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MODIFICATIONS DBS SUBSTANCES ABSORBÉES DANS LES CHYLIPÈRES

closes des lymphatiques se font dans la muqueuse, soit des villosités, soit inter-glandulaire, au sein d'un tissu connectif ramené à la constitution embryonnaire chez les mammifères et chez l'Homme, et qui est le siège d'incessantes diapédè^es; ses espaces aussi sont occupés par une multitude de colonies de cellules lymphatiques. De ces cellules lymphatiques, les unes sont errantes et émigrent par les surfaces épithéliales ; les autres sont fixées à l'état sédentaire et réalisent des actions phagocytaires ou d'ordre glandulaire. Ces dernières modifient plus ou moins profondément et le plasma exsudé par les vaisseaux sanguins, et les liquides absorbés par les cellules à plateau strié, pour les restituer aux voies lymphatiques avec une constitution moléculaire ou chimique nouvelle. Puis, le système des feuillets musculaires des villosités et de la couche glanduleuse de la muqueuse expulse la lymphe lactescente ainsi produite, le chyle, dans le réseau planiforme de la sous-muqueuse qui représente les premières voies de simple transit. Les mouvements du muscle moteur général et de la musculaire muqueuse, combinés, chassent à leur tour le chyle de ce second réseau dans les boyaux efférents sous-péritonéaux, et de là dans les lymphatiques valvules. A partir de ce point seulement, le transport du chyle vers la citerne de Pecquet et le canal thoracique devient en quelque sorte rectiligne et direct. Auparavant, dans l'épaisseur de la paroi intestinale, le chyle avait été retenu ou refoulé en des sens divers par les mouvements musculaires. En même temps sa constitution chimique avait été modifiée. Arm. Gautier a démontré, par exemple, que les peptones de Tintespoint d*abouchement. Mais cela acquis, le premier 89C Ijmpho-formatif est-il ud diverticule de la veine, ou s'est-il formé en dehors d'elle pour s'ouvrir ensuite dans sa cavité? C'est ce qu'on ne sait pas. On ne sait pas davantage quelle est l'origine première des cellules formatives des capillaires lymphatiques, tout à fait différentes de celles d*où proviennent les lymphatiques valvules.

Quoi qu'il en soit, les premiers lymphatiques ainsi développés sont remplis au début, comme ceux de la lame natatoire des têtards d'anoures, seulement par un liquide clair, que l'acide osmique ne brunit pas et qui ne donne pas de réseaux de fibrine. C^ liquide est donc initialement formé par de Veau tenant en solution des sels minéraux^ exactement comme le liquide des vacuoles des cellules glandulaires. Les premières cellules migratrices se voient dans le sang déjà circulant et dans le tissu conjonctif périva8culaire,en premier lieu dans les taches laiteuses secondaires.

Il en faut conclure que la pénétration des leucocytes dans les^ voies de la lymphe est un phénomène secondaire, ici comme il l'est dans les réseaux vaso-formatifs d'ordre sanguin.

Geux'Ci, on le sait^ donnent naissance aux capillaires sanguins définitifs, du moins à ceux du tissu conjonctif lâche et du type limbiforme. Une question qui reste à déterminer, c'est celle de savoir si les réseaux de capillaires lymphatiques, tels que ceux delà paroi intestinale, se développent comme les capillaires sanguins aux dépens de cellules lympho- formatives particulières. Les moyens actuels d'investigation et d'analyse ne m'ont pas jusqu'ici permis d'aborder cette question intéressante, parce que je n'ai trouvé aucun objet d'étude favorable. L'intestin, en tout cas, n'en est pas un.

Iil4 RL'AGTIONS INFLAMMaTOIHES DES LYMPHATIQUES.

tia ont été déjà en majeure partie transformées en un corps nouveau et toxique, le carbamate d'ammoniaque, qui sera ultérieurement luimême dédoublé en une série d'autres produits.

Ce sont les cellules lymphatiques, ou plutôt les diverses cellules de la série lymphatique qui habitent les voies de la Ivmphe ou le tissu conjonctif de la muqueuse, qui sont les instruments actifs de ces diverses actions modificatrices des matériaux absorbés. L'endothélium lymphatique lui-même n'est pas inactif. Comme l'a montré récemment Ranvier (1), il sépare du milieu intérieur une substance grasse analogue à la -myéline.

En regard de lout ce mouvement complexe vient se placer dans l'intestin le dispositif variable et complexe aussi des formations adénoïdes. Celles-ci consistent en des points d'infiltration, sans forme ni configuration, ni position régulièrement définies, de la muqueuse par le tissu réticulé avec ou sans points folliculaires ; ou bien en des follicules clos isolés ou agminés. Le lout réalise dans l'intestin un véritable appareil ganglionnaire, au sein duquel les cellules lymphatiques effectuent des échanges, se multiplient et se rénovent. A côté d'une sorte de fuite incessante des éléments de la lymphe apportés par les vaisseaux sanguins dans le parenchyme des villosilés, le système des formations adénoïdes de la muqueuse constitue un foyer actif de renouvellement de ces cellules. Il crée une série de centres d'arrêt pour les bactéries, et de modification pour leurs toxines ou les poisons quelconques absorbés par la voie lymphatique. L'appareil folliculaire et adénoïde augmente encore ici 1 électivité du filtre constitué par l'épithélium à plateau strié qui revêt la surface interne de l'intestin.

Aussi, quand cette dernière est le siège d'une inflarnmation catarrhale quelconque un peu intense, tous les trajets lymphatiques et les formations adénoïdes de la muqueuse réagissent rapidement et avec vigueur. Tel est le cas dans le choléra (2), dans la dysenterie (Kelsch), etc. L'endothélium des capillaires lymphatiques se tuméfie ; son protoplasma devient granuleux et ses noyaux se multiplient. Les capillaires lymphatiques présentent alors des bourgeonnements parfois même oblitérants formés par l'endothélium tuméfié. Cette endolymphile oblitéy'ante est spéciale aux réseaux capillaires. Elle constitue probablement tout à la fois une réaction individuelle de ces vaisseaux, et un moyen d'arrêt opposé à la progression des agents pathogènes ou de certains poisons d'origine animale, le long des voies de la lymphe.

(1) L. Ranvier, Comptes rendus de VAcad, des Sciences (séance du 9 mars 189G).

(2) Kelsch bt Rbnaut, Noie sur le.^ altérations hislologiquea de Tintestin et sur quelques modifications du sang dans le choléra (Soc, médic. des Hôpitaux de Paris, 23 septembre 1873 ; Progrès médical^ 1873).

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