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LES REINS PRIMITIFS

Les résidus des ingesta sont expulsés par l'anus ; ceux de la nutrition interstitielle doivent être également rejetés. Les éléments cellulaires de lorganisme se comportent, en fin de compte, individuellement, comme des ferments animés. Pour vivre, ils développent des actions chimiques aboutissant d'une part à Tassimilation de certains produits de ces actions mêmes, d'autre part à la formation de substances qui, retenues, les feraient périr ou seraient nocives pour d'autres cellules. Telle la levure de vin meurt au bout d'un certain temps dans la cuve, tuée par l'acide carbonique, l'alcool, etc., qu'elle a développés en vivant.

De pareils produits de l'activité cellulaire doivent être éliminés. L'acide carbonique, sorte de fumée des combustions interstitielles, l'est par la surface respiratoire. La cendre de.ces mêmes combustions, l'urée, et les substances issues des combustions incomplètes (acide l

urique, créatine, créatinine, etc.), les sels minéraux en excès : tout ce qui peut traverser l'organisme sans devoir ou ^pouvoir s'y fixer est expulsé par des organes excréteurs spéciaux dont l'ensemble constitue V appareil émulgent.

D'autre part, les ce cellules sexuelles d qui, dans un tout autre but fonctionnel, doivent être amenées hors de l'organisme après y avoir germé, puis mûri, empruntent pour en sortir (chez les vertébrés) . |

la voie des organes excréteurs. De là, malgré une apparente diversité, |

l'unité du système fondamental appelé par les anciens anatomistes -^ \

1550 ORGANES EXCRÉTEURS — CANAL SEOMBNTAIRE.

et avec juste raison, — V appareil génito-urinaire. Pour les produits extraits du sang })ar les glandes émulgentes et pour les spermatozoïdes et les ovules mûrs des glandes sexuelles, la voie d*excrétioQ ou de transfert est en effet fournie par un segment, un dédoublement ou un bourgeon d'un seul et même organe primordial : le canal segmentaire.

Orsanes MjiaieBtaireB . — Chez les invertébrés, les organes excréteurs consistent essentiellement en des tubes, contournés ou branchés et souvent revêtus de cellules ciliées, munis d'un poy*e ouvert à la surface extérieure du corps, et en règle d'un orifice interne ou eTtionnoir cilié s'ouvrant dans la cavité viscérale, ou cœlome. L'ensemble de ces tubes constitue l'appareil segmentaire. Chez les vertébrés, la vie par le sang exige une modification de cet appareil. 11 n'est plus qu'accessoirement mis en rapport avec la grande cavité primordiale. Un organe sanguin dépurateur, le filtre glomérulaire, lui est annexé, et il prend le pas ensuite et très rapidement comme agent essentiel de la fonction.

«loméraie. — Le glomérule consiste en un roseau de capillaires qui diffère de tous ceux de l'organisme en ce qu'il est bipolaire artériel. Sur le trajet d'une branche artérielle née de l'aorte, il se développe des capillaires dont le vaisseau efférent est artériel tout comme l'afiërent. Le réseau glomérulaire, toujours disposé en forme de houppe ou de bouquet, filtre le produit excrémentitiel, l'urine extraite du sang artériel. L'urine est reprise ensuite par un système de canaux constituant, soit des prolongements de la cavité pleuro- péritonéale, soit des bourgeonnements du canal segmentaire primordial. C'est toujours ce canal ou l'une de ses formations secondaires, qui constitue la voie d'excrétion vers le dehors des produits à expulser.

Dès que l'embryon de vertébré commence à vivre par son sang propre, circulant, la fonction urinaire s'établit chez lui. Elle doit demeurer continue jusqu'à la mort. Cette nécessité est satisfaite dès le début par la continuité du développement même. 11 y a toujours dans l'organisme un rein qui fonctionne. Tel, chez les larves d'urodèles le rein primordial ou « pronéphros », constant d'ailleurs chez les vertébrés, apparaissant chez tous le premier, mais ne fonctionnant pas chez tous. Au rein primordial succède le «rein primitif» ou «mésonéphros». — C'est le corps de Wolff bien connu, jouant le rôle de rein définitif chez les anamniotes, développa et actif transitoirement au contraire chez les amniotes, munis d'un rein définitif ou « métanéphros ». Tous ces organes émulgents consécutifs sont entés sur le canai seymentaire, qui représente morphologiquement, on va le voir, un organe segmentaire d'invertébré.

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