CIMENT DB LA NÂVROOLIE
ils ressemblent aux minuscules espaces interfilaires d'une gaze qu'on aurait trempée dans la gélatine, puis tendue et laissé sécher à demi. Les espaces poreux sont occupés par un ciment transparent, tenace, que le picrocarminale teint à peine en jaune orangé très pâle. Le ciment relie les fibres névrogliques entre elles, comme on peut bien le voir en fendant, avec une aiguilla tranchante, une n ■'y-^'-^ grande gaine névroglique, par exemple, d'une fibre de J. Millier.
Cette substance est molle sur une coupe faite à Tétat frais, puis traitée au pinceau ; mais elle n*est pas liquide à la façon d'un plasma.
Il s'agit d'un ciment interstitiel (fig, 661) semi'liquide, il est vrai, mais résistant, ne réduisant-pas le nitrate d'argent et, en cela, comparable à celui du corps de Malpighi ou, mieux encore, à celui qui occupe l'intervalle des cellules devenues étoilées de la masse muqueuse ectodermique de Huxley (fig. 662) dans l'organe de l'émail des dents (1).
Fio. 662. — Tissu rauqueux d'origine ectodermique du germe de l*émail d'une dent incluse (fœtus bumain du 4« mois). Fixation par l'alcool fort. Gomme, alcool, picrocarminale. Conservation dans la glycérine picrocarminée. — (Ocul. l, obj. 9 de Leilz.)
p, corps protoplasmique dei cellules du germe adamantin, devenues stellaires : leurs festons sont tous curvilignes et rentrants, par suite de l'élargissement des espaces intercellulaires, occupés par le ciment mou d'apparence muqueuse;
— n, noyau; — pv, prolongementsprotoplasmiques unissants;
— eee^ empreinte des Ahres unitives sur la substance molle du ciment; — «m, espace occupé par une cellule migratrice.
(1) Le développement des réseaux de la névroglie et le déploiement des fibres névrogliques à Télat tendu pour constituer les espaces poreux semblent être en relation directe avec l'apparition des fibres nerveuses. En effet, dans la moelle caudale de TAmmocète, les coupes faites au niveau de la lame natatoire terminale ne renferment ni une seule cellule, ni un seul tube nerveux. Sur ce point, la moelle est réduite au canal central, à droite et à gauche duquel la lame transversale de substance grise, réduite au fulcrum tangentiel, est marquée seulement par une traînée de cellules fixes de la ncvroglie. De celte lame, comme centre, partent dans toutes les directions les fibres névrogliques qui s'entremêlent pour former au canal central et à ses expansions grises une sorte d'enveloppe feutrée. Dans cette enveloppe, on ne trouve aucun espace déployé ; les intervalles des fibres sectionnées parallèlement à leur longueur sont exactement remplis par des fibres coupées obliquement ou en travers qui se montrent comme de petits champs et simulent des grains. Toutes ces fibres sont au contact
742 PETIT RÉSEAU DE LA NJr^VEOQLlE.
PetU réfieaa et réflean spos^ieiix d« la néiroyllc. — Dans la Substance grise répondant aux amas de cellules ganglionnaires et au fulcnim tangentiel, les cellules névrogliques sont disposées en masse serrée et les fibres névrogliques dessinent une intrication étroite^ inextricable. C'est le petit réseau de la nénroglie. C'est aussi sur ce point qu'on peut voir, comme je Tai dît, les fibres névrogliques passer de cellule en cellule, dans toutes les directions, en prenant appui et en faisant corps avec chacune d'elles au passage : semblables en cela aux filaments unitifs principaux des cellules du corps muqueux de Malpighï. Les cellules névrogliques elles-mêmes sont plus développées et l'on peut voir leurs rapports avec les fibres qui, s'arrètant toujours à une certaine distance de leurs nojaux, semblent envelopper ces derniers d'espèces de cages formées de filaments névrogliques.
Le réseau spongieux (ou névroglie spongieuse) appartient, tout aussi bien dans les centres amyélinîques des cjclostomes que dans ceux myéliniques des autres vertébrés j exclus ivenaent à la partie encéphalique du névraxe. En dehors des formations appartenant au fulcrum langentiel (telle que celle qui, par exemple» règne sur le plancher du sinus rhomboïdal au-dessous de répithélium épendymaire), la névroglie est en partie occupée par une substance parliculièregranuleuse, qui adhère à la surface des cellules fixes et, sur leur parcours, aux fibres névrogliques — qui sont ici très fines, et, il importe de le faire remarquer, qui sont restées souples — absolument comme les grains du givre aux ramifications d'un arbre. C'est la ce que j'appellerai le givre de Boll (1), parce que c'est Franz Boll qui a découvert cette substance et fait cette comparaison. Les blocs du givre de Boll sont irréguliers, de configuration arrondie mais variable, semblables a des grumeaux agglomérés le long des fibres et au pourtour des cellules névrogliques, les enveloppant d^une gang ne granuleuse dont il est impossible de les dégager complètement. L'acide osniique les teint en gris noir, mais non en noir pur. A coté d'eux, tout le long des fibres, on trouve chez les cyclostomes des grains graisseux vrais, qui se teignent en jaune d'or par les bicliromates et en noir par Tacide osmique, tout comme ceux du protoplasma des cellules épeniiymai res, des. fibres radiales et des cellules névrogliques. Ces grains tiennent aux fibres solidement, comme ceux du givre de Boll. Je les considère comme les homologues, ici, des grains plus ou moins nombreux, disposés le long des fibres unitives principales du corps de Malpighi du modèle épidermique du sabot des ongulés. Je ne les
eiJg:bbëeB dans un ciment solide ; car si Toq dissocie la moelle arce àeA aîguinefl, elle se casse en fragments sans jamais se dissociei en fibres.
(1) F* Boll, Die Histologie und Histogenesie d, tiervaacii Gentralorgiine (Arch. /*. Psychiatrie u. Nervetthranklieiten^ t. IV, [i. 104 j i874).