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CHAPITRE III

CAPSULES SURRÉNALES

Les capsules surrénales sont des organes constants chez les vertébrés. Leur structure et leur signification morphologique ont donné lieu à de nombreuses controverses. Elles ont été tour à tour considérées (1) comme des glandes closes (Eckbr), puis comme de simples appendices (2) du sytème nerveux sympathique (Leydig). En réalité, il s*agit, comme l'a démontré Balfour (3), d'organes formés par l'union àe bourgeons issus des ganglion^ sympathiques embryonnaires avec d'autres bourgeons n'ayant ni l'origine, ni la signification nerveuse. Ces derniers bourgeons proviennent, tout comme Tépithélium génital, de celui de 1 eminence germinale du cœlome. — Au point de vue histologique pur, la constitution des capsules surrénales est des plus, simples. En revanche, l'ordonnance de leurs parties varie considérablement chez les animaux d'une même classe, en particulier chez les mammifères. Je prendrai pour point de départ de ma description la surrénale des oiseaux, lin effet, elle est très simple, et les capsules surrénales accessoires répandues en nombre variable chez l'Homme (4) en reproduisent la structure presque trait pour trait. On peut donc les considérer comme répondant à la constitution primordiale et essentielle des organes surrénaux des animaux supérieurs.

CApsaie» sarrénaies da Poaiet. — Chez le Poulet, ainsi que d'ailleurs chez .les autres oiseaux, les capsules surrénales se présentent comme deux masses vivement teintées en jaune d'ocre, situées à droite

(t) t^CRËEif Der fHnere Bau der Net^nnieTreit àeim Menschen und d^n vier

Wiràenthterhlassen^ Brftunacliweîg, 1846.

(2) Leydig» Traité d'histologie comparée^ édit, française, Paiisp iSÛÔ, p. 213- 216,

<3) Balkour, Ueber die Entwick. imd die Morpbologio dor Supraréoalkoi'per (^^hennïeten) (Bioiog. Centraiblali^n" 5, 1881).

(4j Jabollw, Capaulei sm réûalei accessoii-tjs ijana un gaugUon teaji-lunaire et au milieu du [ilexua solaire f£yon médical^ p. 473. IS^OJ.

et à gauche de la veine cave dans le voisinage du rein correspondant. Là, les deux capsules embrassent la veine cave en se creusant d*une gouttière pour s'appliquer à sa surface (1). Chaque capsule est d*autre part en contact (constamment à gauche) avec les glandes génitales. Elle est, de plus, accolée à un ganglion sympathique volumineux, intimement uni au plexus génital et relié aux nerfs grand et petit splanchnique, ainsi qu'aux derniers ganglions sympathiques abdominaux. Ce ganglion recouvre l'enveloppe de la capsule surrénale comme le ferait une calotte. Il fait corps avec elle, la pénètre même de ses groupes ganglionnaires, formés de cellules et de fibres nerveuses sympathiques an\yéliniques et à myéline types. Il engage ses éléments nerveux, sur un court trajet, à l'intérieur de la glande, et de là partent des nerfs qui se distribuent dans le parenchyme.

Sur une coupe transversale faite après fixation convenable — et qui doit être très exacte — par l'acide osmique (2), puis coloration à la purpurine ou au carmin aluné, la capsule surrénale apparaît tout entière composée de cordons cellulaires pleins, séparés les uns des autres par des capillaires sanguins. Ces cordons se divisent et se subdivisent. D'autre part ils se contournent et se rédupliquent dans une série de sens et de plans, comme s'ils étaient enclos dans un sac trop étroit, ici représenté par la capsule fibreuse de la glande. Aucun d'eux ne présente dans son axe une lumière glandulaire; mais certains, coupés en travers, ressemblent à des canaux glandulaires parce que leur centre est occupé par la section d'un capillaire sanguin, tout autour duquel les cellules surrénales semblent disposées en ordon nance épithéliale. Ce dispositif rappelle celui du foie tubulé, ou mieux encore celui du foie embryonnaire avec ses travées pleines séparées les unes des autres, et en même temps abordées et pénétrées plus ou moins complètement par les vaisseaux sanguins en voie de croissance. — Bref, les cylindres surrénaux, pleins et constitués par des cellules rangées en ordonnance épithéliale, se poursuivent entre les vaisseaux

(1) AuG. Pettit, Recherches sur les capsules surrénales (thèse de la Fac. des sciences de Paris, p. 48-49, 1896).

(2) Préparation.— Sur l'animal qui vient d'être sacrifié, on enlève les surrénales. A Taide d'un rasoir bien tranchant, on les divise en petits fragments de moins de 1 centimètre de côté, qu'on suspend d'abord dans les vapeurs osmiques (dans la chambre humide) pendant vingt-cinq à trente minutes. On ûze ainsi sur les plans de coupe le tissu surrénal dans une certaine épaisseur, sans aucun intermédiaire liquide. On plonge ensuite les fragments, déjà fixés à leur surface, dans la solution osmique à 1 pour lOC) ou dans le mélange osmio-pici'ique. Au bout de douze heures, on lave à l'eau distillée et l'on achève le durcissement par l'alcool absolu; ou bien, ce qui vaut mieux, on fait d*emblée des coupes à main levée. Les premières, parallèles aux surfaces de section fixées par les vapeurs, donnent seules des préparations irréprochables. Plus profondément, les cellules ont vacuole et fournissent des figurations trompeuses.

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