‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 366 sur 489 · DISCUSSION · texte numérisé non relu

DISCUSSION

épithélial, je me suis demandé si l'ensemble des cellules centroacineuses et des cellules basales — ensemble constituant un rets cloisonnant Tépithélium sécréteur — ne pourrait pas être ramené, lui aussi, à la signification myo-épithéliale et constituer l'instrument actif de l'expression des cellules glandulaires et du festounement des tubules, observés par KiJHNB et Lba dans la période de fonctionnement du pancréas ?

Mais cela posé, il faut remarquer que le système des cellules basales n'a, comme l'a fait remarquer Boll, de commun avec celui des paniers que sa constitution rameuse. D'autre part (ce qui est beaucoup plus important), il est à la fois continu avec les cellules centro-acineuses et avec le réseau des cellules fixes du tissu conjonctif. Il en faut forcément conclure que les deux font partie d'une seule et même formation, et que celle-ci est de signification conjonctive. Il faut aussi admettre que la glande a été remaniée et son épithélium pénétré, non plus ici par les vaisseaux sanguins comme dans le foie, mais par une formation connective amenée par ceux-ci et, comme nous Talions voir, dirigée également par eux quant à son sens de pénétration dans les parties épithéliales de la glande.

Bapporl» des tabcs sécréteurs avec les vaisseaux sanguins. — C'or*

dons pseudo-aeiniqnes. — Comme dans le parenchyme d'un foie tubulé, tous les espaces inter-tubulairës du pancréas sont occupés par des vaisseaux sanguins. Seulement, ceux-ci sont bipolaires artérioveineux et non plus bipolaires veineux. Le pancréas, demeuré en dehors de la sphère de végétation vasculaire dérivée des veines vitellines, reste aussi vascularisé sur le type ordinaire.

Quand on pratique une coupe un peu épaisse d'un pancréas, de Poulet par exemple, dont les vaisseaux sanguins ont été bien injectés par une masse à la gélatine et au carmin, on peut reconnaître d'emblée qu'ils ont exercé sur les tubes sécréteurs une action ordonnatrice remarquable. Le réseau des capillaires issu des artères de distribution, puis des petites artères, ne suit pas servilement ces tubes comme dans les glandes deBrunner en les enveloppant d'un rets individuel. Les capillaires filent par séries qui restent parallèles, bien qu'elles changent souvent de direction et de plan. Les traits parallèles sont reliés par des capillaires transversaux qui les font communiquer entre eux dans une même série et de série à série; de façon que tous, en fin de compte, communiquent entre eux dans un même lobule. Chemin faisant, ces séries de capillaires adoptent au passage, pour les vasculariser, des tubules pancréatiques issus de branches de végétation glandulaires très diverses et se présentant à Tembrassement des vaisseaux suivant des sens 1res différents. Dans toute l'étendue du trajet du tubule où cet embrassement a lieu, ce tubule est lié étroitement aux vaisseaux parallèles : il fait corps avec

1522 CORDONS PSEUDO-ACINIQUES - CONGLOBATION DBS TDBULES.

eux et ne peut en être séparé. L'ensemble des portions de tubules ainsi associées et des vaisseaux sanguins à marche individuelle et parallèle, dessine au sein du lobule ce que j'ai appelé autrefois les cordons psetido-aciniqiies .

Dans le cordon pseudo-acinique, les éléments glandulaires sont ordonnés par rapport à la marche des vaisseaux et se sont plies à la loi de végétation propre qui régit ceux-ci. Il représente dans le lobule une unité particulière, dans laquelle l'élément vasculaire règle l'agmination des éléments glandulaires par rapport à lui. Tel, dans le foie lobule, un capillaire radié desservi sur son parcours par des cellules hépatiques empruntées à une série de travées différentes, dont les lumières glandulaires (canalicules biliaires) n'ont pas pour cela perdu leur direction propre, qui est celle de la branche de végétation glandulaire que termine la travée. Le cordon pseudo-acinique représente donc l'unité ou formation première du pancréas sanguin, répondant à sa sécrétion interne. Les tubules sécréteurs pancréatiques, considérés en dehors des cordons pseudo-aciniques, répondent de leur côté aux unités glandulaires prises au point de vue de la sécrétion externe, à débit intestinal, du pancréas : c'est-à-dire à la sécrétion du suc pancréatique. Pas plus, d'ailleurs, que dans le foie lobule, on ne peut ici séparer l'unité vasculaire, pancréatique sanguine, de l'unité glandulaire, pancréatique intestinale. Elles sont liées ensemble : et c'est là ce qui fait du lobule cunéiforme un îlot individualisé d'une glande conglobée.

Il est facile de voir, sur une coupe tangentielle de la surface du pancréas du Poulet imprégnée de nitrate d'argent, que, pour les ordonner par rapport à eux-mêmes, les vaisseaux sanguins ont poussé contre les tubes sécréteurs et les ont ainsi plies et repliés. Gomme aussi c'est à la surface que ce mouvement s'est achevé, c'est là qu'on peut constater que nombre de vaisseaux, qui dépriment les tubules à angle vif, se terminent au fond de la plicature par une extrémité effilée, répondant à une pointe d'accroissement. C'est de ces pointes qu'on voit partir des sortes de bouquets de cellules ou de prolongements cellulaires pénétrant l'épithélium glandulaire et allant rejoindre le système des cellules centro-acineuses. C'est aussi pourquoi j'ai émis, en 1881, l'opinion que les cellules centro-acineuses du pancréas prennent leur origine dans des pointes d'accroissement et ont la signification vestigiaire d'un mouvement de pénétration de la formation épithéliale par les vaisseaux : mouvement demeuré, d'ailleurs, ici abortif, tandis qu'il se poursuit jusqu'au bout dans le foie.

Slromia confonctlf et vasculaire dn lobule paner éatlqne . — Si l'on

traite par le pinceau une coupe un peu épaisse du pancréas du Poulet, du Cheval ou du Chien, dont les vaisseaux sanguins ont été complè-

STROMA GONJONCTIP ET VASCULAIRB DU LOBULE CUNEIFORME. i523

tement injectés par une masse à la gélatine et au carmin, puis qu'on la colore par Téosine hématoxylique ou Thématéine et Tèosine, on dégage un stroma rétiforme continu dans toute retendue d'un même lobule. Les vaisseaux sanguins occupent Taxe des travées et font absolument corps avec celles-ci, exactement comme dans le tissu réticulé d*un ganglion. Les mailles, arrondies, sont occupées par les tubes sécréteurs. C'est pour cette raison que j'ai autrefois comparé le stroma du lobule cunéiforme à celui des ganglions lymphatiques.

Mais il ne s'agit pas du tout ici de tissu réticulé vrai, ni même d'une forme quelconque du tissu adénoïde. Le stroma est rétiforme, simplement parce que les tubes sécréteurs, un grand nombre de fois branchés en toutes sortes de sens et de plans dans les intervalles des vaisseaux sanguins, sont entourés par ces derniers d'une paroi fenêtrée, sur laquelle repose leur épithélium sécréteur et qui les relie aux vaisseaux avec lesquels cette paroi fait corps. Quand on a chassé l'épithélium sans ménagement, on dégage un stroma alvéolaire à travées épaisses, circonscrivant des espaces arrondis occupés par les tubules. Ces espaces ne répondent pas chacun à la section d'un boyau continu limité par une membrane propre, comme dans les sections épaisses d'une glande de Brunner. Ce sont des mailles comparables à celles d'une éponge, à la surface desquelles sont disposées des cellules rameuses du tissu conjonctif reposant sur des travées lamelliformes, transparentes. Par une injection interstitielle du mélange de liquide osmio-picrique et de nitrate d'argent, on se convainc que ces cellules ne dessinent pas un endothélium à la surface des travées. Par un traitement au pinceau très ménagé, ou mieux par l'agitation des coupes sur le diapason, on peut^ en outre, aisément reconnaître que les cellules axes de la surface des travées, répondant pour la plupart aux cellules basales de la périphérie des tubes sécréteurs, se continuent dans l'épaisseur de ceux-ci, puis dans leur axe, avec le système des cellules centro-acineuses. Ace point de vue, je suis entièrement d'accord avec von Ebner et Podwissotski. Par contre, je n'ai pu par aucune méthode mettre en évidence la membrane vitrée, anhiste et continue, décrite par Saviotti au pourtour des tubes sécréteurs.

Chaque lobule cunéiforme est, comme le lobule pulmonaire composé, limité par une mince membrane fibreuse, inséparable du parenchyme du lobule. Le tissu conjonctif inter-lobulaire est en revanche d'une extrême laxité ; il est formé par du tissu connectif diffus délicat, parcouru par un petit nombre de vaisseaux sanguins et par les capillaires lymphatiques. Ce tissu connectif inter-lobulaire subit souvent la transformation adipeuse. On voit aussi, chez l'Homme, un certain nombre de vésicules adipeuses à l'intérieur des lobules, comme dans la parotide.

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