MUSCLES LISSES DES VILLOSITÉS
général. En réalité, elle lui est toujours reliée par son pied, occupant celui-là même de la villosité considérée.
Le pied rétréci de chaque villosité est parcouru, chez le Chien, par un réseau de fibres lisses formant sur une courte hauteur un rets à mailles allongées et relativement épaisses. C'est là un feuillet fenêtre , constitué par des rubans de cellules musculaires qui passent et repassent d'un ruban à l'autre. Dans ces rubans, les fibres lisses sont parallèles entre elles et disposées sur une seule rangée, soudées entre elles par le ciment intercellulaire comme dans la paroi d'une artériole, à la direction près. Le feuillet fenêtre entoure le pied du chylifère central, et les vaisseaux sanguins afférents s'engagent dans ses mailles. Il en part des pinceaux ascendants de fibres musculaires lisses qui montent dans la villosité, et des faisceaux descendants dont la pluj^art prennent un trajet oblique tangentiel à la surface générale de la muqueuse, puis se continuent avec le réseau musculaire de celle-ci.
De leur côté, les fibres musculaires ascendantes forment des rubans de cellules musculaires lisses dont les unes, plus voisines de la ligne épithéliale, continuent pendant un certain parcours à intercepter des mailles de plus en plus allongées, et dont les autres, groupés en plusieurs faisceaux longitudinaux sur le pourtour du chylifère central, ne communiquent plus que peu ou point du tout entre eux. Ce sont des faisceaux musculaires parallèles ettous ascendants. Chemin faisant, les uns et les autres dégagent des travées musculaires minces qui montent obliquement et qui, parfois réduites aune seule et longue cellule musculaire, vont s'insérer à la limitante, entre les capillaires ou sur la paroi de ces vaisseaux engagés dans le tissu conjonctif de la villosité. Là, ils se terminent par de petits élargissements en entonnoir renversé que Heidenhain (1) considère à tort comme des fibres tendineuses spéciales. Il ne s'agit ici certainement point de faisceaux conjonctifs et pas davantage de fibres élastiques, mais bien d'une substance fondamentale particulière, prolongement de celle qui constitue le ciment inter— cellulaire des travées, et des rubans musculaires formés de plusieurs cellules parcourant le tissu conjonctif de la villosité. Au sein de ce dernier, les fibres musculaires servent d'appui aux expansions des cellules conjonctives qui croisent, en général, transversalement leur direction. Ces mêmes cellules s'ordonnent régulièrement par rapport aux travées musculaires les plus épaisses comme pour leur former des gaines, disposition sur laquelle a insisté Basgh (2). — Au niveau du renflement répondant k la tète de la villosité, les fibres musculaires reforment un réseau de mailles enveloppant l'ampoule terminale du
(l) R. Heidknhain, loc. citât. ^ p. 3'i.
(2J Basch, Die ersten Gliylusweij^e und die Fettresorptioii (Sitzungher, der Wiener Akad. math, natU7'io. Classe, t. LU, faac. 2, p. 621, 1870).