MODE D'ACTION DES MUSCLES LISSES. JS^S
chylifère, comme Ta indiqué Mall (1). Mais tout aussi bien que les fibres montantes longitudinales, ce réseau envoie une série de trabécules musculaires s'insérer sur la ligne épithéliale. Celle-ci devient de la sorte solidaire des muscles dans toute l'étendue de la villosité et sur tout son pourtour.
La mise en jeu de ce petit appareil musculaire modifie la forme de la villosité et exprime son contenu vers sa base.
1*» Le sens prépondérant de toutes les fibres étant parallèle à la hauteur de la villosité, leur contraction raccourcit celle-ci. Elle lé fait en télescopant la villosité sur elle-même comme une lunette qu'on replie. Les plis sont tous transversaux, perpendiculaires à la hauteur de la villosité. Sur les coupes de celle-ci faites bien dans son axe, la ligne épithéliale devient élégamment festonnée. Elle semble porter une série de groupes fiocculeux dont le pied répond au sommet de chaque pli. Là, les cellules cylindriques sont allongées et groupées en éventail. Leur surface, à ce niveau, se développe et s* étend pour V absorption. Les intervalles de ces déploiements successifs répondent au fond des plis et aux insertions sur la limitante d'un pinceau défibres lisses. Ces insertions se font probablement toutes à la même hauteur pour un même étage de la villosité: du moins, la direction exactement transversale de tous les plis régnant avec une épaisseur égale tout autour de la villosité suppose une telle insertion, bien qu'elle ne se montre pas histologiquement avec évidence. Ici donc, une observation physiologique vient au secours de l'analyse histologique.
2° En même temps que la contraction musculaire étale au maximum la surface épithéliale au-dessus des plis, elle vide le chylifère central. Par rapport à ce dernier, l'appareil musculaire constitue une bourse contractile dont le fond, disposé en réseau enveloppant, exprime l'ampoule terminale du lymphatique et chasse son contenu vers le réservoir basai. En même temps, le chylifère se raccourcit par la contraction de ses fibres musculaires longitudinales satellites. Enfin, comme sur le pied de la villosité toutes les fibres musculaires s'écartent, pour passer tangentiellement dans la muqueuse, en dessinant une sorte de cône ouvert en bas traversé par le chylifère, leur contraction s'opère à ce niveau de façon à ouvrir à plein débit ce chylifère avec lequel elles font corps. Cette disposition des fibres musculaires à l'union de la villosité avec la couche glandulaire de la muqueuse, explique tout naturellement ce fait que jamais, sur le pied d'une villosité revenue au maximum sur elle même, on ne voit la lumière du chylifère effa-
(1) J.-P. Mall, Die Blut und Lymphwege in Dunndarm. des Hundes (Abth, d, math.'physik. Classe d. Kônigl, Sâchs. Qesellsch.d, Wissenschaften zu Leipzig, t. XIV, n» 4, 1887).
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