COUCHE CELLULEUSE DE L'INTESTIN
seaux sanguins occupent les espaces inter-fasciculaires, sans être entourés de bandes décurrentes du tissu conjonctif lâche.
Ceci permet de comprendre pourquoi chez le Chien, l'Homme et surtout chez les grands mammifères tels que le Cheval, le tissu conjonctif de la couche glanduleuse du gros intestin reprend jusqu'à un certain point le type modelé. Sur les coupes transversales, on voit entre les tubes de Lieberkuhn sectionnés en travers le tissu conjonctif former des ordonnances lamelleuses, concentriques aux glandes. Les bourgeons courts inter-glandulaires sont également formés par un tissu conjonctif compact, analogue à celui des bourgeons inter-glaudulaires de la muqueuse stomacale. Toutefois, de distance en distance, on trouve des points ou des zones d'infiltration lymphatique et du tissu réticulé. Or, on sait avec quelle facilité le tissu réticulé s*édifie au sein du tissu conjonctif modelé, tandis qu'on ne lo voit à peu près jamais résulter de la transformation directedu tissu conjonctif lâche, ou de la nutrition. Il représente en fin de compte un angiome lymphatique caverneux.
On peut donc considérer à bon droit le tissu conjonctif de l'assise muqueuse intestinale comme une formation initiale de tissu conjonctif modelé, ramenée par points et dans un but fonctionnel, soit à l'état de tissu connectif lâche ou même embryonnaire (tête des villosités de l'Homme et du Chien), soit à l'état de tissu adénoïde par pénétration de lymphatiques y subissant une modification secondaire.
B. Couche ceiioicuse iotestinaie. — Immédiatement au-dessous delà musculaire muqueuse, entre l'assise longitudinale de celle-ci et l'assise annulaire du muscle moteur général de l'intestin, règne la celluleuse intestinale. Elle sert de chemin aux vaisseaux sanguins et lymphatiques, et renferme lepleœusde Meissner. Chez l'Homme, le Chien, le Lapin, le Rat, le Cochon d'Inde et la grande majorité des mammifères, il s'agit ici d'une formation de tissu conjonctif lâche. Pourtant, chez certains animaux (Ane, Cheval), la celluleuse est formée de gros faisceaux connectifs serrés, ordonnés en séries parallèles ; elle se rapproche par sa constitution du tissu conjonctif modelé. En tout cas, au sein de cette assise on ne trouve plus ni colonies de cellules lymphoïdes, ni de formations autochtones de tissu réticulé. Les glandes de Brunner, les corps des follicules isolés ou agminés occupent, il est vrai, la bande conjonctive inter-musculaire, mais ils l'ont envahie par refoulement. Plus ou moins aminci et discontinu, le feuillet profond de la muqueuse les contourne et les relie ainsi à la couche sous-glandulaire de la muqueuse. Morphologiquement donc, il s'agit encore ici d'une assise de tissu conjonctif de charpente simplement transformée. Ou en a une preuve par l'absence complète de vésicules adipeuses dans la celluleuse intestinale des sujets les plus obèses.
C. Couche conMectlvesoufl-péritonéale. — Eu revanche, la COUClie
COUCHE CONNECTIVE SOUS-PERlTONÉALE - MUSCLES LISSES. (403
de tissu connectif qui double en dehors le muscle moteur de l'intestin représente purement et simplement chez l'Homme, le Chien, etc., le tissu cellulaire lâche sous-péritonéal. Elle est parcourue par des vaisseaux du type limbiforme dont les réseaux capillaires édifient fréquemment des pelotons adipeux qui, chez les sujets obèses, font saillie du côté de la cavité viscérale ou même se pédiculisent en des franges graisseuses plus ou moins nombreuses. Cette couche se continue avec le tissu^onjonctif du mésentère au niveau de l'insertion de celui-ci sur l'intestin. Elle est aussi parcourue parles trajets lymphatiques collecteurs larges et plus ou moins nombreux qui vont gagner le feuillet du mésentère, s'engagent dans son épaisseur, et \k seulement deviennent des veinules lymphatiques puis des lymphatiques propulseurs.
Formations musculaires de la paroi lotestloale* Muselé moteur
fféoérai et musculaire muqueuse. — La paroi de l'intestin de l'Amphioxusne renferme aucun muscle : le mouvement ciliaire seul détermine le transfert des ingestale long du tractus. Chez tous les vertébrés vrais (ceux qui ont à la fois une corde et des globules rouges), il existe un muscle moteur général de l'intestin formé de deux assises concentriques. L'une est annulaire, et interne, l'autre est longitudinale et externe. Dans la série, le muscle moteur général apparaît en premier lieu, et très réduit chez les cycloslomes. La paroi de l'intestin delà grande Lamproie (voy. flg. 874) est entourée, sous le revêtement du cœlome, par une couche unique ou feuillet de fibres musculaires lisses longitudinales, disposées parallèlement les unes aux autres et sur un seul rang comme une série de baguettes. Sur les coupes en travers, cette rangée simule un épithélium prismatique bas. Elle tient à la paroi pleuro-péritonéale, semble lui appartenir et ne s'engage pas dans la paroi fibreuse de Tintestin. Au sein de celle-ci et à une certaine distance en dedans de la couche longitudinale, la couche des fibres annulaires des autres vertébrés est représentée par un cercle de fibres lisses groupées par fascicules distincts, reliés par des traits grêles. Il s'agit ici non pas d'une couche annulaire à proprement parler, mais d'un réseau à mailles allongées suivant l'axe de l'intestin. Il n'y a pas trace de musculaire muqueuse ; la progression du contenu est assurée par le mouvement ciliaire des cellules épithéliales entodermiques. Au point de vue morphologique, la musculaire muqueuse est donc une formation secondaire, surajoutée et répondant à une différenciation particulière : celle de la muqueuse d'avec la paroi proprement dite.
On peut d'ailleurs s'en convaincre par l'examen de la paroi intestinale en voie de développement chez les embryons de mammifères. Sur, le fœtus humain du troisième mois (11 centimètres), les deux assises longitudinale et annulaire de l'intestin grêle sont déjà dessinées nettement et il n'y a point trace de musculaire muqueuse. Celle-ci est d'au-