‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 312 sur 489 · CORPS, TÊTE, COL DBS FOLLICULES CLOS · texte numérisé non relu

CORPS, TÊTE, COL DBS FOLLICULES CLOS

ques de Peyer à propos de la muqueuse du caBCum ; toutefois je dois indiquer ici certaines particularités. Les follicules clos isolés ont dans leur ensemble la forme d'une gourde. Us présentent donc à considérer un corps renflé, une tête et un ooL Ils occupent toute l'épaisseur de la muqueuse. La couche longitudinale de la musculaire muqueuse s'infléchitpour contourner leur corps ; la couche annulaire écarte ses fibres autour de leur col, qu'elle enveloppe d'un réseau contractile. La tête, arrondie, fait saillie à la surface et est recouverte par une rangée de cellules épithéliales toutes cylindriques à plateau strié, sans une seule cellule calicifonne. Sur tout son pourtour, on voit monter, chez l'Homme et le Chien, une foule de villosités digiti formes revêtues d'épithélium à plateau strié mélangé de cellules caliciformes au contraire nombreuses, principalement au niveau des pieds des villosités qui forment une couronne à la tête folliculaire. L'épithélium, en se réfléchissant sur celle-ci, perd donc toutes ses cellules glandulaires. Il se réduit exclusivement à ses cellules absorbantes, comme les appelle R. Heidenhain.

Il subit en outre des modifications remarquables. Toutes les cellules cylindriques à plateau strié, dont le pôle d'insertion répond à la surface lisse de la limitante de la tête folliculaire, montrent à ce pôle.un mince plateau basai sans striation. De plus, principalement sur les côtés de la tête répondant à la rigole limitée par les pieds des villosités disposées en couronne, l'épithélium est criblé de thèques identiques à celles que j'ai découvertes dans l'appendice iléo-csecal du Lapin (1). Je les décrirai donc ici une fois pour toutes analytiquement; car elles sont semblables dans les follicules isolés de l'intestin grêle de l'Homme et du Chien, dans les plaques de Peyer et dans la tête des follicules de l'appendice.

Thèques intr^a-épithéliales . — Sur les côtés de la tête folliculaire (fig. 887), plus rarementà son sommet, on voit, survies coupes sagittales des follicules faites d'après n'importe quelle méthode, de très nom breuses cellules migratrices occupant l'épaisseur de l'épithélium, et de distance en distance au sein decelui-ci, des sortes de joges arrondies à contourplus ou moins sinueux. Ces loges renferment égalementdes cellules migratrices plus ou moins nombreuses, qui souvent y sont en contact entre elles etles distendent. Ce sont des cavités développées, en effet, dans l'épithélium par des cellules lymphatiques émigrées du tissu réticulé subjacent. Vues de front sur des coupes tangentielles de la tête d'un follicule, les thèques se montrent sous forme de cavités arrondies, s'ouvrant souvent les unes dans les autres ou bien cloisonnées, limitées par des lignes courbes nettes et continues, le long desquelles

(1) J. Rbnaut, Note sur répithélium fenêtre et les stomates temporaires des follicules clos de Tintestin du Lapin (Comptes rendus de V Académie des Sciences, 18t?8).

THÈOUBS INTRA.-KPlf riÊLIALfeâ.

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on voit des noyaux plats disposés de champ ou tournant dans la profondeur de la paroi de la thèque. Mais ce ne sont pas là des noyaux endothéliaux : il s'agit des noyaux des cellules cylindriques limitant chaque petite cavité, et qui ont été amincis et rendus plats par refoulement.

Fio. 887. — Ëpithélium fenêtre des patties latérales de la tête de deux follicules clos consécutifs de Tappendice iléo-csecal du Lapin. Fixation par les vapeurs osmiques dans la chambre humide. Alcool fort ; traitement partiel de la coupe au pinceau. Coloration au picrocarminate. Conservation dans la glycérine. — (Ocul.l, obj. 6 de Vérick, chambre claire.)

pcj tissu conjonctif de la muqueuse formant la paroi du calice du follicule; — cp, cellules à plateau strié et ce cellules cal ici formes intercalaires de la paroi du calice; — «, sillon latéral du calice; — ef^ ef. épitbéliurn fenêtre des parois latérales de la tèle du follicule, bourré de cellules lymphatiques; — thyth^ tbèques : à droite du lecteur et en bas de la âgure, le pinceau les a presque entièrement débarrassées des cellules lymphatiques qu'elles contenaient; — p, ligne des plateaux des cellules fenètrées; — tr, tissu réticulé de la tête des follicules;— t'r,, ce même iisau réticulé dont les travées ont été dégagées par l'action du pinceau.

En effet, si Ton dissocie Tépithélium, on reconnaît que la thèque est limitée partout par les cellules cylindriques déformées mécaniquement par les cellules lymphatiques qui ont pris place entre elles. De plus, nombre de ces cellules ont été fenètrées de mille manières, en même temps qu'aplaties, réduites à un réseau de lames protoplasmiques courbes trouées elles-mêmes. De la sorte, elles ressemblent à

CELLULES ÈPITHBLIALES PÉNÉTRÉES.

des sortes de paniers. Le noyau est rejeté soit en bas, soit en haut, soit latéralement d'une manière quelconque. Bref, ces cellules fenêtréeSy comme je les appelle (fig. 888), ont individuellement des formes variables et dé&ant toute description. Les lames appartenant à plusieurs cellules fenêtrées se soudent souvent entre elles. En général, le plateau strié d'une ou plusieurs cellules, considérablement étendu et devenu très mince, forme la voûte de la thèque. Son plancher est doublé par les plateaux basaux, étendus et amincis de la

même façon . Chaque thèque renferme ainsi une petite colonie de cellules lymphatiques. Parmi celles- ci j'ai trouvé, chez le Lapin, des cellules lymphoïdes à protoplasma semé de grains réfringents ou même de fines granulations graisseuses.

Sur les côtés de chaque tête folliculaire, les thèques intra-épithéliales sont devenues tellement nombreuses et voisines les unes des autres, qu'elles s'ouvrent toutes irrégulièrement les unes dans les autres et occupent toute l'épaisseur de l'épi thélium .

Si l'on traite ce dernier soigneusement par le pinceau (flg. 887) sur une coupe sagittale, on dégage l'épithélium fenêtre. Les cellules de cet épithélium, avec leurs minces plateaux striés et basaux tendus en surfaces courbes, sont réunies par groupes de distance en distance. Par leurs plans-côtés, elles envoient dans la cavité des thèques une infinité de cloisons membraniformes ou filiformes elles-mêmes diversement trouées. L'épaisseur de la ligne épithéliale est devenue à ce niveau considérable. En tant que surface de re vêtement, sa constitution a également changé.

TroiLsde la ligne des plateaux striés, continuité de la ligne des plateaux basaux. — Si l'on imprègne de nitrate d'argent la tête d'un follicule clos dans toute son étendue, puis qu'on pratique de minces coupes tangentielles, comprenant à la fois le revêlement épithélial du sommet, et celui des faces latérales qui renferme les thèques confluentes, voici ce qu'on peut observer : au sommet de la tête

Fig. 888.— Cellules fenêtrées des parties latérales de la tête des follicules clos de Tappendice iléocsecal du Lapin (alcool au tiers, coloration au picrocarmioate, fixation par Tacideosmiqueè 1 pour lOO, conservation dans la glycérine).

A, ccllale à plateau strié ordinaire; — B,C,D,E, cellules fenêtrées; — pc, plateau cuti eu la ire strié; — p6, plateau basai sans structure ; — ciy cellule lymphatique engagée dans une cavité creusée au sein d^u'^o cellule fenèlrée : (300 diamètres).

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