DISTRIBUTION DES VAISSEAUX SANGUINS DANS L'INTESTIN
C'est dans ces carrés que se tend comme un filet le plexus de Meissner.
Les branches artérielles, parties des longues fusées de distribution, prennent un trajet obliquement .isc^ndant vers la muqueuse, et se terminent toutes à leur extrémité par des sortes d'étoiles ou ombelles d'artères de tout petit calibre, naissant d'un même point ou de points très voisins, de façon à constituer un bouquet qui s'étale au-dessous delà musculaire muqueuse, parfois au-dessus d'elle. Ce sont là les vaisseaux artériels appartenant en propre à la muqueuse intestinale. Ils montent droit dans l'épaisseur de cette dernière après avoir donné, de distance en distance, de petites artères à la musculaire muqueuse dont les réseaux capillaires sont, de la sorte, commandés par les mêmes artères qui règlent la circulation de la couche glanduleuse et des villosités. La muqueuse et son muscle sont ainsi rendus solidaires au point de vuecii*culatoire.
Dans la couche glanduleuse, les petites artères donnent, entre les cryptes de Lieberkiihn, des artérioles transversales ou obliques, toutes curvilignes, qui embrassent les glandes comme des faucilles et d'où partent les capillaires enveloppants, disposés en rets lâche autour des tabules et tous anastomotiques entre eux de tubule à tubule. La couche glanduleuse est donc, ici comme dans la muqueuse stomacale, le lieu des anastomoses vasculaires en nappe large. C'est \ son niveau que les divers cônes artériels communiquent entre eux.
Les petites artères destinées aux villosités franchissent la couche glanduleuse, puis abordent chaque villosité et s'y distribuent comme je l'ai indiqué plus haut. — La disposition dos veines dans les villosités ayant été aussi indiquée, je n'y reviendrai pas. Dans l'épaisseur de la couche glanduleuse, les veines reçoivent chemin faisant les capillaires veineux issus du réseau enveloppant des glandes ; mais on n'observe plus ici les dispositions en Y, si remarquables dans la muqueuse de l'estomac. Les veines collectrices filent droit ou obliquement et traversent la musculaire muqueuse; puis, dans la celluleuse et à travers les tuniques musculaires de l'intestin, elles suivent sensiblement le trajet des artères. Aucune d'elles ne possède de valvules et l'on sait que, sauf au niveau de la terminaison de l'œsophage et de l'union de l'anus et du rectum, toutes sont tributaires de la veine porte.
Les vaisseaux sanguins des follicules clos isolés ou agminés affectent des dispositions spéciales et caractéristiques. S'il s'agit d*un follicule ne faisant pas saillie à la surface (point folliculaire), tels que ceux qu'on rencontre en grand nombre dans la couche sous-glandulaire du gros intestin, chaque follicule plus ou moins arrondi ou ovoïde est abordé sur tout son pourtour par une série de petites artères distinctes, mais anastomotiques entre elles par des artérioles grêles. Ainsi se dispose sur la marge du follicule un rets artériel. De ce rets partent des artérioles pénétrant le follicule, et se résolvant à son