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PRIMITIFS

Pourquoi tous ces changements et cette succession d'organes émoigents de type variable ? Ils paraissent relatifs à la satisfaction, assurée par l'organisme à quelque stade d'évolution qu'il soit parvenu chez l'individu ou dans la série, d'un seul et même but fonctionnel : la dépuration du milieu intérieur. Chez les vertébrés où les tissus vivent par le sang, c'est le sang qui doit être dépuré, et ceci d'une façon constante et continue, sous peine d'auto-intoxication à brève échéance.

De là certainement provient l'établissement, puis la fixation par l'hérédité chez les vertébrés, de cette fonction morphologique en vertu de laquelle chez tous il s'établit un pronéphros, qui sauf des exceptions en somme assez rares (larves des urodèles, par ex.), fonctionne peu ou point, puis un rein wolffien, et enfin chez les amniotes un rein définitif. Ces trois organes se succèdent de façon que, dès que l'un d'eux commence à s'atrophier par ses parties les premières formées, il fonctionne encore de par un dispositif déjà modifié et perfectionné par ses parties dernières venues, tandis que s'édifie sur un type encore plus parfait et mieux adapté l'organe émulgent définitif .

Le PRONBPHRos a pour fonction morphologique principale de donner le schéma de l'appareil dépurateur du sang artériel des vertébrés : le réseau bipolaire artériel dérivé de l'aorte ; la cavité séreuse par laquelle doit passer d'abord le produit de la filtration dépuratrice et qui, à l'origine, est le cœlome tout entier; le canal segmentaire qui fait communiquer cette cavité séreuse avec l'extérieur. Il fournit à l'appareil émulgent son conduit excréteur de tous les stades dans révolution, consistant en ce même canal segmentaire devenu le canal de Wolff, dont le rein épithélial définitif des amniotes ne sera qu'un simple rejeton.

Le REIN WOLFFIEN PRIMITIF réalise un second perfectionnement morphologique extrêmement favorable à l'activité et à la perfection de la fonction. La formation glomérulaire pectinée multiplie considérablement les filtres. L'augmentation du nombre des canalicules wolffiens

ROIJ; DBS REINS PRIMITIFS. 1535

par suite de la production des canalicules secondaires et l'apparition de Tactivité sécrétoire dans la dernière portion de ces canalicules, leur subdivision nette enfin en canalicules sécréteurs, intermédiaires et collecteurs, rapprochent déjà et de beaucoup le rein de sa constitution définitive. Toutefois, la dépuration se fait encore ici par des réseaux partiellement artério- veineux; l'urine sort albumineuse des capillaires glomérulaires.

Le REIN WOLFFIEN SECONDAIRE, représenté par la partie inférieure du corps de Wolfi* des mammifères, est caractérisé par l'apparition des glomérules exclusivement bipolaires artériels devenus extrêmement nombreux, et cessant d'être ordonnés en formation pectinée. L'organe dépurateur possède, ici, à peu près toutes les qualités et le dispositif essentiel d'un métanéphros. Le rein wolffien primitif, métamérique, à formation glomérulaire pectinée, existe bien toujours en tête de l'organe chez l'embryon, la larve ou le jeune de la plupart des anaraniotes; mais chez l'adulte, il disparaît par atrophie. Toutefois, le rein très volumineux du plus grand poisson ou du plus grand batracien renferme infiniment moins de glomérules et de tubes contournés qu'une seule pyramide d'un rein de mammifère de petite taille. Pour la vie par le sang très active, il faut un organe muni d'un bien plus grand nombre de petits filtres émulgents et de tubules sécréteurs. Dans ce cas, le métanéphros apparaît comme un rejeton du canal segmentaire durant la vie embryonnaire; tandis que le rein wolffien primitif fonctionne encore en tête de l'organe émulgent et que le rein wolffien secondaire est encore en voie de formation à sa partie inférieure ou postérieure, pour servir ainsi encore pendant une bonne partie de la période fœtale à la dépuration du sang de l'embryon.

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