TECHNIQUE
ne présente aucune autre modification importante par rapport à la quatrième. Immédiatement après elle, revient la première et ainsi de suite.
D*après ces cinq figures qui représentent chacune une coupe transversale du tube séminifère en cinq points inégalement distants de Tonde spermatogénétique, il est facile de reconstituer le processus en partant de la spermatogonie pour aboutir au spermatozoïde. On retrouve ainsi le schéma générai de la spermatogénèse donné plus haut. La spermatogonie typique, la spermatogonie de transition, le spermatocyte (petit, moyen, gros), la cellule d'Ebner, la spermatide, et enfin le spermatozoïde, sont autant d'étapes morphologiquement différentes par lesquelles passe la cellule séminale.
Pénétrons maintenant plus profondément dans la structure intime de ces formes cellulaires. La cellule séminale, dans ses formes diverses, est constituée par plusieurs organes intra-cellulaires : noyau avec sa charpente de linine, sa chromatine, ses nucléoles, son suc nucléaire, sa membrane, etc., cytoplasma avec ses centrosomes, son corps juxtanucléaire ou sphère, etc. Suivons analytiquement l'évolution de ces parties constituantes de la cellule au cours de la spermatogénèse (1).
(1) Technique. — L*épithélium aémiDalest extrêmement altérable ; il est important d« n'utiliser que des pièces absolument fraîches et très bien fixées.
Fixation. — Les fixateurs anciennement usités, tels que Talcool, le liquide de Muller, etc., donnent de très mauvais résultats. Il faut employer les mélanges fixateurs de Flbhmino (fort) ou d'HBRMANN, ou encore le sublimé récemment préconisé par Lbnhossék pour le testicule des mammifères. Lorsqu'on incise Talbuginée d*un testicule frais, le parenchyme fait hernie et il en résulte un certain degré de dislocation de Tépithélium séminal dans les tubes séminifères hernies. Cette dislocation, sans grand inconvénient quand on veut étudier la structure des cellules isolées, doit être complètement évitée lorsqu'on se propose de préciser les rapports des cellules et la topographie de l'épithélium. Il convient alors, le testicule étant intact, de pratiquer une injection interstitielle de liquide de Flsmming ou d'HERMANN, d'attendre quelques instants, puis de couper Torgane en quatre portions que l'on fait aussitôt tomber dans le fixateur. Après quelques minutes de séjour, on peut découper chaque portion en fragments plus petits qu'on laisse se fixer pendant un ou deux jours. Après un lavage de quelques heures à l'eau courante, les fragments sont déshydratés progressivement par l'alcool, puis inclus dans la paraffine avec les précautions d'usage.
V. LsNH0sséR(1898) emploie soit le sublimé simplement à saturation dans la solution de chlorure de sodium à 0,5 pour 100, soit un mélange du liquide précédent avec de Talcool absolu et de l'acide acétique, suivant la formule :
Solution saturée de sublimé dans l'eau salée à 0,5 pour 100». 75 volumes
Alcool absolu 25 —
Acide acétique 5 —
Dans les deux cas., il recommande de laisser tomber les fragments de la pièce fraîche dans le fixateur porté à la température de 35 degrés, et de laisser le tout à la même température, dans une étuve pendant vingt-quatre heures. Les fragments sont
1698 SPERMAT060NIBS.
SpeniMitos«Bies. — Les spermatogODies da Rat sont très petites. Elles sont généralement situées tout à fait au contact de la paroi propre du tube séminifère, et disposées sur une seule rangée. Ce n^est que lorsqu'elles commencent à se transformer en spermatocytes qu'elles s'écartent de la membrane propre, dont elles paraissent alors séparées par les expansions pédieuses aplaties des cellules de Serloli. Leurs limites sont ordinairement peu distinctes, si peu mêm^ qu'elles semblent souvent fusionnées entre elles en une couche protoplasmique
continue et multinucléée. De
distance en distance, sont intercalées parmi elles des c-ITi ^yai^C^îf \ cellules de Sertoli dont il est
généralement facile de les distinguer. Leur noyau (fig.
975) est le plus souvent à Fig. 975. — Spermatogonie du Rat, d'après l'état de repos ; mais on Lenhossék. rencontre de ci de là, sur
c.j.n. corps juxtanucléaipe, avec un cenlrosome une préparation, QUelaUeS dédoublé. «,•* j ^ ^ .
mitoses de spermatogonies (Lenhossék). Au repos, le noyau est petit, elliptique ou arrondi; il se colore toujours fortement ; sa chromophilie et sa petitesse rendent son étude analytique difficile. La chromatine y est disposée en amas compacts à l'intérieur du noyau, et en croûtes appliquées à la surface de la membrane
ensuite lavés dans de l'alcool à 50 degrés iodé, qui facilite l'extraction du sublimé, puis déshydratés progi^ssivement, etc.
Le mélange préconisé par Bouin (1897) :
Acide picrique (solution aqueuse saturée) 30 volumes
Formol à 40 0/0 10 —
Acide acétique 2 —
nous a donné de bons résultais.
Dissociations. — Le meilleur procédé consiste à faire macérer pendant un temps qui varie de quelques jours à quelques semaines, dans une solution aqueuse d'acide osniique à 1 pour 1000, de petits fragments préalablement fixés par Tacide osmique à 1 pour 100 ou le mélange de Flemming (méthode employée par Prenant, 1887). On achève la dissociation en agitant les fragments dans un tube porté sur Tune des branches d*un diapason mû par un électro-aimant (méthode de Bovier-Lapierre).
Colorations, — Après fixation par les mélanges osniiques, on obtient de très bonnes colorations par les méthodes de Benda (safranine, lichtgrûn)^ de Flemming (safranine, violet de gentiane, orange), etc. Après fixation par le sublimé, la méthode de Heidenhain (hématoxyline à Talun ferrique) et la coloration à rhéma> téine, suivies d'une seconde coloration à Téosine ou à Téry throsine, donnent d'excellents résultats.
Les principales particulai ités de coloration des éléments de Tépithélium séminal sont indiquées dans le texte. Pour la description détaillée des méthodes, nous i*^ivoyons aux ouvrages de technique histologique.
SPBRMAT060NIBS DE TRANSITION. (099
nucléaire. De minces trabécules relient ces amas et ces croûtes. Deux ou trois nucléoles sont reconnaissables à leur forme sphérique et à leurs électivités colorantes. Le protoplasma des sperma togonies est homogène. Dans quelques-unes de ces cellules au repos, chez le Rat, dans presque toutes chez le Chat (v. Lbnhossék, 1898), on trouve un corps sphérique ou elliptique, bien limité, adjacent au noyau et beaucoup plus petit que lui, jouissant d'affinités spéciales pour certaines matières colorantes, contenant en son milieu un centrosome unique ou dédoublé. Ce corps, que nous étudierons tout à l'heure en détail, est le corps jtixtanucléairey communément et improprement appelé « Nebenkem » ou sphère.
Les spermatogonies se reproduisent par des mitoses homœotypiques qui donnent des cellules-fllles semblables aux cellules-mères et juxtaposées contre la membrane propre du tube. L'extrême petitesse des détails de ces mitoses rend leur étude très difficile chez le Rat et les mammifères en général (1).
Après s'être multipliées un nombre de fois indéterminé, les spermatogonies vont grossir et se transformer en spermatocytes. En même temps que commence la phase d'accroissement de volume, les cellules quittent l'état de repos et montrent les signes caractéristiques de la mitose prochaine. En d'autres termes, la phase d'accroissement et la phase de multiplication hétérotypique commencent au même moment.
La première étape de la transformation des spermatogonies est représentée, d'après v. Lenhossék (1898), par certaines cellules, déjà vues par Brown (1885), dont la chroma tine est segmentée en petits grains égaux. Ces grains se disposeraient à la suite les uns des autres pour former le filament d'un spirème serré.
ta spermatofjonie de (ransitioii est le stade intermédiaire le plus net entre la spermatogonie et le spermatocyte. Sa chromatine est disposée en un filament continu étroitement pelotonné. La membrane nucléaire est devenue mince. Le corps juxtanucléaire, contenant deux centrosomes, existe constamment. La cellule, dans son ensemble, est un peu plus volumineuse que la spermatogonie et se trouve déjà à une petite distance de la membrane du tube.
spermatoeyUMi. — A partir de ce stade, la cellule séminale, désormais désignée sous le nom de spermatocyte (petit, moyen ou gros) augmente progressivement de volume et s'avance légèrement vers la lumière des tubes. Ses parties constituantes subissent d'importantes modifications (fig 976).
(1) D'après Moore (1894), la multiplication des spermatogonies chez les mammifères aurait lieu principalement par division directe ou amitose : cela expliquerait la rareté des figures de karyokinèse à leur niveau. Le fait est à vérifier.
MODIFICATIONS NUCLEAIRES DES SPBRMATOGTTBS.
CJJl
Les modifications nucléaires subies par les spermatocytes sont du même genre que celles qui accompagnent le début de toute mitose. Le filament chromatique, probablement unique, d*abord très long et très grêle, disposé comme un peloton (spirème) serré, se raccourcit de plus
en plus et en même temps s*épaissit. Les anses du peloton deviennent bientôt très distinctes (spirème lâche) et sont plongées au sein d*un suc nucléaire plus abondant. La chromatine se montre sous forme de grains fortement colorables, les microsomes, qui prennent place à la suite les uns des autres comme les grains d'un chapelet sur le filament de linine, plus pâle. La linine constitue, comme on le sait, la charpente de tout noyau.
Un ou deux nucléoles se distinguent aisément parmi les anses du filament (1).
Dans les gros spermatocytes, le filament chromatique ne tarde pas à se scinder en un certain nombre de chromosomes.
Chaque chromosome se fend alors longitudinalement en deux demi- chromosomes , comme dans toutes les karyokinèses.
Mais ce qui caractérise les karyokinèses spermatocytaires, ce qui en fait une variété hétéroty pique, c'est que ces deux demi-chromosomes ne se
(1) Il existe dans les spermatocytes de moyen volume, chez le Rat, un corps intr a -nucléaire particulier, entrevu par v. Ebner (1888) et. par Moore (1896J bien étudié par v. Lenhossék (1898). C'est un corps lenticulaire, appliqué contre la surface interne de la membrane nucléaire, mesurant de 2 (i à 2 ti 5 de diamètre, placé au milieu d*an espace lais&é vide par le filament chromatique ; son orientation est d'ailleurs variable. Les affinités colorantes de ce corps le séparent des nucléoles. Il paraît absent chez le Chat. Son origine et sa signification sont tout aussi obscures que celles des nucléoles.
FiG.