‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 376 sur 489 · CELLULES GRANULEUSES DES POINTS PSEUDO-FOLLICULAIRES · texte numérisé non relu

CELLULES GRANULEUSES DES POINTS PSEUDO-FOLLICULAIRES

rempli d'une multitude de granulations brillantes qui se touchent toutes. Ces cellules sont aussi éosinophiles : on les reconnaît du premier coup. Dans les pseu do -follicules fœtaux bien développés, elles se tassent dans Fécart des vaisseaux au contact les unes des autres, mais sans perdre totalement leur configuration sphéroïdale.

Le long des branches secondes de végétation, sur le pied ou au centre des rosettes de bourgeons glandulaires qui terminent chacune de celles-ci, on peut voir des pseudo-follicules en voie déformation et tout à fait embryonnaires, identiques à ceux des cordons pancréatiques primitifs. Les uns sont déjà séparés des branches glandulaires et pénétrés par les vaisseaux, les autres sont seulement reconnaissablés à ceci : dans un et souvent dans plusieurs bourgeons appartenant au système de la rosette, mais occupant toujours le voisinage de son pied,. on voit apparaître un nombre variable de grosses cellules rondes, granuleuses, éosinophiles, parmi les cellules ordinaires. Certains de ces bourgeons ne renferment que quelques-unes de ces cellules (voy. fig. 924); d'autres, plus développés, en sont entièrement formés. Tout autour d'eux, un rameau issu directement d'une fusée vasculaire afférente vient dessiner un petit système particulier, d'où partent des diverticules ou des pointes d'accroissement poussant contre le bourgeon épithélial. Dans un même lobule provisoire, on voit ainsi un certain nombre de bourgeons qui sont soit à demi, soit entièrement pénétrés. Des globules sanguins et des pointes d'accroissement occupent leur lumière déjà plissée, comme chiffonnée. Ces bourgeons épithéliaux sont, à ce stade, séparés ou non de l'ensemble de ceux formant le reste de la rosette terminale correspondante. Us répondent chacun de cette façon à un îlot pancréatique provisoire.

Ces faits sont très instructifs. Ils montrent tout d'abord que le pancréas épithélial croit, s'arborise et se développe initialement comme les autres glandes, par des branches de végétation se subdivisant ensuite en rameaux de seconde, de troisième venue, clc. Mais le pancréas en cours de développement diffère des glandes ordinaires en ce que, dans chaque poussée donnant naissance à un groupe de culs-de-sac glandulaires fœtaux; il y a au moins un bourgeon épithélial qui ne se développe pas comme les autres. Il est entouré, pénétré par les vaisseaux sanguins. Ses cellules épithéliales, qui ont changé de type et sont devenues globuleuses et granuleuses, perdent leur ordonnance initiale autour d'une lumière glandulaire pour former des rangées simples entre les vaisseaux, exactement ici comme dans la zone glomérulaire d'une surrénale. Chaque pseudo- follicule ainsi formé comme un bourgeon spécial de la glande en voie de croissance, puis achevé (fig. 927), constitue donc une petite glande conglobée, a vasculaire sanguine » comme on disait autrefois. Et la glande continue de croître, semant à chaque étape de sa croissance un et souvent

PSEUDO-FOLLICULES FŒTAUX ENTIEREMENT DEVELOPPES.

plusieurs points pseudo-folliculaires nouveaux. La différenciation de ceux-ci à ses dépens semble une loi de sa végétation même.

11 y a plus. Dans un même groupe de tubules en rosette formant l'épanouissement d'une branche de végétation, il n'y en a qu'un ou

va l

. str

Fia. 927. — Voisinage d*un point pseudo-folliculaire entièrement développé dans le pancréas fœtal d*un embryon humain de 11 centimètres. Filiation par le liquide de Miiller; coloration par Téosine hématoxyliquc. — (Ocul. 1, obj. 8 de ReicherU Chambre claire : figure un peu réduite.)

B, tranche principale de vôgélalion coupée obliqucuent au voisinage du point où elle émet les luhuloK pancréatiques p%p; — p'-, un tubule seclionnè obliquement au voisinage du point où il donne naissarce à un tubulo secondaire, dont on voit la section en travers dans le plein de la rangée épithéliald d'où il part;— /, /, lumière glandulaire des tubules; ~ 6,b, cellules bassin; — PF, pseudo-follicule principal du lobule pancréatique provisoire; — Cg^ cellules grin»ileas#» de ce pseudo-follicule; — v, vaisseaux du pseudo-follicule, subdiviitant ses cellules {;ranulru!C$ eb rangées intervasculaires; — v\ bourgecn vasculaire terminé en rul-de-sac renflé; — j»«. pointe d'accroissement terroinaLt un vaisseau du pseudo-follicule; — c'<7', cellules i^ranulenseï dans un tubule non encore plissé; — c"g"^ cellules granuleuses en voie de prolifération et de stratification dans, un tubulo qui devienlra un pseudo-follicuU acressoire; — ira, vacuoles formées par le départ des gouttes sarcodiques de la zor.e infra-nucléaird des cellules glandulaires; — str, stroma conjonctif.

deux qui se transforment en points pseudo-folliculaires. Mais, en revanche, beaucoup d'entre eux renferment des cellules globuleuses et granuleuses, éosinophiles et identiques à celles des rangées épi théliales des pseudo-follicules fœtaux. Certains tubes en sont complètemeut remplis que les vaisseaux transformateurs n'abordent pas. Dans

FONCTION SURTOUT FŒTALE DES PSEUDO-FOLLICOLES. 1547

d'autres, les cellules granuleuses prennent, au sein de répithélium ordinaire, la position des cellules de revêtement des glandes gastriques par rapport aux cellules principales. Ailleurs, tout un côté du tube est tapissé de cellules cylindriques ; l'autre côté Test par des cellules granuleuses. Tout ceci semble bien indiquer qu'il y a dans le pancréas fœtal une fonction particulière dont les pseudo-follicules senties agents majeurs, mais qui est aussi répandue dans d'autres portions de la glande, demeurées tubuleuses. La constitution du pseudo -follicule et sa séparation d'avec la portion lubuleuse delà glande porte à croire, comme le suppose Laguesse, qu'il s'agit bien ici d'une sécrétion interne. La présence des cellules granuleuses dans destubules pancréatiques non transformés, indiquerait dans cecas que cette fonction n'est toutefois pas exclusivement exercée par les seuls points pseudo-folliculaires.

En tout cas, ces derniers ne peuvent plus être considérés comme des formations abortives ou des foyers de destruction histoly tique. Chaque poussée de végétation du pancréas créant des lobules pancréatiques provisoires, édifie des pseudo-follicules. Ils ont donc \xiiQ fonction fœtale. Après l'avoir exercée dans le lobule provisoire, ils disparaissent avec lui. Car dans ce lobule, chaque rosette terminant les branches principales de végétation et y représentant un îlot pancréatique provisoire, devient bientôt à son tour le centre d'un lobule pancréatique provisoire de seconde venue. Ainsi de suite. De même, la branche de végétation qui pédiculisait le lobule provisoire devient une branche des canaux excréteurs. Son point folliculaire principal disparaît alors par atrophie, tandis qu'il s'en forme un autre individualisant chaque lobule provisoire secondairement formé. Ainsi de suite encore ici jusqu'au terme du développement.

Le dernier venu des lobules du pancréas en voie de croissance se développe en fin de compte en un lobule cunéiforme définitif. Les rosettes, terminales ou latérales, de chacune de ses branches de subdivision fournissent chacune aussi un îlot pancréatique définitif, avec son ou ses pseudo- follicules petits, rudimentaires, quelquefois même incomplètement développés, et à peine indiqués par un mouvement hélicin partiel des vaisseaux sanguins au milieu d'un petit amas de cellules granuleuses, non glandulaires^ faisant partie encore d'un tube resté sécréteur plus haut et plus bas, et dont la paroi a été simplement chiffonnée sur un point de son trajet par la poussée du groupe des capillaires artériels. Ces points folliculaires, incomplets et en communication avec les tubes sécréteurs, ont leur origine dans certains tubules dont l'épithélium a évolué en cellules granuleuses, psçudofoUiculaires, à la phase fœtale, sans se transformer plus tard en pseudo-follicules complètement individualisés.

Page 1