‹ Traité d'histologie pratiqueChapitre 384 sur 489 · BOULES COLORÉES DANS UBPITHÉLIUM DES TUBULBS INTERMÉDIAIRES · texte numérisé non relu

BOULES COLORÉES DANS UBPITHÉLIUM DES TUBULBS INTERMÉDIAIRES

brane propre, à la surface interne de laquelle repose répithèlium. Leur lumière est large. Ils se contournent de mille manières entre la ligne des glomérules et celle de la veine émulgente et du canal de Wolff, excréteur général. Dans leurs écarts, le tissu conjonctif ne tient aucune place. Leurs intervalles sont exactement occupés par des capillaires sanguins dont la paroi fait corps avec leur membrane propre, tout comme dans le foie. Leur enroulement forme une masse entourant le glomérule pectine, et dont le développement principal est antéro- externe. Ils se poursuivent, au voisinage delà région postéroexterne occupée par le canal de Wolff, avec les canalicules intermédiaires qui, d'ailleurs, se contournent comme eux et avec eux, de telle sorte que leurs sections en long ou en travers sont mêlées.

Canalicules intermédiaires, — Ces canalicules, à lumière large, diffèrent des précédents en ce que leur épithélium est formé de cellules plus basses, à noyaux se teignant plus intensément et à protoplasma moins vulnérable. Ce sont là, évidemment, des homologues des anses de Henle du rein définitif. De distance en distance, au sein du protoplasma granuleux des cellules épithéliales, on y voit des boules particulières que je n'ai trouvées que dans le rein wolffien des cyclostomes. Elles sont réfringentes, insolubles dans Teau, Talcool et les essences. Les unes sont colorées en grenat foncé, les autres ont une teinte vert d'émeraude magnifique. C'est dans la dernière portion des canalicules intermédiaires, dans le segment du rein confinant au canal de Wolff, qu'on rencontre ces boules vertes semées dans le protoplasma comme des grains de zymogène. Elles ont une grande importance à mes yeux, car on n'en voit point dans le sang: elles sont donc le produit àeY activité secrétaire de Tépithélium des tubules wolffiens. Cet épithélium jouit par suite à un certain degré de propriétés glandulaires, ce qu'on a longtemps contesté. Le petit fait histologique sur lequel je viens d'insister tranche en réalité une question de physiologie très controversée.

D. Canaux col lecteurs et canal de IVolff. — Le Canal de Wolff,

occupant le bord postéro-externe du rein, offre, une large lumière, mais celle-ci n'est pas circulaire. Le canal excréteur est aplati comme un fourreau. Autour de lui (voy. fig. 936, W), la capsule fibreuse du rein wolffien forme une membrane solide doublant sa paroi externe, sous-péritonéale. Sa paroi interne est abordée vers l'extrême bord externe du rein par les canaux collecteurs, tous transversaux comme les entonnoirs ciliés (fig. 940). Entre eux, pénètre jusqu'à une certaine distance le tissu conjonctif, prolongement de l'enveloppe fibreuse et semé de grands chromoblastes. Ce tissu con* jonctif s'épuise rapidement. On n'en trouve plus autour des canaux intermédiaires mêlés aux canalicules sécréteurs et contournés comme eux.

CANAL DB WOLPF. 1573

L'épithélium du canal de Wolff est beaucoup plus haut et développé

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FiG. 940. — Kxti'émité poBtéro-externe du rein wolffien de la grande Lamproie, montrant en partie la coupe transversale du canal segmentaire (canal de >A'olff) et de rextrémitédu parenchyme rénal. — Fixation par Talcool fort. Picrocarminate. — (Ocul. 1, obj. 2 de Vérick; chambre claire.)

S, lumièro du caDal segmentaire (canal do Wolff); — \V, parenchyme du corps de Wolff; — d, épitbéliura de la paroi externe du canal do Wolff; — d\ son prolongement sur la paroi externe d'un canal collecteur : dans la partie profonde do la coupo /ici un peu épaisse), on voit cet épitliélium se cootinuer par un ôpiihélium semblable à celui de la paroi interne du canal (!o Wolff (ici desquamé dans lo canal lui même); — e^ épilhèlium des ranaux collecteurs; — c, lumière élargie un peu en tnton'io'r d*un canal collecte ir à son point d'ouverture dans le canal de Wolft; — c' cette même lumière élargie au voisinage du point d'abouchement dans un tube collecteur coupé obliquement; — e', Aplbélinm des canaux intcrmédiaroi; — te, to canalicules wolfriens du rein; — a^a'^a", paroi du canal de Wolff; — c"» coude conncctive interne de la paroi du canal de Wolff. — 6, couche de flbres lisses, annulaires, de la paroi externe du canal de Wolff; — «", éperon valvulairo destiné par un mouvement rentract de la paroi du canal de Wolff à l'embouchure du dernier canal collecteur.

sur la paroi externe que sur Tin terne. Cette paroi interne est parcourue

ÉPITHÈLIUM STRATIFIÉ DU CANAL DE WOLPF.

par des crêtes longitudinales renfermant des vaisseaux sanguins, et au-dessus desquelles répithélium dessine des groupes flocculeux. L'épithélium est fôrnié de plusieurs rangées de cellules (flg. 941). Celles qui bordent la lumière du canal sont pyramidales : la base de la pyramide répondant au pôle libre, son sommet, très effilé et long, au pôle d'insertion. Les cellules pyramidales poussent par groupe qui souvent, sur les coupes, se rejoignent par les pôles libres des cellules extrêmes; de sorte qu'entre ces groupes Tépithélium des rangées pro-

^^u^et

FiG. 941. — Coupe transversale du revêtement épithélial du canal de Wolff (canal segmentaire jouant le rôle d*uretère) du rein wolffien de ia grande Laxnproie. — Fixation par l'alcool. Coloration au picrocarminate. — (Ocul. 1, obj.8 de Reichert; chambre claire ; — figure réduite.)

s/, pli répondant à un sillon lon^'iludinal; — c, cellules épilbèliales superficielloa devenues pseudo-colloïdes et affectant la forme pyramidale; — a, cellules ordinaires, stratifiées et afiect4uit à la surface des plis en relief la disposition en groupes flocculeux; — 6, cellules pyramidailett jeunes de remplacement; — p, reliefs du dorme muqueux répondant à ceux des sillons; — v, petite veine coupée en travers: — ;, capillaires sanguins montant dans les reliefs des sillon»; — /*, plan annulaire de fibres lisses.

fondes semble compris comme entre des arcades. Les cellules pyramidales, superficielles, ont subi une évolution toute particulière, pseudocolloïde. Leur protoplasma est réfringent avec un éclat gras. Il se colore énergiquement par Téosine, tandis que celui des cellules profondes se teint à peine en rose. On retrouvera ces mêmes caractères dans répithélium de l'uretère du métanéphros.

Les canaux collecteurs ont un épithélium tout à fait semblable à celui de la paroi externe du canal de WolflF. Leur trajet est court, transversal ou légèrement oblique. Il est facile de constater que chacun d'eux reçoit un certain nombre de canalicules intermédiaires. Sur le point de passage entre les deux on peut voir, de distance en distance, s'élever entre les cellules épithéliales des canalicules intermédiaires de jeunes cellules étroites, à protoplasma réfringent semblable à celui des cellules pyramidales superficielles du canal de Wolff.

ÉPITHéLIUM DBS CANAUX INTERMÉDIAIRES ET COLLECTEURS. I575

Puis, ces cellules deviennent elles-mêmes pyramidales (flg. 942) et ponsseut par groupes un peu plus loin, végétant par le mécanisme des cellules à pied, et stratiâant par suite le revêtement épithélial. Elles dessinent enfin des arcades, et Tépithèlium devient tout à fait stratifié, identique à celui de la paroi externe du canal de Wolfi*. La paroi interne de celui-ci, confinant au labyrinthe, est, au contraire, tapissée par un épithélium semblable à celui du point d'union des canalicules intermédiaires avec les canaux collecteurs. Souvent, du reste, on voit répithélium de la paroi externe du canal de Wolfi* se prolonger sur la paroi externe d'un canal collecteur qui y aboutit ; tandis que

FiG. d42. — Épithélium de la paroi interne du canal de WolfT et des canaux collecteurs du rein wolflfien de la grande Lamproie (même préparation que dans la figure précédente). — (Ocul. 1, obj. 8de Reichert; chambre claire.)

c. tf, corps protoplasraiquo; — n, noyau des cellules épithèliales ordinairos; — «,s, doux cellules pyramidales dont le pôle superficiel teud déjà à s'étaler par-dessus les autres et a déjà subi la transformation colloïde; — «'«jeune cellule pyramidale intcrcaUe aux autres et encore ftisiforme; — «%«% cellules pyramidales davantage, mais encore incomplètement développées.

répithélium bas et semé d'un petit nombre de cellules pyramidales de sa paroi interne se prolonge sur l'autre paroi de ce même canal collecteur. Ces faits ont une certaine importance morphologique, car ils tendent à faire admettre que les canalicules wolffiens dépendent bien davantage du canal segmentaire qu'on ne l'avait supposé. Cette dépendance s'étend tout au moins aux canalicules intermédiaires sans aucun conteste.

Artéresy veines, elrenlation Mincaliie du reto wolfUcn primitif. —

Les branches afférentes des bouquets de capillaires glomérulaires sont courtes; elles prennent naissance de distance en distance sur l'artère émulgente, qui file droit sur le bord interne du rein en suivant son hile linéaire. Elles se résolvent en capillaires artériels soit des anses centrales, soit des anses pariétales de chaque loge de la formation pectinée. Les capillaires sont tous anastomotiques les uns des autres. J*ai dit que les cloisons interceptant les loges partent du voisinage de l'artère émulgente comme d'un centre, pour s'insérer sur la capsule fibreuse dans les intervalles des entonnoirs ciliés. C'est du réseau artériel des anses pariétales, dans le pied des cloisons (c'est-à-dire à leur point d'union marginal avec la capsule), que partent les capillaires

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