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FIBRES NERVEUSES

long de C6lle-CL marche et se projette au loin le niouTement nerveux cellulifuge. La fibre nerveuse transporte donc et distribue raction propre de la cellule ganglionnaire correspondante au loin, tandis que l'arborisation protoplasmique ou dendrite recueille les incitations extérieures à la cellule nerveuse et les lui conduit. Cette manière de comprendre le rôle respectif des deux ordres de prolongements issus d'une seule et même cellule nerveuse ganglionnaire rend seule compte des faits physiologiquement observés* Elle repose en outre sur un fait anatomique positif découvert par Ramon y Cajal : c'est à savoir que partout où on les rencontre développées, les arborisations protoplasmiques des cellules ganglionnaires des centres uerveux sont en relation avec des arborisations cylindraxiles formant avec elle des plexus ,

Mais, de même qu'une cellule nerveuse ganglionnaire est capable de s'étendre au loin pour aller projeter son action propre par son cylindre-^axe, de même elle est capable de prolonger de la même façon un ou plusieurs de ses filaments protoplasmiques réceplifs, pour aller chercher au loin l'impression nerveuse qu elle-même doit subir et projeter transformée par son action individuelle. Tel est le cas du long prolongement protoplasmique des cellules mi traies du bulbe olfactif dont j'ai déjà parlé- Ce prolongement devient dès lors, tout comme le cylindre-axe, un fil nerveux conducteur diiïèrencté. Sur son trajet, il se comporte, lui aussi, à la manière d'une fibre nerveuse pourvu que ce trajet soit suffisamment étendu. C'est ainsi que nous verrons, dans le neurone représenté par chaque cellule en réalité bipolaire des ganglions rachidiens, la fibre radiculaire représentant fonction nellement le prolongement de Deiters, et celle qui se projette vers la périphérie pour y recueillir les impressions sensittves (dendrite), afl'ecter l'une comme l'autre les caractères des cordons nerveux conducteurs: c'est-à-dire ceux de fibres nerveuses ou de cylindres d'axe ordinaires.

Au point de vue histologique donc, les fibres nerveuses répondent à des prolongements de cellules nerveuses suffisamment étendus pour constituer des eot*dons conducteurs, soit d'un mouvement nerveux cellulifuge, soit d'un mouvement cellulipète. Kn tout cas sur leur trajet, alors qu*il est étendu au delà de certaines limites, les pro* longemeiits cellulaires des deux ordres su disposent de fa<^on à s'isoler et aussi k vivre d*une façon particulière, caractérisant les fibres nerveuses quel que soit d'ailleurs le sens du courant nerveux qui les parcourt.

ribrca nervMiMM de* «centre» amyélinlijiieA. — Che^ï tOUS leS Vertébrés, los cejitres nerveux commencent par être attu/elinique^ : c'està-dire que les fibres nerveuses entrant dans leur constitution ne sont revêtueSj sur leur parcours, d'aucun dispositif protecteur et isolateur

FIBRES NERVEUSES AMYÈLINIQOBS DES CYGLOSTOMES.

particulier. Mais cet état n'est définitif que chez les cyclostomes. Chez les autres vertébrés et dans tous les centres nerveux (sauf la rétine qui demeure le plus souvent totalement amyélinique), en majorité les fibres nerveuses du névraxe deviennent chez l'adulte des fibres à moelle. Elles prennent de ce chef, à l'œil nu, une coloration d'un blanc lacté (fibres blanches); tandis que les fibres restées dépourvues de myéline conservent, même quand elles sont réunies en certain nombre, une consistance gélatineuse et une coloration d'un gris légèrement rosé (fibres grises).

Il est extrêmement facile d'isoler et d'étudier les fibres nerveuses des centres nerveux amyéliniques permanents des cyclostomes, en dissociant, par exemple, les cordons antérieurs ou postérieurs de la moelle d'un Petromyzon dans son propre plasma. Les fibres des cordons font les unes sijite à des cellules bipolaires engagées dans ceux-ci ; ou bien elles ne sont en relation qu'avec des cellules ganglionnaires situées, ou au loin dans l'encéphale, ou en dehors du névraxe dans les ganglions périphériques. Elles représentent à proprement parler des cylindres d'axe. Elles paraissent homogènes, avec un éclat gras et une coloration légère d'un rose saumon quand on les observe vivantes. Elles se teignent vivement en rouge par le carmin, réaction qui ne manquera sur aucun cylindre d'axe. Elles sont lisses à leur surface et ne montrent aucune flbrillation. Celle-ci apparaît, au contraire, facilement sous l'influence de l'alcool au tiers ou du liquide de Millier au bout de quelques jours, et immédiatement si l'on dissocie les fibres nerveuses vivantes dans une solution de nitrate d'argent à 1 pour 100 (flg. 645). Les fibres sont de grosseur très variable. Le

FiG. 645. — Une des grandes fibres nerveuses longitudinales des cordons de la moelle du Petromyzon isolée par dissociation dans la solution de nitrate d'argent à 1 p.

100. Lavage à Teau distillée ; conservation dans la glycérine. — (Ocul. 3, obj. 9 à immersion homogène de Nachet, chambre claire.)

r, lignes da protoplasma interfibrillaire dessinées en noir par la réduction de Pargent et présentant une ponctuation granuleuse; — /;/■, faisceaux flbrillairei restée incolores.

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