FIBRES A MTBUNE ET FIBRES DE RBMAK DES NERFS DU FOIE
sur la sécrétion de la bile (1). Ce qui fait varier en plus ou en moins cette sécrétion, c'est l'augmentation ou la diminution de la tension vasculaire et de l'activité circulatoire dans le foie. Au commencement de chaque digestion, la sécrétion de la bile devient plus abondante. On observe en même temps une congestion intense de l'estomac et de l'intestin. Le sang se montre rouge dans la veine porte, et la tension devient plus considérable dans les capillaires hépatiques. C'est aussi ce qui arrive quand on a coupé les nerfs splanchniques. Quand, au contraire, on excite ces mêmes nerfs, les réseaux capillaires . de l'estomac et de l'intestin deviennent des aires de circulation réduite. Dans le premier cas, la sécrétion biliaire est augmentée ; elle est diminuée dans le second.
Au point de vue purement histologique, il convient de distinguer cependant les nerfs du parenchyme hépatique des nerfs des voies biliaires.
NeHs dn parenehjme hépatiqae. — Il est facile de mettre en évidence un grand nombre de nerfs tout autour des branches de distribution de l'artère hépatique. Comme l'a indiqué R a nvier (2), ces nerfs sont en majorité formés de fibres de Remak ; mais on y rencontre aussi quelques fibres à myéline. Dans les espaces.inter-lobulaires, il n'y a plus que des fibres de Remak. Les fibres à myéline se poursuivent donc sous forme de fibres amyéliniques avant d'aborder les lobules.
Au sein de ces derniers, Ranvier a mis en évidence, par la méthode de l'or, un magnifique système de fibres se colorant en violet comme les fibres nerveuses, et décrivant un plexus disposé cr autour des vaisseaux sanguins, aussi bien des capillaires inter-lobulaires que delà veine centrale et que des ramifications inter-lobulaires de la veine porte ». Mais il n'a pu (non plus qu'aucun histologiste par la méthode
(1) R. Hbidsnhain (in Manuel de physioL de Hermanm) fait observer que, si l'on coupe un seul pneumogastrique, la sécrétion biliaire n'est ni augmentée, ni diminuée. Si l'on coupe les deux, elle s'arrête; mais, en revanche, elle reprend dès qu*on pratique la respiration artificielle. L'arrêt est donc ici provoqué par Taction sur la respiration, laquelle agit sur la circulation. — La section des splanchniques aug^ mente la sécrétion biliaire; mais c!est uniquement là un effet de la vaso-dilatation paralytique des vaisseaux de l'intestin. L*excitation des splanchniques, en même temps, qu'elle anémie l'intestin, détermine une diminution de la sécrétion biliaire. — Pour Maurice Doyon, le grand splanchnique est, en revanche, le nerf moteur des voies biliaires.
(2) Ranvier (Journal de micrographie, t. X, p. 444), a mis aisément ces nerfs en évidence en étalant sur un morceau de bois, l'adventice en haut, des fragments des biimches de l'artère hépatique, puis en fixant pendant vingt- quatre heures par l'acide osmiqae en solution à 1 pour 100. On détache l'adventice avec soin, puis on l'étalé sur une lame de verre après l'avoir colorée par le carmin aluné. Ensuite, on examine dans la glycérine formiquée à 1 pour 100. On voit alors les fibres de Remak avec leur disposition plexiforme et leurs noyaux, et l'on distingue d'emblée les rares fibres à myéline.
RsNAUT. — Histologie pratique II. 94
i488 PLEXUS INTRA-LOBULAIRE ET PLEXUS PERI-GELLULAIRE.
de Tor) rattacher ce système de fibres aux fibres nerveuses légitimes. En revanche, P. Korolkow (1) a mis en évidence à la fois le plexus intra-lobulaire et les dispositions nerveuses préterminales extra-lobulaires, parla méthode de son maître Dogiel (bleu de méthylène direct). Il a également constaté l'existence d*un certain nombre de fibres nerveuses à myéline, parmi les fibres de Remak qui enlacent les vaisseaux sanguins. Les fibres sans myéline se résolvent en une multitude d'arborisations fibrillaires formant des entrelacs épais autour des artères et des veines ; et de là se dégagent des fibrilles fines courant isolément le long des capillaires. Les fibres à myéline, après s*être éparpillées entre les lobules, émettent des arborisations cylindraxiles nues, puis des faisceaux fibrillaires qui pénètrent le lobule par une série de points, et ensuite forment un plexus dans l'intervalle des travées hépatiques, absolument à la façon de celui dessiné par la méthode de l'or.
C'est de ce plexus que, d'après Korolkow, partentles rameaux terminaux. Ceux-ci d'une extrême finesse, courent dans la direction des travées et forment à leur entour un plexus péricellulaire. On ne pourrait, en revanche mettre en évidence, par cette méthode, de terminaisons libres soit intca-cellulaires, soit inter-cellulaires.
Nerto dea voiea bUiaires. — Les nerfs des voies biliaires ont été surtout bien étudiés dans le vésicule biliaire et le canal cholédoque du Cochon d'Inde par Léo Gerlach(2), puis par Ranvibr(3). Ce sont tous des nerfs amyéliniques (4), D'autre part, ils présentent sur leur trajet un certain nombre de cellules ganglionnaires, à la façon des plexus nerveux de l'intestin. Ils forment un plexus ayant la signification d'un centre nerveux périphérique.
Toutefois, la position de ce plexus et sa constitution sont très diffé rentes de celles des plexus nerveux de l'intestin des mammifères par exemple. En majorité, les nerfs de la vésicule sont compris entre la couche musculaire de celle-ci et sa surface extérieure, dans la couche celluleuse sous-péritonéale. En envoyant dans cette couche une injection interstitielle de mélange osmio-picro-argentique, on constate
(1) P. Korolkow, Anatomischer Anzeiger (t. VIII, p. 751-755, 1893).
(2) Léo Gerlach, Centralblatt, 1873.
(3) L. Ranvier, Journal de micrographie^ t. X, p. 212.
(4) G. Variot (Journal de VanaU et de la physiol,^ 1882), a décrit des fibr«8 nerveuses à myéline dans la vésicule biliaire du Cobaye. Ranvibr en a, par contre, absolument nié Texistence. Il se fonde sur la méthode suivante, employée par lui pour mettre en évidence à la fois le dispositif musculaire et les ner& de la vésicule du Cobaye. On fend le canal cystique, on exprime la bile, puis on injecte du jus de
.citron dans la vésicule. Celle-ci, enlevée, est ensuite plongée dans une solution d'acide osmique à 1 pour 100. Dans les lambeaux examinés à plat, dans la glycérine par exemple, on ne voit aucune fibre nerveuse avec des étranglements annulaires.