FORMATION VASCULAIRE DU NÉVRAXE
annexes, elles sont perlées et actives, impressionnables parce qu'elles sont nues. Il est probable aussi que les fils nerveux ténus, groupés en fascicules dans un même cylindre-axe composé, y sont isolés les uns des autres par le protoplasma hyalio, péri-axile qui les unit et les sépare. La gaine granuleuse de givre de Boll qui suit les fines expansions nerveuses dans les centres existe de son côté sans nul doute et s'est développée en vue d'une fonction. Mais à part cela nous ne savons rien et il vaut mieux ne rien dire; quand bien même nous saurions déjà quelle est la nature de l'onde nerveuse, ce que nous ignorons encore absolument.
§ 5. — LA FORMATION VASCULAIRE DU NEVRAXE ET LA SIGNIFICATION MORPHOLOGIQUE DES MÉNINGES
A l'origine, le neuro-épithélium du névraxe n'est ni abordé, ni pénétré par aucun vaisseau sanguin. Il est limité à sa périphérie par la membrana prima de Hensen, qui C*ï répond à sa membrane basale ou vitrée (fig. 668).
Quand on regarde de front cette vitrée au microscope, sur un encéphale même adulte d'un cyclostome (tel que la grande Lamproie) fixé en place par les solutions ou les vapeurs d'acide osmique, on voit à sa surface une multitude de petits champs polygonaux dont les aires sont inégales.
Ce sont les pieds des cellules radiales de soutien. Ils forment sur la face interne de la membrane propre un revêtement continu, dont les éléments sont soudés entre eux par un ciment comme ceux des épithéliums. C'est en un tel objet qu'il faut étudier la pénétration des vaisseaux sanguins dans le névraxe, si l'on veut bien saisir le mode et la signification de celle-ci.
Fio. 668. — Lame neurale du Lapin au moment de 1 occlusion de la gouttière neurale. (Empruntée à Déjb- RiNB, d'après W. His )
GBp, cellules épendymaires; — GO, cellulen germinatives; — M/t, ligne de caticuUsation encore mal accusée et mouvante de l'épithélium épendymaire, sur le pôle libre des cellules confinant au canal central; — Mp, membrana prima ou vitrée du névraxe.
760 PïH-MÉRE PEIMORDÎALE.
Ple«inèr« primordiale et première orlj|lii« de a méiitngeii* — C^ttê
pénétration est toujours secondaire chejî les vertébrés, du dernier d'entre eux au plu3 élevé. Elle ne s'opère jamais daos la moelle de la grande Lamproie, longue parfois d'un mètre. Chez ce cycloatome, le névraxe n'est abordé par les vaisseaux qu'au niveau du bulbe. Là même il semble que le mouvement de poussée vasculaire ait été arrêté net alors qu'il était en train de s'effectuer hâtivement ; ou bien encore qu'il se poursuive sur ce point chez l'adulte avec une grande lenteur, Si bien, qu'on trouve des vaisseaux sanguins entièrement entrés dans le névraxe où ils ont dessiné leurs réseaux définitifs, tandis qu a côté d'eux, il y en a d'autres qui commencent à peine à s'engager dans la masse neuro-épilhéliale. D'autres enfin sont restés extérieurs et poussent des bourgeons d'extension ou des points d'accroiasement droit contre la membraue propre en la refoulant seulement un peu. C&s vaisseaux se dégagent d'un réseau vasculaire enveloppant le névraxe entier de ses mailles polygonales îrrègulières, étalées concentriquement à la vitrée au sein d'une lame mince de tissu conjonctif. C'est la pie -mère primordiale^ qui demeure telle tout le long de la moelle des cyclostoraes, au pourtour du névraxe que ne pénètre aucun vaisseau du « filum terminal n au bulbe.
Au début, le système nerveux central de tous les vertébrés repose sur la corde par sa face ventrale, sa vitrée touchant tout du long k gaine propre de celle, ci* Latéralement, il est eu rapport avec le très jeune tissu conjonctif lâche. Secondairement, à distance, soit directement des côtés de la corde chez les ey clos tomes, soit du corps vertébral priïnitif ou centrum développé autour de la corde chez les autres vertébrés, partent les lames vertébrales ou branches de l'arc neural, qui montent à droite et à gauche en dessinant un arc ouvert en arrière. Plus tard, les deux branches se rejoignent et se fusionnent sur la ligne médiane, isolant ainsi le névraxe du tégument cutané. Ce sont là des formations fibreuses d'emblée, de signification squelettale immédiate. Entre les branches de l'arc neural et le névraxe, règne au contraire le tissu conjonctif lâche, affectant au début, dans l'immense majorité des cas, la forme d'un tis^u muqueux. Cette niasse s'accroît et, bientôt, on la voit parcourue par des vaisseaux qui deviennent de plus en plus nombreux (fig. G69). Issus de diverses sources, ils s'organisent en un plan vasculaire enveloppant le névraxe de son réseau de mailles. C'est ce plan, au niveau duquel les éléments du tissu conjonctif prennent bientôt une organisation un peu particulière pour former une membrane, qui répond à Va ^ne-jnère primordiale. Ce qui reste du tissu conjonctif diffus entre celle-ci et les branches de l'arc neural, évoluera de son côté, soit pour former, comme eheîs les poissons, le tissu fihro -hyalin de soutènement du névraxe, soit pour constituer, comme chezles mammifères par exemple, \b, séreuse arachnouiienne.