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FiG. 892. — Follicules clos de l'appendice iléo-csecal du Lapin dont les voies lymphatiques ont été fixées-développées et imprégnées d'argent.

T, tôle du follicule; — G/, son col ; — C, son corps ; — A, ailes du follicule; — Cal. calice du follicule circoQscrit par un repli de la muqueuse; — SL, SU sinus lymphatiques; — L, lymphatiques do3 calices; — V, vaisseaux sanguins; — P, péritoine (faib!c grossissement).

interfolliculaires affectent chacune la forme d'unT, dont le sommet répond à la surface intestinale, le pied à Taile interfolliculaire, et les branches horizontales chacune à la voûte d'un demi-calice. Le pied de la travée, formé de tissu conjonctif ordinaire parcouru par des vaisseaux sanguins, vient se perdre dans le tissu réticulé de Taile folliculaire commune aux deux follicules dont la travée sépare les têtes. 11 conduit les lymphatiques superficiels. Ceux-ci, contour nant l'aile du follicule, viennent s'ouvrir dans le grand sinus interfolliculaire (1) sur la description duquel je n'ai pas à revenir ici (fig. 892).

(1) Voy. t. I, p. 932-940.

MUQUEUSlfi DE L'APPAREIL ILÉO-C/EGAL. I399

Constitué de cette façon et avec une régularité parfaite (car tous les follicules, tous les calices, tous les sinus, etc., sont presque identiques de dimensions et déformes dans l'étendue entière de Tappendice),le diverticuleiléo-caîcal du Lapin doit être pris pour type de la description histologique. Dans l'appendice vermiculaire de l'Homme, les dispositions sont bien moins régulières et aussi certains détails varient. La muqueuse est ici encore à peu près exclusivement formée par des follicules clos, mais qui ne se touchent pas tous. Ils sont aussi munis de têtes faisant saillie dans la lumière du diverticule, et de corps arrondis situés profondément. Mais ils ne sont pas reliés par des prolongements de tissu adénoïde réguliers. Dans les follicules consécutifs, les corps, les têtes, les ailes folliculaires quand elles existent, sont de développement et de dimensions variables. De plus, les travées interfolliculaires ne dessinent plus de calices réguliers autour des têtes. Pour la plupart, elles sont infiltrées de tissu réticulé. Dans leur épaisseur, elles renferment des cryptes de Lieberkiihn plus ou moins sinueux. Au fond, la constitution générale est la même et donne toutefois, par comparaison avec l'appendice du Lapin ou du Cobaye, l'impression d'un organe irrégulièrement développé, ou pour mieux dire en voie de légère régression atrophique. 11 en est bien ainsi. Coste (1) a fait voir depuis longtemps que l'appendice forme, chez l'embryon humain de la dixième semaine, un diverticule presque aussi gros que l'intestin grêle, c'est-à-dire d'importance égale à celui du Lapin et dont la longueur relative est plus grande que chez l'adulte. Bientôt il diminue, se contourne sur luimême et se raccourcit (2). Ses dimensions, chez l'adulte, sont d'ailleurs variables comme il arrive aux organes devenus fonctionnellement accessoires. Du même pas, la constitution de sa paroi connective et musculaire a aussi varié. Celle-ci a acquis une épaisseur relativement considérable; mais cette épaisseur n'est pas la même partout. Quand il existe un petit méso sur l'une des génératrices de l'appendice, au niveau de son insertion la paroi est plus épaisse et la couche des fibres longitudinales du muscle moteur est renforcée. Tout autour de l'appendice, cette couche est faible, renforcée toutefois de distance en distance par des bandelettes dont le nombre varie avec les sujets. La couche annulaire est aussi plus épaisse sur les côtés du méso. Au pôle opposé, je l'ai trouvée chez un supplicié réduite à un plan linéaire. En général, elfe embrasse l'appendice comme un croissant en laissant un point faible sur l'un des côtés du petit cylindre appendiculaire.

(1) CosTE, Histoire du développement des corps organisés; Vertébrés, pi. IV, fig. 2 et 3; et pi. V, ûg, B.

(2) GoLDSCHMiD Nanniga, Dissert. inaug. defahricaet funct, processus vermiformis intestini cseci^ Groningue, fig. 1 à 8, 1840.

1400 UNION DE i;anus et du rectum.

Au sein de la couche sous-muqueuse ordinairement très dévelop pée, régnent par contre des réseaux de fibres lisses plexiformes, expansions de la couche annulaire du muscle moteur. De son côté, la musculaire muqueuse dissocie ses fibres autour du col et du corps des follicules clos. De la sorte, la celluleuse est en réalité cloisonnée par un rets de fibres lisses tendant à l'exprimer par le dispositif existant ordinairement dans les réservoirs contractiles. Ainsi, le muscle moteur tend à vider l'appendice : condition d'une part très favorable. D'autre part, la disposition semi-lunaire générale de l'assise annulaire ne permet pas à cette contraction expultrice d'être homogène : c'est là une condition défavorable et qui, quand elle est exagérée, joue probablement un rôle dans la tendance à l'appendicite présentée par certains sujets. La cavité appendiculaire se vide alors incomplètement, et les corps étrangers qui s'y sont accidentellement engagés ne peuvent quelquefois pas être mobilisés

Voionde l'aous ctdureciaiii. — L'intestin ectodermiqué postérieur, ou proclodœum, est, à l'inverse de l'œsophage, très court. Je n'ai pas à en faire ici la description histologique particulière. Il est constitué par uni3 muqueuse de type dermo-papillaire et malpighien qui, chez certains animaux, renferme dans toute son étendue des follicules pilo-sébacés (ex. Rat). L'union de cette muqueuse avec celle de l'intestin se fait d'une façon tout à fait comparable à celle de l'œsophage avec la muqueuse stomacale du cardia du Chien.

En effet, la muqueuse rectale, formée de hautes glandes tubuleuses serrées les unes contre les autres et qui sont des cryptes purs présentant des cellules caliciformes jusqu'au fond, dessine tout d'abord une série de plis transversaux ou obliques sur lesquels a insisté Herrmann (1). Ces plis sont tapissés do nombreuses cellules caliciformes ; les cryptes de Lieberkiihn n'existent plus à ce niveau. Puis, sur la pente anale du dernier des plis, l'épithélium malpighien se termine en bec de flûte. Sur la pente opposée, commence l'épithélium cylindrique intestinal. La musculaire muqueuse et le muscle intestinal éparpillent leurs fibres lisses parmi les faisceaux musculaires striés dépendant de l'intestin proctodœal. La jonction entre les deux est ainsi opérée d'une façon très simple. ■

§ 3. — LàMBLLK FIBRO-INTESTINALE OU PAROI PROPREMENT DITE DE L'INTESTIN

Au sein de la lamelle fibro -intestinale primitive de l'embryan, laquelle double l'épithélium entodermique, se diff'érencient chez tous

(l) Thèse de Paris, 1880.

TISSU GONJONGTIP DK LA MUQUEUSE INTKSTINALK. 1401

les vertébrés les deux muscles : moteur général et moteur de la muqueuse. Dans cette lamelle, se développent d'autre part leslymphatiqueset les vaisseaux sanguins. Enfin, elle est pénétrée par des formalions nerveuses. Celles-ci ne lardent pas h fournir, chez les vertébrés supérieurs, deux différenciations importantes répondant chacune à un centre nerveux périphérique : — l'un exclusivement moteur est le plexus d'AuERHACH; l'autre sensitivo-moteur est le plexus de iVlEissNER. Je les ai décrits plus haut (voy. t. II, p. 960).

Toutes ces différenciations ou pénétrations s'effectuent au sein du tissu conjonclif de la lamelle fibro-intestinale, c'est-à dire entre répithèlium enlodermique limitant la lumière de l'intestin, et Tendothéliuin de la cavité pleuro-péritonéale qui recouvre le tube intestinal extérieurement, sauf au niveau de l'insertion du mésentère ou des mésos ses dérivés, qui constituent la voie d'entrée ou d'issue des vaisseaux et des nerfs. — La paroi intestinale, dans ces limites, peut donc être ramenée morphologiquement à une formation unique, bien que, par suite du développement et de complications secondaires, elle se trouve, eu fin décompte, subdivisée en plusieurs assises.

Â. Tissu confonctll do la moqueuse proprement dite. — Cette assise,

déjà décrite avec soin dans le paragraphe, précédent, règne entre la musculaire muqueuse et le revêtement épilhélial de l'intestin. Elle comprend la couche sous-glandulaire, le tissu conjanctif iater-glan- (lulaireet celui des villosités intestinales là où ces dernières existent. C'est elle qui est le siège des incessants mouvements de diapédèse d'où résultent, principalement dans le parenchyme des villositéset dans la couche sous-glandulaire, les colonies de cellules lymphatiques ou lymphoïdes signalées plus haut. De même, c'est dans son sein que s'édifient les formations adénoïdes : — infiltrations diffuses du tissu réticulé, points lymphatiques, points folliculaires ou follicules clos, soit isolés, soit agminés.Dansle duodénum et dans tout l'intestin grêle des mammifères, le tissu conjonctif de l'assise muqueuse, constituant un milieu où se passent incessaranvent des phénomènes actifs de nutrition ou pour mieux dire d'échanges interstitiels, reproduit le type du tissu connectif lâche. Mais c'est là une pure et simple flexion morphologique de son type initial. Chez les vertébrés dont l'intestin ne présente ni cryptes de Lieberkûhn, ni villosités (par ex. les batra-ciens, les chéloniens et les ophidiens), le tissu conjonctif des plis de la muqueuse est un tissu conjonctif modelé, jouant avant tout Je rôle d'une charpente de soutien.

C'est là, du reste, le type initial de la paroi connective intestinale. Chez les cyclostomes qui le réalisent dans toute sa pureté (voy. fig. 848), le tissu conjonctif qui passe au-dessous des plis, qui s'engage dans leur épaisseur et qui occupe celle de la valvule spirale, est partout formé de faisceaux parallèles entre eux par séries. Les vaia-^

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