VESSIE URINAIRE
de prime abord, les masque, bien que, chez le Chien, les plus volumineux d'entre eux soient composés de cent à deux cents cellules ganglionnaires.
¥M«ie. — La vessie urinaire est constituée par trois tuniques emboîtées : une tunique externe séreuse, qui n'est autre que le péritoine réfléchi sur une étendue plus ou moins grande de la vessie; — une tunique moyenne, puissant muscle lisse auquel est dévolu la principale fonction de la vessie, à savoir d'expulser périodiquement Turine accumulée dans son intérieur; — enfln une tunique interne muqueuse. Je ne dirai rien du péritoine, ni du muscle vésical, dont la texture est une question d'anatomie macroscopique et dont la structure ne présente aucune particularité autre que celles que j'ai exposées en en parlant à propos des muscles lisses (1).
La muqueuse de la vessie se compose d'un derme et d'un épithélium polystratifié. Le derme vésical est formé par un tissu conjonctif dont les faisceaux entre- croisés sont ordonnés par rapport à la surface, on y rencontre des fibres élastiques, surtout nombreuses au niveau du trigone. Â l'état normal, on ne trouve nulle part dans la vessie dépeints adénoïdes. La couche superficielle du derme, immédiatement 80us-jacente à l'épithélium, est composée de faisceaux plus grêles et plus serrés que la couche profonde. Çà et là, dans les régions supérieure et moyenne, on peut rencontrer quelques élevures papilliformes insignifiantes. Au niveau du trigone, au contraire, existent de véritables papilles adélomorphes analogues à celles du derme cutané et occupées par des bouquets vasculaires. Le derme est relié à la tunique musculaire par une couche de tissu conjonctif lâche permettant à l'ensemble de la muqueuse de se plisser pendant l'état de vacuité de la vessie. Au niveau du trigone, ce tissu conjonctif lâche sous-muqueux fait défaut : les fibres musculaires lisses viennent s'insérer jusque dans le derme.
L'épithélium vésical est stratifié et fort semblable à celui de l'uretère. On peut lui distinguer trois assises cellulaires notablement différentes. L'assise profonde — véritable couche génératrice, car on y rencontre des figures de karyokinèse qui font défaut dans les assises superficielles — est formée d'une seule rangée de cellules hautes. Par leur base, ces cellules reposent sur le derme muqueux ; par leur sommet généralement arrondi et renflé en massue ou en raquette, elles pénètrent dans l'assise moyenne. Les cellules de l'assise moyenne sont irrégulièrement arrondies, très légèrement aplaties lorsque la vessie est rétractée, plus ou moins plates lorsque la vessie est distendue. Les cellules superficielles sont les plus intéressantes. Elles sont lamelliformes, à bords polygonaux très irréguliers et par- Ci) Voy. 1. 1% p. 597 à 601.
fois très étendues. Dogiel (1) qui les a minutieusement étudiées chez plusieurs espèces de mammifères, les décrit comme de véritables cellules géantes épithéliales. Jolies présentent deux parties : Tune» supérieure, limitant la cavité vésicale, est un plateau hyalin et homogène d'où s*élèvent des prolongements en forme de champignon, ayant le même aspect que le plateau, et tombant dans la cavité vésicale après s'être pédiculisés. La partie inférieure de la cellule est au contraire granuleuse; on y rencontre des noyaux plus ou moins nombreux; les cellules de l'assise moyenne y ont laissé leurs empreintes sous forme de crêtes et de fossettes. Enfin, des prolongements protoplasmiques courts, larges ou grêles, unissent les cellules fnoyennes avec les grandes cellules lamelleuses superficielles. Le mode de formation des cellules géantes décrites par Doqibl est encore obscur ; Dooibl émet l'opinion que les nombreux noyaux qu'elles contiennent se multiplient par division directe.
Il semble donc établi que les cellules de l'épithélium vésical sont susceptibles d élaborer, dans leur protoplasma, une suDitance mucoïde particulière qu'elles déversent dans l'urine. Mais la fonction glandulaire de la vessie n'est pas limitée à ces cellules. 11 existe, presque exclusivement au niveau du trigone, des dépressions glanduliformes de la surface épithéliale, ne s'eifaçant nullement par la distension, et qui sont tapissées par un épithélium semblable à celui de la surface, sauf que l'élaboration mucoïde du protoplasma y semble plus active. Ce ne sont donc pas là de véritables glandes, mais des cryptes laidement ouverts.
(1) Dogiel, Zur Frage iiber das Epithel der Harnblase (Arch. /*. twiAr. AnaL, t. XXXV, 1890).