBNCHYMB DES VILLOSITKS. 1367

parable à celui qui existe dans l'alvéole pulmonaire et à celui que je décrirai plus loin dans le glomérule du rein. Ce dispositif réalise un dialjseur très délicat, d'épaisseur aussi réduite que le comporte la nature des éléments anatomiques dont il est formé, et devenu aussi perméable que possible à la diffusion, par le maintien tant de la vitrée que de la paroi vasculaire à l'état embryonnaire.

C. Parenchyme de la villosité, — Le parenchyme de la villosité, constitué par le tissu conjonctif renfermant ses vaisseaux sanguins et lymphatiques, et les travées de son réseau musculaire formé de fibres lisses, présente également des caractères embryonnaires. Dans toute la portion supérieure, renflée et véritablement active au point de vue de l'absorption par les villosités, il n'y a pas un seul faisceau de tissu conjonctif ni une seule fibre élastique chez le Rat (Ranvier) (1); j'ajouterai qu'il n'y en a pas davantage chez le Chien. De la couche des grandes cellules rameuses, doublant la ligne de surface, part un réseau de cellules connectives transversales, croisant droit l'axe de figure de chaque villosité. Ce réseau est d'autant plus serré qu'on se rapproche du pied de la villosité, d'autant plus lâche et délicat qu'on remonte de là vers sa tête renflée. — C'est un réseau muqueux type.

Toutefois ce réseau, par son ordonnance régulière, me paraît appartenir au tissu conjonctif modelé. Les corps des cellules sont étirés dans le sens transversal. Ils forment par leur réunion des étages et comme des feuillets réguliers, reliés entre eux suivant la hauteur par des prolongements protoplasmiques plus grêles. De là, sur les coupes axiales l'aspect d'échelons afiecté par les cellules connectives entre les vaisseaux ascendants et les fibres musculaires comme l'indique Heide*- NHAiN (2). Il s'agit ici initialement, en efi'et, d'une formation de tissu connectif modelé, telle qu'on la trouve dans les replis de la muqueuse de rerabryon du 3*" mois, telle qu'elle demeure dans les replis de l'intestin des amammaliens,* telle aussi qu'elle reste dans les bourgeons interglandulaires de la muqueuse stomacale. Mais, tout en gardant son type, ce tissu connectif modelé s'est adapté au sein des villosités a son but fonctionnel, qui est de servir de milieu h l'absorption. Il a perdu toute sa trame connective. La substance fondamentale est elle même devenue tout à fait fluide, légèrement trouble et présente les réactions histochimiques d'une gélatine extrêmement hydratée. C'est ce milieu que parcourent les vaisseaux, les fibres musculaires lisses, les nerfs de la villosité, et qui renferme une multitude de cellules lymphatiques présentant elles-mêmes plusieurs variétés.

(1) L. Ranvier, loc, cit., p. 622-623.

f2) Heidenhaln, Beitrii^^e z. Histologie und Physiologie (1er Diinndarrasch leimhaut (Pflûger's Archiv., p. 36, suppl., i888).

STROMA DES VILLOSITES — CELLULES LYMPHATIQUES.

. Ces cellules lymphatiques sont tellement nombreuses, même hors des périodes de la digestion chez le Chien, qu'elles masquent parfois entièrement le dispositif scalariforme des cellules connectives. Elles occupent les espaces intercellulaires sans toutefois se toucher sous pression de façon k se déformer . Ceci tient à ce que ces espaces sont occupés eux-mêmes par un liquide au sein duquel elles se meuvent librement. Mais toutes ne sont pas des cellules migratrices. Celles-ci

sont très nombreuses (l),et reconnaissablés à leur noyau de forme bizarre entouré d'une zone mince de protoplasma hyalin. Ce sont les cellules migratrices qu'on rencontre en abondance, sous la ligne de surface, entre les pieds des cellules cylindri ques, leurs planscôtés ou dans de petites thèques comprises entre ces mêmes pieds. Dans les villosités elles ne fenêtrentpas, ne découpent et ne déforment pas largement les cellules épithéliâles comme on le voit au niveau des têtes des follicules clos et dea glandes de Lieberkiihn engagées dans la marge de ces follicules. Ce sont là des cellules du groupe aberrant.

Un grand nombre d'autres forment, dans la villosité, des colonies di éléments lymphatiques sédentaires improprement désignés sous le nom de « cellules fixes » par Heidenhain. Ces éléments particuliers travaillent sur place. Parmi eux, j'ai surtout distingué deux variétés importantes chez le Chien (fig. 883).

La première consiste dans des cellules à noyau arrondi et à proto-

Fig.

le

883. — Cellules de la série lymphatique occupant parenchyme des villosités intestinales du Chien (duodénum), prises sur diverses villosités fixées par le sublimé, puis coupées au microtome après inclusion à la paraffine et colorées par le picrocarminate ou l'éosine hématoxylique. — (Ocul. 2, obj. 9 à immen. hom. de Nachet ; chambre claire.)

a^a'^a^t ceUules It/mphoides granuleuses^ dont le protoplasma est bourré de granulations que le picro- carminate teint en jaune d*or ; — 6, cellule rouge à noyau contourné en boudin, et dont le protoplasma, coloré en reuge brique lumineux par Téosine bématoxyliquc, est chargé d'hémoglobine empruntée aux globules rouges captés et détruits; — b\ 6\ 6'", cellules rouges renfermant des globules rougos captés et plus ou moins altérés; — m^vrif cellules migratrices ordinaires emportant des fragments de globules rouges.

(1) Eberth, Wui*zburger naturalwissenschaftliche Zeitschrift, p. 23, 1864).

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