MODES DE CROISEMENT DES FIBRES NBVROQLIQUES
chaque fibre nerveuse comme des manchons de dentelle roide. Après fixation lente par l'acide chromique ou les bichromates, cette dentelle de fibres est colorée en jaune paille très pur. L*éosine la teint en rouge pourpre comme les fibres élastiques; mais le picrocarminale les colore en rouge orangé, tandis qu'il donne aux fibres élastiques une coloration jaune d'or. Ce ne sont donc point là des fibres élastiques comme l'avait autrefois soutenu GerlacH (1). Ce ne sont point non plus des fibres de tissu conjonctif. La potasse à 40 pour 100, au bout de plusieurs heures, ne détruit point les fibres névrogliques et ne les gonfle même pas. Après vingt-quatre heures de séjour dans ce réactif, on peut s'en convaincre en traitant la préparation rapidement lavée par la coralline en solution dans Teau : les fibres névrogliques se teignent alors, inaltérées, en rouge pourpre magnifique.
Elles différent encore des fibres élastiques en ce que, même fixées par l'acide osmique à l'état de tension parfaite, elles demeurent homo gènes et ne paraissent nullement formées de grains noyés dans une substance homogène. Aucun réactif ne les résout en fibrilles : ce sont là des fibres homogènes par excellence. Quand elles sont rompues mécaniquement, elles cassent net. Au sein du réseau résultant de leurs entrelacs, elles marchent droit pour la plupart, sans se diviser ni se subdiviser sur leur trajet. Une fois dégagées de la cellule qui leur a donné naissance, ce sont donc là des a fibres de toute longueur » (Ranvibr). Elles se croisent le plus souvent en treillis^ en suivant la courbe des grosses fibres nerveuses auxquelles elles forment ainsi des manchons. Sur leurs contacts, elles adhèrent les unes aux autres. Le manchon étant ouvert et vidé de sa fibre nerveuse, il reste une gouttière rigide qui ne se déforme pas. Mais pour passer du manchon d'une fibre nerveuse à celui d'une autre fibre, les filaments névrogliques changent de plan en se coudant. Il en résulte des enlacements de fibres névrogliques analogues à ceux des fils d'un écheveau brouillé qu'on essayerait de développer, ou à ceux des chaînons- d'une chaîne; c'est ce que j'ai appelé les points de concours en chaînettes. Enfin, trois fibres névrogliques qui se rapprochent au contact, puis aussitôt divergent (à la façon des travées d'une maille de l'épiploon), dessinent de véritables points nodauo). Souvent l'aire du nœud est occupée par une mince membrane qui unit les trois fibres rapprochées et donne lieu aux mêmes réactions que les fibres névrogliques. Ce mode de concours s'observe tout particulièrement là où les fibres névrogliques ordinaires croisent les grandes fibres névrogliques du fulcrum radial, qui passent d'un travers à l'autre des faisceaux blancs et relient les unes aux autres les gaines réticulées des cylindres d'axe. On comprend aisément que
(1) Voy. Manuel (^histologie de Strigker, édit. anglaise de New-York, p. 626- 627, 1872.