DANS LE REIN DBPINITIP EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT. 1B
tion terminale dont j'ai parlé plus haut : deux crosses qui deviennent toutes les deux glomérulaires, et un bourgeon médian entre les deux crosses, végétant plus loin dans l'axe de la branche. Ce dispositif répond à n'en pas douter aux premiers rayons médullaires, sur tout le pourtour desquels se disposent les corpuscules de Malpighi et les canaux contournés pour dessiner le lobule rénal. Les embryologistes qui adoptent les vues de Sbdgwick pensent que les tubuli contorti et les gloraérules de la substance corticale se développent in situ dans Tépaisseur de la bande marginale embryonnaire, pour secondairement s*unir aux canaux collecteurs issus du canal rénal et conséquemment du corps de Wolff. J'ai été amené à une conclusion opposée par l'étude de riiistogénèse du rein de l'embryon humain de la fin du deuxième et de tout le' troisième mois. Les crosses glomérulaires développées soit sur un seul côté, soit symétriquement sur les deux côtés d'une branche de végétation, sont exactement semblables dans la bande embryonnaire répondant àla formation corticale et dans la zone des glomérules et des canalicules contournés provisoires. Sur les limites des deux, on voit nombre de branches appartenant manifestement à la pyramide fœtale et ayant semé sur leur parcours de gros corpuscules de Malpighi provisoires non encore entièrement atrophiés, passer dans la substance corticale et y développer des crosses, des corpuscules de Malpighi, etc. ' — Bref, il ne me paraît pas qu'il y ait de distinction réelle à faire entre le développement histogénétique dans les deux zones, sinon que dans la corticale les corpuscules de Malpighi sont, à partir d'un certain stade, définitifs. Ceux de la substance médullaire disparaissent au contraire rapidement. En règle, on n'en retrouve aucun chez le nouveau -né au sein des pyramides.
§ 2. — LE LOBULE RÉNAL.
CoBslttailoB i^énérale Ûu rein, et topographie de ses diverses ior-
■natfoAs. — On distingue dans le rein de l'Homme et des mammifères deux substances, la médullaire et la corticale, ordonnées comme suit autour du bassinet répondant à l'élargissement terminal du canal rénal devenu l'uretère, et des canaux papillaires devenus les «calices du bassinet ». La substance médullaire répond aux « pyramides de Malpighi », qui sont en nombre variable égala celui des calices. Chez certains mammifères tels que le Lapin, le rein tout entier n'a qu'une seule pyramide répondant à un calice unique. Quand il y a plusieurs pyramides, la pointe de chacune d'elles fait saillie dans le calice comme un mamelon : c'est la « papille » de la pyramide. Entre les papilles et les calices, la membrane muqueuse du bassinet est doublée
4594 CONSTITUTION GENERALE DU REIN DÉPINITIP — LOBULE RENAL.
par des pelotons adipeux (franges adipeuses du rein). Du côté de leur base, les pyramides sont doublées par la substance corticale; et celleci s'engage également entre leurs intervalles, pour former les (( colonnes de Bertin ». L'enveloppement des pyramides parla substance corticale affecte deux types distincts. — DansTun, la substance corticale passe droit de pyramide en pyramide et Ton ne voit pas le relief individuel de celles-ci. Tels le rein de l'Homme, du Chien, du Moiiton. — Dans l'autre type d'enveloppement, Técorce coifiFe chaque papille distinctement comme d'une calotte, de façon que le rein soit lobé et semble formé par la réunion d'un nombre variable de petits reins distincts. Tel le rein du Bœuf et davantage encore celui de l'Ours. Toutefois, au-dessus de la ligne des franges adipeuses du rein, ces petits reins élémentaires sont réunis entre eux de substance corticale à substance corticale par des colonnes de Bertin plus ou moins développées et étendues. La lobulation plus ou moins accusée du rein est un vestige de l'état fœtal, comme je l'ai déjà indiqué.
Les pyramides de Malpighi répondent surtout à l'arborisation des canaux papillaires et sont formées par la réunion des tubes collecteurs, ou de Bellini, Vers le point d'union des deux substances, le faisceau de tubes collecteurs réunis dans la pyramide se subdivise en une série de fascicules, qui pénètrent droit dans la substance médullaire comme des rayons, montent jusqu'au voisinage de la capsule fibreuse, et là s'effilent comme des pinceaux dont la pointe serait tournée en dehors. Ce sont les « pyramides » de Ferrein ou « irradiations médullaires » de LuDWiG. Leurs intervalles, ainsi que les colonnes de Bertin, sont occupés par la substance corticale ou « substance glanduleuse », formée par l'emmêlement des tubes contournés. C'est pourquoi on appelle aussi cette substance le « labyrinthe ». C'est dans le labyrinthe que sont aussi renfermés les corpuscules de Malpighi. Sur une coupe franche du rein examinée à jour frisant, on voit chacun d'eux briller comme un petit grain de sable fin (d'où le nom de substance granuleuse). — Sur tout le pourtour du rein règne la « capsule fibreuse », qui l'entoure comme un sac et vient adhérer à la paroi du bassinet au niveau du hile. Voilà pour la portion tubuleuse de l'organe : on voit qu'elle reproduit le type d'une glande tubuleuse ramifiée et à tubules contournés à partir d'un certain point de leur trajet.
Lobaie rénal. — Un luot maintenant sur la formation vasculaire : Sur les limites des deux substances, l'artère et la veine émulgente, — l'une, branche de l'aorte et entrant par le hile, l'autre, tributaire de la veine cave inférieure et sortant par ce même hile, — dessinent des arcs artériels et veineux de distribution, convexes en dehors. De la convexité des arcs artériels partent vers la substance corticale les artères inter-lobulaires ^ d'où proviennent les artérioles afférentes des glomérules. Les arcs veineux reçoivent les veines inter-lobu-
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laires, satellites dès artères du même nom. Des bandes ascendantes de tissu conjonctif accompagnent ces vaisseaux au sein de la substance corticale. Ainsi se trouvent circonscrits des îlots de cette substance entre les groupes de vaisseaux sanguins ascendants. Au centre de ces îlots, dont chacun répond à un lobule rénal, monte le pinceau de tubes collecteurs répondant à la pyramide de Ferrein ou irradiation médullaire. Chaque tube entrant dans la constitution de celle-ci est un « rayon médullaire ». Entre les rayons médullaires et montant avec eux de la pyramide dans Técorce, prend place un peu de tissu .conjonctif jeune, muqueux, non développable, qui s'épuise vers la pointe de la pyramide de Ferrein. Entre le faisceau central des rayons médullaires et la série des vaisseaux inter-lobulaires qui l'entourent k distance, se rangent les glomérules et les corpuscules de Malpighi appendus comme des fruits aux artères inter-lobulaires, et les tubes contournés des difiërents ordres. La substance tubuleuse est, de la sorte, continue de lobule à lobule dans les intervalles des vaisseaux sanguins inter-lobulaires. Ce qui individualise en réalité le lobule rénal, c'est l'irradiation médullaire qui en occupe le centre. Les artères inter-lobulaires, en revanche, donnent des glomérules au moins à trois lobules, parce qu'elles émettent des artérioles glomérulaires transversales, chemin faisant, sur tout leur pourtour.
De la concavité des arcs artériels et veineux de distribution partent les artères et les veines droites, destinées à la substance médullaire de la pyramide. Aucune artère droite n'est glomérulaire chez l'Homme, le Chien, le Lapin adulte, où tous les corpuscules de Malpighi provisoires ont disparu de la pyramide sans laisser de traces.
RetA étémenuare on Bénicnie. — Le rein élémentaire ou (( rénicule » répond à une pyramide de Malpighi résultant elle-même de l'arborisation d'un canal papillaire primitivement unique, et à la substance corticale dont les tubes se déversent dans l'ensemble des rayons médullaires formant l'épanouissement de celte arborisation. Le rénicule possède donc autant de lobules qu'il émet d'irradiations médullaires, ou pyramides de Ferrein, au sein de la substance corticale.
Tni|et gloméroto-radlal et Lobultn rénal. — Cela pOsé, VOyonS
quelles sont les voies parcourues par l'urine à partir du glomérule jusqu'au rayon médullaire qui est un tube collecteur pur et simple. On peut diviser le chemin en quatre sections : — I. Le corpuscule de Malpighi. — II. Le tube contourné de Ferrein ou tube sécréteur. — III. L'anse de Henle. — IV. Les canaux d'union ou intercalaires, abouchés sur le rayon médullaire. Tel est toujours le trajet qu'on peut nommer trajet ylomérulo-radiaL II répond à l'appareil sécréteur, premier et irréductible du rein, comparable à celui du corps de Wolff.
Or, chaque rayon médullaire est, dans la pyramide de Ferrein,