TROUS DE LA UGNE DES PLATEAUX STRIES
folliculaire, là où il n'y a point de thèques, l'imprégnation d'argent dessine un revêtement épithélial continu, répondant à la ligne des plateaux. Latéralement, là où les thèques commencent à devenir nombreuses, on voit dans la ligne des plateaux des trous, analogues à ceux répondant dans Tépithélium ordinaire aux cellules caliciformes, mais beaucoup plus grands et légèrement polygonaux. Enfin un peu plus loin (c'est-à-dire dans la partie répondant au col), ces trous se sont multipliés au point de donner à l'imprégnation upe véritable ressemblance avec celle d'un épiploon en cours defenêtration.
Entre les trous devenus très voisins les uns des autres , régnent des traînées montrant un dessin épithélial parfaitement régulier, mais formé de polygones plus grands que là où il n'y a point de thèques (flg. 889).
Sous un fort grossissement, on voit que les traînées répondent aux groupes de cellules cylindriques occupant, comme des cloisons , les intervalles des thèques. Les traits d'imprégnation se poursuivent sur les plans- côtés de ces cellules dans chaque groupe. De plus, profondément, on voit ces traits d*iraprégnation des plans- côtés se continuer, sur le plancher des thèques petites ou grandes, avec un dessin d'apparence endothéliale, à traits fins et un peu sinueux, parfaitement continu à la surface de la limitante folliculaire. Ce revêtement répond à la ligne d'imprégnation des pieds des cellules fenêtrées.
Les thèques sont donc en communication avec la cavité de l'intestin par des trous de la ligne des plateaux striés répondant à leur voûte. Elles sont, au contraire, fermées du côté du tissu conjonctif par la ligne des plateaux basaux, extrêmement élargis et devenus si minces
KiG. 889. — Union du sommet et des parties latérales de la tête d'un follicule clos de Tintestin du Lapin ; imprégnation de Tépithélium par le nitrate d'argent. Coupe tangentielle à la surface.
E, épithélium Doa modifié et formant un revÀtement continu; — T,T, f, trous formés par les cellules migratrices; — E\ imprégnation des plateaux des cellules épithcliales occopant les intervalles des trous et rappelant la disposition des travées épiploïques. (Il importe de remarquer que Tcpithélium de la tète des follicules clos ne renferme absolument pas de cellules caliciformes.) — Faible grossissement
i390 UÔNE CONTINUE DElâ PLATEAUX BASAUX.
qu'ils n'ont plus à ce niveau aucune épaisseur appréciable. Ces plateaux constituent, sur le plancher de chaque thèque, un dialyseur d^une délicatesse infinie dont les cellules migratrices se jouent. Car on en trouve souvent d'engagées à demi dans le mince vernis qui double ainsi la membrane propre sur laquelle repose l'épithélium intestinal d'un côté, et d'où partent de l'autre les travées caractéristiques du tissu réticulé du follicule. En passant et repassant incessamment à travers la ligne des plateaux basaux, les cellules lymphatiques la criblent de stomates temporaires qui se referment aussitôt. Je suis forcé de supposer que, sur la. ligne des plateaux striés, les thèques sont au contraire ouvertes. Car l'imprégnation d'argent ne laisse pas voir à ce niveau de traits de ciment répondant à des interlignes de plateaux et se croisant sur les espaces clairs, comme il arriverait si ces derniers répondaient seulement à des plateaux extrêmement élargis et amincis.
Quoi qu'il en soit, les thèques ne constituent pas des bouches absorbantes ouvertes à l'engagement des corpuscules solides; car on ne rencontre à leur intérieur ni de petits fragments du contenu de l'intestin, ni gouttes de graisse libre. Les cellules migratrices qu'elles renferment passent toutefois dans Tintestin. On en voit un certain nombre placées à la aie dans les traînées de mucus occupant les sillons qui régnent tout autour de la tête des follicules. Quelques-unes sont des cellules lymphoïdes et renferment des grains graisseux. On retrouve des cellules lymphoïdes semblables dans le tissu réticulé de la tête et du corps du follicule. Elles n'y sont ordinairement pas isolées, mais forment des îlots, des amas* particuliers reconnaissables de prime abord à leur coloration jaune, due aux granulations nombreuses parsemant leur protoplasma de beaucoup plus développé que celui des leucocytes migrateurs.
Dans aucun dés follicules clos parfaits, c'est-à-dire pourvus d'une tête en saillie dans l'intestin êtrevêtue par l'épithélium à plateau strié, les thèques ne manquent chez les divers mammifères que j'ai étudiés à ce point de vue; et on ne les trouve que là. Partout ailleurs on peut voir des cellules migratrices plus ou moins nombreuses en voie d'issue à travers l'épithélium. Mais on ne trouve plus de cellules fenêtrées ni de ligne de plateaux basaux imprégnable par le nitrate d^argent sur la surface d'insertion des pieds des cellules cylindriques. En revanche, les thèques reparaissent, sur la marge des follicules clos, dans l'épithélium des glandes de Lieberkiihn à demi engagées dans la substance de ces derniers (voy. flg. 886). La paroi de ces glandes qui confine au follicule est revêtue exclusivement, chez le Chien, d'un épithélium à plateau strié criblé de thèques de dimensions variées. La paroi opposée est tapissée par des cellules cylindriques à plateau strié, mélangées de cellules caliciformes. Entre les fol-
FOLLICULES CLOS ISOLES - PLAQUES DE PEYER. 139i
licules clos saillants à la surface de Tintestin sous répithélium, et la réduction de celui-ci à leur niveau à Tétat exclusif de cellules à plateau strié subissant secondairement la fenêtration et interceptant des thèques à plancher fermé par un mince revêtement de plateaux basaux, il existe une relation morphologique constante et vraisemblablement une aussi d'ordre fonctionnel. Jusqu'à nouvel ordre, j'incline à supposer que les follicules clos sont surtout des appareils d'exhaustion rapide de l'eau entrant dans la constitution du chyme intestinal. Au fur et à mesure, en effet, que ce dernier progresse dans l'intestin, il devient de plus en plus compact. Du même pas, on voit se multiplier les follicules isolés et agminés. Le nombre de ceux-ci devient énorme dans la chambre cœcale, au delà de laquelle les bols fécaux sont constitués définitivement. Plus loin, la muqueuse ne renferme que de très petits follicules clos occupant la couche
. sous-glandulaire et sans saillie aucune dans l'intestin, ou des points lymphatiques diffus. La série de bouches innombrables constituées par les thèques des têtes folliculaires, ouvertes dans l'intestin el fermées du côté du tissu conjonctif par un vernis endothéliformeplus réduit qu'il ne l'est nulle part ailleurs, serait dans cette hypothèse le dispositif répondant à la déshydratation rapide des matières en transit.
Les plaques de Peyer sont formées de follicules agminés et rendus continus entre eux par les ailes qui les relient au niveau de leurs cols. Sous le corps des follicules isolés, sous les corps et les ailes des follicules agminés, régnent les grands sinus lymphatiques qui reçoivent à la fois les chylifères des villosités ou, dans les plaques de Peyer, ceux des corolles des têtes folliculaires. Ces grands sinus ont été déjà décrits en leur lieu (1). J'ajouterai seulement qu'ils n'embrassent pas la totalité de la surface du corps du follicule. Ils s'y étalent largement, mais entre certains d'entre eux, le fond du follicule, qui dans ce cas occupe toute l'épaisseur de la celluleuse de l'intestin, est doublé tout simplement par une membrane de tissu conjonctif ordinaire. Je n'ai pas non plus à revenir sur le dispositif des vaisseaux
• sanguins qui est le même dans tous le^ follicules, qu'ils soient isolés ou agminés. Il a été décrit en effet quand j'ai fait l'histoire générale des organes lymphatiques.
Vaivaic» eonnivciiiea. — Kerckring(2) a donné le nom de valvules conniventes (de coriniverey cligner, fermer à demi) à des plis trans versaux de la muqueuse de l'intestin découverts par Fallope (3) chez l'Homme où ils sont le plus développés, et qui réalisent un dispositif
(2) Kkrckring, Spicilegium anatomicum^ p. 85, 1670.
(3) Fallops, Observationes anatoînicx, p. 105, 1562.
Rbnaut, Histologie pratique^ II. 88
i392 MUQUEUSE DU C/EGUM ET DU GROS INTESTIN.
intéressant de multiplication de la surface muqueuse intestinale. Ils commencent d'exister dans la deuxième portion du duodénum, deviennent très nombreux et rapprochés dans le jéjunum, et s'espacent de plus en plus dans Tiléon pour cesser d'exister dans sa portion terminale. La muqueuse de l'intestin grêle, grâce à ces plis, devient beaucoup plus longue que ne l'est lui-même cet intestin. Les plis sont permanents, bien qu'ils soient doublés par une lame de tissu conjonctif lâche, prolongement de la celluleuse. Cette permanence est due à la façon dont se comporte le réseau des fibres élastiques de la celluleuse à la base de chaque pli transversal. C'est la seule particularité des valvules conniventes qui relève de l'histologie. Cela mis à part, la muqueuse est, dans les plis connivents, exactement constituée comme elle Test dans leurs intervalles. Elle y est aussi doublée parles deux assises de la musculaire muqueuse, tandis que profondément le muscle moteur général de l'intestin passe droit sous tous les plis sans s'infléchir dans leur épaisseur.
Au point de vue morphologique, il importe de faire remarquer que les valvules conniventes constituent un dispositif de la multiplication de la surface muqueuse intestinale, qui apparaît très développé à l'origine de la série des mammifères. Meckel a en eÔet montré (juc, chez l'Ornilhorynque, elles constituent une série continue de plis annulaires transversaux et complets, étroitement serrés les uns contre les autres dans presque toute rétendue de l'intestin grêle. Ce froncement en hauteur de la muqueuse, qui rend chez l'Homme sa surface presque égale h celle du tégument cutané, devient au contraire rudimenlaire chez la plupart des animaux. Parmi ceux qui possèdent quelques valvules conniventes, on cite toutefois l'Eléphant (Cuvier) et le Chameau (Milne Edwards). — 11 n'y a plus une seule valvule connivente chez l'Homme en dehors de l'intestin grêle.