‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 320 sur 489 · MUSCULAIRE MUQUEUSE- MUSCLE MOTEUR GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

MUSCULAIRE MUQUEUSE- MUSCLE MOTEUR GÉNÉRAL

tant plus développée qu'il y a davantage de cryptes de Lieberkuhn et que leur hauteur est plus grande. Chez le Rat, où ces crj^ptes sont courts et où il n'y e:i a qu'un et plus rarement deux entre les villosités foliacées consécutives, la musculaire muqueuse se réduit à uu mince ruban musculaire où dominent les fibres longitudinales, relevées eu pelits feuillets ascendants dans l'épaisseur de chaque villosité i)0ur y former les muscles de Brùcke. Enfin, l'apparition de la musculaire muqueuse me paraît liée à la différenciation de la couche celluleuse entre le muscle moteur intestinal .et la muqueuse proprement dite. Elle n'existe en effet à l'état distinct que dès que cette couche celluleuse a pris sa constitution lamelleuse définilive autour des vaisseaux de distribution destinés à la muqueuse.

. Quand celle-ci est épaisse, i^arcourue par de hautes et nombreuses glandes tubuleuses et munie de villosilés également nombreuses et très développées (Homme, Chien, Cheval, par ex.), la musculaire muqueuse se stratifié et présente, tout comme le muscle moteur intestinal, une assise annulaire (q:i plutôt plexiforme) interne, et une assise externe formée de faisceauxtous longitudinaux, légèrement nattés dans le sens de la longueur de l'intestin. Cette assise longitudinale fournit, le cas échéant, des réseaux contractiles aux glandes (glandes duodénales) et aux corps folliculaires. L'assise interne fournit de son côté, et exclusivement, les feuilletas inter-glandulaires de la muqueuse et les muscles lisses des villosités. — lîn aucun cas la musculaire muqueuse n'est formée de fibres musculaires striées.

11 n'en est pas de même du muscle moteur général de l'inteslin. Chez certains vertébrés, par exemple chez la Tanche commune, le muscle intestinal est formé de faisceaux musculaires striés identiques à ceux delà paroi du corps, et se disposant en une assise longitudinale sous-péritonéale et en une assise annulaire concentrique à celle-ci. Les mouvements de l'intestin s'opèrent, dans ce cas, par le mode brusque. Un tel fait a son importance en morphologie générale; il montre, en eff'et, que, tout aussi bien que la lamelle fibro-cutanée, la lamelle fibro- intestinale- est capable de développer des faisceaux primitifs striés en long et en travers.

J'ai déjà décrit (voy. t. I, p. 592) les muscles lisses de l'intestin à propos des muscles lisses en général. Je me contenterai donc de signaler ici un point particulier de leur histoire qui a donné lieu à quelques travaux récents, il s'agit des rapports des fibres musculaires lisses les unes avec les autres.

On sait que pour former des faisceaux secondaires, les celliiles musculaires lisses se soudent entre elles par un ciment continu analogue à celui qui unit et sépare les cellules épithéliales. Ce ciment réduit en noir le nitrate d'argent. Sur des coupes transversales des faisceaux musculaires, très minces et traitées parle pinceau, on voit le ciment

MUSCLES LISSES INTESTINAUX - FAUX POINTS INTER-CBLLULAiRES. 1405

régner dans toute l'épaisseur du faisceau comme une substance continue dans laquelle sont plongées les fibres-cellules musculaires. Il en résulte une homogénéité parfaite dans la contraction de l'ensemble. Le tissu conjonctif s'étend entre les faisceaux musculaires, ainsi individualisés et formant chacun un petit muscle particulier. Certains auteurs, en particulier Martin Heidenhain, et ensuite Nicolas (1), ont décrit, en outre, entre les cellules musculaires lisses d'un même faisceau, des ponts cellulaires qui les rendraient solidaires les unes des autres à travers les lignes de ciment, à peu près comme le font les cellules du corps de Malpighi par le moyen des filaments unitifs. J'ai aisément reproduit de telles apparences de ponts inler-celluîaires sur des coupes minces de l'intestin du Chien, faites après fixation par le sublimé et inclusioa dans la paraffine. Mais je me suis convaincu qu'elles répondent à des cylindres primitifs marginaux qui, par suite du ramollissement du protoplasma inter-contractileau cours delà préparation, ont chaviré et pris une position rayonnante au lieu de rester posés de champ. Du reste, si Ton fixe le muscle intestinal par l'acide osmique à 1 pour 100, puis qu'on dièsocie ses cellules musculaires par la potasse à 40 pour 100, on peut observer sur celles-ci des crêtes signalées depuis longtemps par tous les auteurs, mais jamais on n'en voit partir de prolongements en forme de pont.

Distribution généraSe des vaisseaux «angulos dans la paroi Intes-

tinaio. — J'ai déjà dit que la couche sous-péritonéale de l'intestin possède une vascularisation particulière, dont le dispositif est celui-là même qui est spécial au tissu conjonctif lâche (réseaux limbiformes). En dehors de là, les branches artérielles enveloppantes bien connues, parties des arcades artérielles renfermées dans le mésentère, donnent : — a) des branches musculaires externes, origines des vaisseaux de l'assise longitudinale du muscle moteur intestinal; — b) des branches pénétrantes traversant obliquement b muscle moteur par la voie du tissu conjonctif qui cloisonne ce dernier, et fournissant sur leur trajet des branches musculaires pour les deux assises, principalement celles des fibres annulaires. Ces fusées artérielles obliques, parvenues dans la couche celluleuse, marchent ensuite dans le plan de celle-ci parallèlement les unes aux autres, et donnent de chaque côté des rameaux qui se détachent à angle droit ou très ouvert. De la sorte, l'ensemble des vaisseaux artériels affecte dans cette assise, par exemple chez le Rat, une disposition générale très régulière, en échelles dont les branches répondent aux fusées, et les échelons aux rameaux entre-croisés. L'aire de )a celluleuse est ainsi subdivisée en une série de carrés limités par les vaisseaux artériels de distribution.

(1) Nicolas, Traité (TAnatomie humaine, publié sous la directiofa de Paul Poirier, t. II, p. 15 (fig. 13 reproduite d'après de Brayne).

Page 1