RAPPORTS DES CELLULES INTERSTITIELLES AVEC LES VAISSEAUX
jours VU, chez le Rat, le Chien, le Cobaye, les cellules interstitielles séparées de Tépithélium séminal non seulement par la membrane propre des tubes, mais encore par des faisceaux conjonctife distincts.
Les cellules interstitielles ont avec les vaisseaux sanguins des rapports étroits, entrevus par Leydig, Henle, bien établis par Boll. Elles sont, en effet, souvent situées sur le trajet des artérioles, et sont ordinairement entourées ou même traversées par des capillaires sanguins. Quelquefois, comme Ta vu Boll, elles sont rangées circulairement autour d'un capillaire sanguin <( comme des cellules glandulaires autour d'un canal excréteur ». Plato a montré que leur développement chez l'embryon, aux dépens de cellules conjonctives préexistantes, se fait autour des vaisseaux sanguins. Les connexions vasculaires des cellules interstitielles suggèrent, d'une part, leur comparaison avec les vésicules adipeuses : cellules conjonctives transformées et en relation étroite aves les réseaux capillaires. Elles font aussi penser aux cellules glandulaires des glandes à sécrétion purement interne telles que la capsule surrénale.
Plusieurs auteurs, Ludwig et Tomsa, Mihalkowicz, ont admis que les radicules lymphatiques naissent entre les cellules interstitielles. Reinke pense également que les cristalloïdes qu'elles contiennent chez l'homme peuvent s'éliminer en tombant dans les espaces lymphatiques voisins. Il résulte de nos recherches personnelles que les capillaires lymphatiques n'ont aucun rapport habituel avec les cellules interstitielles. Il n'en est pas moins vrai qu'elles sont plongées dans les mailles du tissu conjonctif et qu'elles baignent dans la lymphe particulière qui les remplit (lymphe des espaces).
Quelques auteurs (Harvey, Letzerich) avaient avancé que les cellules interstitielles sont des cellules nerveuses, ou tout au moins qu'elles sont en relation étroite avec les nerfs. Cette opinion n'a plus, depuis longtemps, qu'un intérêt historique.
Les cellules interstitielles existent d'une manière constante chez les mammifères, où elles ont été surtout étudiées. Les oiseaux et les reptiles en sont aussi pourvus. On les a rencontrées chez les batraciens anoures ; elles paraissent faire défaut chez les urodèles et les poissons. Chez quelques invertébrés (par exemple la Paludine vivipare,
fcres envahis et détruits par des cellules interstitielles, à Tétat n'oronal. Ce fait, étrange au premier abord, mérite d'être vérifié.
Le travail de Gh. Mathieu, qui nous est parvenu après la rédaction de ce chapitre, a trait principalement aux cristalloïdes des cellules interstitielles et des tubes séminifères. — Ch. Mathieu a trouvé, chez le Cheval et le Chat principalement, des filaments cristalloidiens, comparables aux cristalloïdes de Reinke, produits de sécrétion des cellules interstitielles. Il cherche à établir que les cristalloïdes et les filanienU cristalloidiens sont d'autant plus abondants que, l'activité des cellules interstitielles restant intacte, la spermatogénèse devient moins active.
a après rniisDMAi^iM, ioî?oj, eues seraieni egaiemeni represeniees. L.es notions d*anatomie comparée qu'on possède à leur sujet ont besoin d'être reprises et complétées. Chez les mammifères, elles présentent des variations extrêmement remarquables suivant les espèces. C'est ainsi qu'elles sont très abondantes chez le Chat, le Chien, le Porc, le Cheval, la Taupe, etc., un peu moins chez l'Homme, moins encore chez le Cobaye, le Lapin, le Rat. Il y a également des variations dans leur teneur en graisse, çn pigment, en substances albuminoïdes cristalloïdales (celles-ci paraissent spéciales à l'Homme), etc. Jusqu'à présent on ne peut expliquer ces variations que par des hypothèses.
Hansemann a découvert récemment un fait extrêmement important : chez la Marmotte en état de sommeil hivernal, les cellules interstitielles font complètement défaut; le tissu conjonctif inter-tubulaire du testicule ne contient que des cellules fusiformes. Au moment du réveil printanier, les cellules interstitielles caractéristiques apparaissent et on peut suivre leur développement aux dépens des cellules ordinaires du tissu caiijoDciif. Il paraît exister des variations périodiques dans le nombre et dans les caractères de ces cellules, modifications en rapport avec la plus ou moins grande activité de la spermatogénèse chez un même animal; il s'agit là de faits encore à l'étude.
Uapparenoe épitbéliale des amas et des cordons de cellules interstitielles a conduit plusieurs auteurs à leur assigner une origine épitbéliale. NussBAOM (I8S0) émit Topinion qu'il s'agit là Je cordons de Pfîitger qui, au lieu d'achever leur développement et de devenir des tubes sémiûifères, se sont arrêtés au cours de leur évolution- MiLHALKOwrcz (1884) adopte une opinion analogue. V. Lenhossék (1897), sans se prononcer définitivement, incline vers l'origine épithéliale des cellules interstitielles. Le plus grand nombre des auteurs pensent au contraire que ces cellules, au premier abord si différentes des cellules du tissu conjonctif, rlériveut cependant de ces dernières, HoKMEiSTER (1872), Hansemann (18n5), Plato (1897), Frîedmaxn (1898) ont trouvé cote à côte sur leurs préparations, en se plaçant dans des conditions très diverses, des formes intermédiaires entre les cellules ordinaires **t les cellules iuterstitielleiâ. La variabilité même de ces éléments est aussi une preuve à Tappui de cette opinion ; et l'on sait, par Taxeniple des vésicules adipeuses, quelles transformations consiJérabh^s sont capables de subir les cellules fixes du tissu cunjoûctiL TocHNKUx (1879) et plus récemment Plato (18U7) assirailetit les celluli^s interstitielles du testicule à des éléments analogues que Ton trouve dans l'ovaire.
La signification phy.siologique des cellules interstitielles est encore obscure. Il est très probable que les granulations graisseuses, et les corps cristalloïdes que Ton y rencontre sont des matériaux nutritifs de réserve destinés à répithélium $éminaL Les cellules interstitielles.
1734 SUBSTANGB EOSINOPHILB DES CELLULES INTERSTITIELLES.
placées au voisinage des vaisseaux, puisent sans doute et emmagasinent ces matériaux peu à peu pour les céder d'une façon plus ou moins massive et rapide, en cas de besoin, aux tubes séminifères. Peutêtre sont-elles aussi un agent de cette sécrétion interne du testicule si nettement mise en évidence par Brown-Séquard (1).