ŒDÈME AIGU CONOBSTIP DU REIN
anémique du rein, fréquent surtout dans la néphrite interstitielle et dans certaines néphrites aiguës du type congestif, on voit, en même . temps que les glomérules exsangues, les tiges connectives et lents expansions vers les corpuscules de Malpighi énormément agrandis. D'autre part, les faisceaux conjonctifsqui occupent ces tiges sont gonflés; leur flbrillation est moins nette. A Tégard des réactifs, ils se comportent comme les faisceaux du tissu conjonctif lâche envahi par l'œdème, ou qu'on a hydrotomisé. Les lymphatiques qui les parcourent sont également très distendus, et on les reconnaît facilement sur les coupes en long ou en travers. En revanche, et ici encore tout comme dans l'œdème vulgaire du tissu cellulaire lâche, les espaces inter-fasclculaires renferment un très petit nombre de cellules lymphatiques. — Bien entendu aussi, dans ce cas, l'anémie des glomérules entraîne celle d'une portion plus ou moins étendue du labyrinthe. Les capillaires n'y reçoivent plus, en effet, le sang que d'une façon détournée : c'est-à-dire par les vaisseaux de l'irradiation médullaire commandés eo partie par le système des artères droites.
Dans l'œdème aigu congestif, dont le type est réalisé par la néphrite scarlatineuse vulgaire (1), on n'a pas affaire à une poussée de transsudation séreuse, mais bien à un immense mouvement diapédétique. On voit alors les cellules lymphatiques s'accumuler le long des bandelettes connectives satellites de l'artériole afférente et dans les lamelles péri-capsulaires du corpuscule de Malpighi; de telle sorte que celui-ci paraît quelquefois placé au centre d'un îlot de cellules rondes. En même temps, les vaisseaux inter-tubulaires renferment un grand nombre de cellules lymphatiques, et un certain nombre de celles -ci occupent les espaces inter-vaso-tubulaires. Sur les préparations des reins pathologiques dont on n'a le plus souvent pas rempli les vaisseaux par une masse à injection, cette quantité énorme de cellules lymphatiques répandues partout donne naturellement l'impression d'une inflammation interstitielle. Mais il n'en est rien. Il est bien facile, d'ailleurs, de se rendre compte qu'on n'a ici affaire qu'à des leucocytes migrateurs. On colore une coupe du rein par l'hématéine (2), et l'on
(1) Renaut et HoRTOLÈs, in thèse d'HoRTOLBS : Étude du processus histoloçique des néphrites, p. 5^i, 1882.
(2) On profite ici de la propriété qu*a rhematéine en solution dans Feau de oe colorer absolument que les noyaux quand on la fait agir rapidement Pour obtenir des préparations tout à fait démonstratives, on charge une coupe sur la lame de Terre au sortir de Teau distillée. On ajoute une goutte de solution aqueuse d*bématéine et, sous un faible grossissement, on surveille la coloration et on Tarrête au moment précis où les noyaux se montrent colorés en violet. On lave à Teau distillée sur la lamelle ; on ajoute une goutte de glycérine formiquée à 4 pour 100 et on recouvre d*une lamelle, que Ton fixe aux coins par quatre gouttes de paraffine. Au bout de peu de temps Tacide formiqueagît; la coloration surveillée à Toeil nu devient
ENGOMBHEMi^?! T LEDCOGYTaIRK DES PETJT^ VAISSEAUX DANS UŒDEME AIGLÎ. 1633
voit que lenorme majorité des cellules lymphaliques est à nojaux nmltiformes ou même multiples. D'ailleurs, si dans ce cas et sur le viYHDt on dégorge le rein par une déplétion sanguine locale (sangsues ou Tentouses scarifiées au Iriangle de J.-L. Petit), toute la sympto^ matologie de Tœ^ème aigu coDgestif s'évanouit le plus souvent. 11 s'agissait donc bien d'un processus mobile et nullement. d*une inflammation interstitielle vraie et fixe*
L'encorabremealdes petits vaisseaux par les leucocytes est, dans le cas d'oedème aigu congestif du rein, un phénomène absolumeîit lié à l'existence même du mouvement de diapédèse. Mais, taridis que dansla substance tubuleuse les cellules migratrices pénètrent partoutjusque dans la lumière des canaux contournés, en passant à travers leur èpilhélium, il est assez remarquable de n'en trouver que tout à fait exceptionnellement d'extra vasées dans la cavité capsu lai re des corpuscules de Malpighi. Les vaisseaux glomérulaires, dont la paroi embryonnaire filtre si aisément Teau du plasma et les sels qu'elle tient eu solution, ne laissent pas aussi librement passer les cellules migratrices que les capillaires inler-tubulaîres, dont Tendothélium est absolument adulte et semblable à celui des capillaires ordinaires. — Ce qu'où observe alors, c'est un encombrement du glomérule par les cellules lympiia tiques qui finissent par y former des embâcles et arrêtent la circulation. En même temps, le tissu conjonctif du glomérule, le coin coujonctif répondant à l'entrée et à l'issue des deux artérioles, et les lamelles connectives péri-capsulaires étant occupés par une infiltration leucocytaire considérable, l'apparence exacte d'une inflammation fixe du glomérule {glomérulite de Klebs) est réalisée par des lésions au contraire tout à fait mobiles, épisodiqueset de caractère essentiellement superficiel.
Les lésions réellement inflammatoires, profondes et fixes, capables de modifier d'une façon définitive la constitution de l'organe, peuvent être, il est vrai, consécutives soit à des mouvements diapédêtiques, soit à des œdèmes séreux trop souvent réitérés ou trop longtemps soutenus. Même ils peuvent succéder aux néphrites mixtes caractérisées, comme la néphrite typhoïde, par ce que j ai appelé l'œdème aigu catarrhaL En même temps que les glomérules filtrent sous pression un liquide albuniineux, et que 1 epithélium des tubes contournés subit la tuméfaction trouble puis la nécrose par coagulation, on voit ça et là un exsudât
vioGuiej mai» la coU[ie ne bc pliage pas, parce qu*elk est maioteime par Li tamelle. On plonge alors )a p ré pîi ratio n, toute montée comme je 1 ai dit, dans une soucoupe pleine ffalcool fort. Bile se recolore en violet et se déshydrate tout à b fois; et Ton a eonihÎEié raetion de rhêtnâtéine &i eelle de THcide rormîr|ue £ur les noyaux, dont les formes muïtiplea se voient d enibîée. On monte ensuite Oe la (a;QD oi'diiiaire dans la résine Dammar ou le baume au iylol> *
distendre et développer certains espaces inter-vaso-tubulaires. Au sein de cet exsudât, il s'organise peu à peu des réseaux de cellules fixes, puis du tissu muqueux et en fin de compte un îlot ou une bande de sclérose. Les espaces inter-vaso-tubulaires sont donc en réalité des espaces connectifs virtuels, annulés dans Tétai normal, mais capables de reproduire- le tissu conjonctif sous Tinfluence de certaines incitations formatives, — Un fait qui montre bien qn'il en est ainsi, c'est ce qui se passe dans le rein leucémique. On commence par voir des files de cellules lymphatiques prendre rang entre les vaisseaux et les tubuli contorli sur le pourtour des îlots lymphadéniques. Plus en dedans, quand on traite les coupes par le pinceau, on reconnaît que les espaces inter-vaso-tubulaires, énormément élargis, sont devenus des bandes de tissu réticulé au sein desquelles passent et repassent les vaisseaux inter-tubulaires et d'autres vaisseaux sanguins néoformés. Tous ces vaisseaux ont d'ailleurs, avec les travées du tissu adénoïde, les mêmes relations que dans le tissu réticulé d'un ganglion lymphatique.